VILIC. AQUJE CLAUDIA PECIT SIBI ET FABIJE VERECUNDiE C0NJU
SUM eu M QDA VIXIT ANNIS XXIV SANCTISSI MiE ET LIBERTIS LIBERTA BUSQUE EJUS ET V ICA RIS SUIS POSTERIS QUE EO RU M OMNIUM IN PARTE DIMIDIA SUA
SPORUS CiES. N. S.
VILlC. AQUiE CLAUDINE FEGIT SIBI ET CLAUDIiE HERMIONE C0NJU61 SUiE SANCTISSIMiE ET LIBERTIS LIBERTA BUSQ. EJUS ET VICARIS SUIS POSTERISQUE EORUM OMNTUM IN PARTE DIMIDIA SUA.
(Spon, MiscelL antiq. p. a35.)
Les regrets des époux ne s*exprimaient point seulement par ces épithètes louangeuses : ils cherchaient des preuves. Une femme déclare que, si son mari lui avait causé le moindre petit chagrin dans son ménage, elle ne lui aurait pas donné tant de larmes :
G. iELIO QUI I SI TANTILL. QUERELARUM | IN CONUBIO | LI- QUISSET I LAGHRIMAR. | TOT IN MORTE | NON FUDISSET | GRISPA CON.
(Murât, p. 2068, n-6.) Parmi ces inscriptions conjugales, on trouve quelquefois une femme consacrant un monument à deux maris. (Murât, p. i3oAi n* 1.) Ailleurs, c*est une affranchie témoignant de ses regrets pour ses trois époux : suit une tète de femme qui domine triomphalement celles des trois époux alignés. (Ibid, p. 1697, n* I.) On peut dire qu'elle les avait eus Tun après Tantre; mais, sur d'autres pierres, ce sont les deux hommes qui s'adressent à leur femme unique, qui a hien mérité d'eux:
PELIGITATI I SUBUNUS ET PRIMUS | CONSERVA ET CONTUBERNALI
B. M. (ibid. p. 1683 , n" 5.) ; ou cette autre , où ils donnent son âge, avec le nom de conjux : ANTHUSiS |^ vixiT annos xviii |
MENSES m I DIES V | THALASSDS ET lONlGUS | GONJUGI BBNB
MERENTi I posuERUNT. (Ibid, p. 1^97, n" 7; cf. i3o5, n" l3, et i363, n** i3.) AiUeurs, au contraire, ce sont deux femmes pour un mari. (Ibid. p. i373, n" i4.) Muratori suspecte ce marbre : il aurait voulu le lire de ses propres yeux. Le droit romain, dit-il, n'autorisait pas le mariage d'un homme avec deux femmes. Mais, pour les autres cas, point de doute. Il entend même ainsi une inscription où, des deux hommes, l'un estévidemment le mari et l'autre le père: zosimus ettrophimus GONJUGI RENE MERENTI ET vih(iœ) (ibid. p. i39!i , n° i3.); il prétend voir la simultanéité dans le premier exemple c^é, où Ton peut admettre la succession , et il demande qu'on lui cite la loi romaine qui défend à une femme d'avoir deux maris. La
loi romaine, en effet, n avait peut-être parlé que des hommes : Si quis! Mais remarquons quil ne s*£^t point ici do loi : il s*agit d^esclaves. Ces mariages d'esclaves n'étaient au fond qu'une transaction plus ou moins complète avec la promiscuité , promiscuité suflisamment marquée par ces exemples , et plus énergiquement encore par Pétrone, dans son langage de mauvais lieu. (Satyr. 67, p. 284.)
NOTE 18, PAGE 2'jà.
Les cuisiniers répudiaient cet esclavage dont ils retenaient tous les vices, et rapportaient leur origine à Cadmus, qui enleva du psdais de Sidon la belle Harmonie. Ils eussent volontiers revendiqué pour Tart de la cuisine les prodiges de Fart d'Orphée, Tbonneur d'avoir répandu les premiers germes de la civilisation dans la Grèce. C'est Tart de la cuisine qui avait fait passer les hommes de l'anthropophagie à une nourriture plus honnête. Ce grand art gardait la présidence des festins et des sacrifices, et comptait dans sa clientèle lé plus grand roi des Grecs, Agamemnon; la plus grande magistrature de Rome, la censure. Le censeur, frappant les victimes avec la hache, n'aidait'il pas à l'œuvre des cuisiniers ? Voyez Athén. XIV, p. 658-66o, et d'autres citations analogues de Posidippe, de Sosipatre et d'Alexis, ibid. IX, p. 376 et suiv.
NOTE ig, PAGE 281.
La «cène de l'Asinaire, où Liban et Léonidas s'abordent avec les compliments que l'on a vus dans le texte , met en action les divers traits de caractère que nous avons esquissés. Les saints échangés , Liban continue : « Si tu veux secourir notre jeune maître dans ses ennuis , une bonne fortune inespérée nous arrive;, mais non sans péril. Les bourreaux nous devront de n'être plus un seul de leurs jours à chômer. Liban, c'est aujourd'hui qu'il faut de l'audace et de l'adresse ! Je viens d'ima-
giner un complot qui doit nous acquérir la renommée de deux héros patibulaires. — Aussi je m*étonnais tout à Theure de la démangeaison de mes épaules ! c'était le présage des supplices qui s'apprêtent : parie sans crainte. — Grand butin , mais aussi grands coups d'étrivières. — N'importe. Que tous les bourreaux conjurent ensemble pour me torturer, je n aurai pas besoin, j'espère, d'emprunter un dos; j'en ai un à mon service. — Si cette vaillance ne se dément pas, nous somjnes sauvés. — Oui , s'il ne s*agit que de payer avec mes épaules , qu'on me donne même le trésor public à piller. Ensuite je saurai nier, mentir effrontément et jurer, s'il le faut. — Voilà du courage, etc. • (Plaute, Asin. Il, ii , ag3, trad. de M. Naudet.)
NOT£ ao, PAGE 2 8g.
Cet exemple est rapporté par Sénèque (De henef. III, a3) et par Macrobe {Saturn. I, 1 1, p. 267 et suiv.) , qui reproduit généralement les données de Sénèque, d'Appien et de Vsdère Maxime. L*esclave du jeune ^arius lui donna les mêmes preuves d'attachement après l'avoir tué, sur son ordre. (Diod. Fragm, XXXVIII, i5.) Un esclave-médecin de Domitius fît mieux : il sauva son maître en lui donnant, au lieu de poison, un breuvage inoffensif. Domitius fut épargné par César ; mais son esclave, dit Sénèque, l'avait sauvé le premier. [De henef, III , 34«)
NOTE a 1 , PAGE 3o6.
Les progrès des esclaves, depuis la réunion de Cléon à Eunus, sont racontés dans la suite des mêmes fragments dé Diodore, XXXrV, ii, 16-19; cf. 43. C'est à tort que Miot, dans la traduction du dernier passage (t. VIT, p. a 38), dit que Cléon est né en Sicile près de Tauroménium: c'est en Cilicie, près du mont Taurus, qu'il faut lire. L'Epitome du LVP livre de Tite-Live ajoute quelques détails aux fragments de Diodore : il donne à Cléon 70,000 hommes , et nomme , après les préteurs ,
ie consul C. Fulvius parmi les chefs que les esclaves eurent à combattre.
NOTE 22, PAGE 3ll.
Les causes de la deuxième guerre servile , comme nous les avons exposées , sont tirées des fragments de Diodore, XXXVl , m, i-A- Dion Cassius [fr, ci, p. 4a) donne une antre origine au soulèvement. Selon lui, le préteur Lie. Nerva, instruit des mauvais traitements des esclaves, aurait, moins par humanité que par une pensée de spéculation , publié un édit qui promettait de faire justice aux plaintes dont il serait saisi. Mais, effrayé de Tattitude des maîtres , il aurait rejeté les plaintes comme mal fondées; et les esclaves, craignant de rencontrer un joug plus dtir, se seraient jetés dans le brigandage. Cette version semble inventée pour voiler le triste état de choses que la déclaration de Nicomède avait mis au jour. Diodore de Sicile devait mieux connaître les affaires de son pays.
Les cinq cents hommes qui , formant T avant-garde , avaient donné Texemple de la fuite , furent placés hors des rangs : on les partagea en cinquante dizaines , et chaque dizaine fit mourir elle-même celui que le sort désigna. (Plut. Cross. lo.) Appien exagère quand il parle de deux légions consulaires; mais il rapporte une opinion plus exagérée encore , selon laquelle Crassus aurait fait décimer toutes les légions, sans reculer devant le massacre de quatre mille hommes. (B. civ. I, 118.)
On trouve un exemple fameux d'esclaves enrôlés comme soldats dans les huit mille volones ou volontaires armés après la bataille de Cannes. (T. Liv. XXII, 67.) Ils ne sont pas encore libres, mais seulement assimilés aux soldats libres ( XXIII, 35) ;
ils réclament ensuite la liberté , et elle leur est promise au prix d'une tête d'ennemi , ce qui d'abord compromet le succès (XXIV, i4-i5). Enfin, elle leur est donnée (ibid. 16), et ils se considèrent comme affranchis en même temps du service , à la mort de Gracchus ; mais le sénat ordonne de les retenir sous les drapeaux (ibid. 22). On les inscrivit dans la ig* et dans la ai' légion (XXVII, 38) ; on les relrouve encore sous les armes, en 2o5 (XXVni, 46). — C'est à lort que Valère Maxime porte à vingt-quatre mille le nombre de ces ^esclaves (VII, vi, i).
Tite-Live faisait encore sdlusion à ces armements d'esclaves , dans ces plaintes des citoyens à l'annonce d'une nouvelle levée : « servos agricultores rempublicam abduxisse (XXVI, 35). » On y a vu que la substitution des esclaves aux hommes libres dans l'agriculture avait entraîné l'avilissement des populations italiques, les guerres civiles, en un mot, la ruine de la république. L'idée est bonne ; mais elle i^'est pas de Tite-Live. Il eût suffi, pour s'en convaincre, de lire la suite de la phrase : « nunc ad militiam parvo aère emendo , nunc rémiges impe- « rando. »
pectusque jacentis
Virgo modesta jubet , cooverso [wllice , rumpi.
( Prad. in Sjrmm. II , 1096.)
Les empereurs en donnaient, aussi l'exemple. Claude faisait égorger ceux qui tombaient , même par accident , « afin de voir sur leur figure le passage de la mort. » On sait avec quelle dureté il repoussa ces esclaves qui, le saluant avant le combat, avaient pris le salut qu'il leur rendit (avete vos)^ k la lettre, pour une parole de salut. Il venait aux combats d'hommes et de bétes dès le point du jour, et il y restait encore pendant que le peuple allait prendre son repas. Mais , indépendamment des gladiateurs destinés à l'arène, il y faisait desrendre, souii
kàk NOTES ET ÉCLAIRCISSEMENTS.
)e plus léger prétexle, les artisans ou autres employés du cirque, les machiaistes surtout, si quelque chose n aUaît pas bien : un jour, il y lit jeler un de ses nomenclateurs, tel qu*il était, avec sa toge. (Suét. Claud, ai et 2^.)
Dion Cassius, XLIII, aS, p. 358; XL VIII, 43 « p. SSg, 1. 216, et LVI, a5, p. 8a4* Suétone donne plusieurs exemples. Sous J. César, Furius Leptinus, de race prétorienne, et Q. Csdpénus, ancien sénateur {Ccbs, 39); des cheyaliers^ avec permission d* Auguste {Aug, 43) ; sous Néron, quatre cents sénateurs, six cents chevaliers (Ner, la) ; mais ici Néron usa peutêtre de Contrainte.
Quanti sua funera vendant
Qaid refert ? vendunt nulio cogente Nerone.
(Jav^.VIII, 19s.)
Ailleurs, il nous montre un descendant des Gracques remplissant le rôle de rétiaire (II, i43). Néron , comme on le voit, y força quelquefois les plus nobles familles. Suétone le laisse entendre dans le passage cité plus haut, et Tacite le dit plus formellement du théâtre. (Ann. XIV, i4.)
« Mirmillonem e ludo rudibus secum batuantem et sponte « prostratum confodit ferrea sua , ac , more victorum , cmn palma « discucurrit. » (Suét. Calig, 3a.) Les combats qu'il livrait, comme Thrace , et avec des armes véritables ( ihid, 54) « n'étaient probablement pas plus sérieux pour lui. Sur Commode, voyex Lampride , Comm. 1 5. Il faisait enregistrer ses victoires dans les actes de la ville, comme des victoires publiques. Un jour.
il prit les applaudissements du peuple pour une dérision : il voulait faire massacrer tous les spectateurs.
NOTE 219, PAGE 3 Ail.
c Feminartim iUustrium senatorumque plures per arenam « fœdati snnt. ■ (Tac. Ann, XV, 32.) Cf. Juvén. VI, 255 ; Suét. Domit. t\. Sous Sévère, il y eut une telle masse de femmes gladiateurs , qu*on s'étonnait que Farène pût les contenir : on en prit Toccasion de le défendre. (Xiphilin , in Severo, p. 33o , d, éd. 159a.) Mais les gladiateurs continuaient de faire la passion du peuple. On connaît Téloge du gladiateur Hermès, dans Martial (Ep. V, xxv) :
Hermès, martiasœculi voluptas, etc.
La loi elle-même dut s adoucir. Ulpien pensait qu'on ne devait réputer infâmes que ceux qui se louaient pour combattre les bêtes à prix. d'argent. (L. 1, S 6, D., III, i, De postal) La scène, qui avait plus de licence avec moins de danger, dut attirer bien plus encore ces âmes avilies. Les plus nobles se faisaient dégrader officiellement pour échapper à la défense légale» Tibère les exila. (Suét. Tib. 35.) Mais ils eurent bientôt pour introducteur, Caligula (Catig. 58), et, pour coryphée, Néron. (Ner. 4, ao-23 et suiv.)
NOTE 3o, PAGE 35o.
Nous n'avons point à discuter ici les lois agraires, mais elles appartiennent à notre sujet par leurs résultats, et il faut bien que nous en fixions le sens. On s'est partagé à propos de celle de Licinius. Les uns l'entendent comme loi somptuaire, déterminant la limite absolue de la propriété ; les autres comme loi agraire proprement dite , ne touchant qu'aux terres du domaine. Le peu d'étendue du territoire de Rome ôte à la question beaucoup de son importance, en fait; mais elle reste