‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquité (volume 3)Chapitre 107 sur 196 · Efç xwç navTt;, Mç irXaarou «y^voc* 'h ^i TupavYtç · texte numérisé non relu

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(Greg. Theol. Poem, Theol, II, zxyi, 29, t. U, p. 540.)

Cf. ixxm, 133-137, t. Il, p. 604.

4. fiasil. in Pt, xvnn, § 8, 1. 1, p. 184-185 et son commentaire sur les paroles de TÉvangile (Math, xxm, 9). Âdv. Eunom. II, § 23, t. i, p. 259, a.

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de ses descendants, comme un caractère inelTaçable, parce que Thomme est, dans tous les âges, un même être pour cette puissance suprême, qui n*a ni passé ni future

Ces doctrines devaient conduire à Tabolilion de Tesclavage. Mais les apôtres ne l'avaient point exigé, et les Pères de TÊglise, même après la persécution, ne se trou* vaient point en de meilleures conditions pour Taccomplir ; car, après comme avant rétablissement public de la foi, c'était toujours, même sous les princes chrétiens, la société ancienne, liée par toutes ses habitudes à la constitution de Tesclavage. Il fallait plus qu'une loi pour changer un tel état de choses : le changement était une révolution; et, pour l'opérer d'une manière durable, ce n'était point l'esclave qu'il semblait urgent d'ôter au maître, c'était le maître qu'il fallait surtout détacher de l'esclavage, par le sentiment de la dignité de l'homme et par une juste appréciation de ce qu'elle réclame jusqu'aux derniers rangs de la société. Or le travail était long ; et d'ailleurs il en était un autre plus grave et plus pressant à tous égards, aux yeux des Pères de l'Eglise, c'était l'affranchissement des âmes. Dans ce court passage de la vie, où nous prenons, où nous laissons nos corps, l'âme seule qui nait pour l'éternité donnait quelque intérêt à ces questions de liberté et de servitude. C'est à elle que tout se rapporte :

Le corps est un esclave et ne doit qu*obéir.

Les martyrs en parlaient devant les juges, comme Épictète devant son maître, non moins fermes que lui à soutenir

1. Greg. Nyss. De hom. opificio^ xyi, t. I, p. 89, a. (Ed. Morel, Paris, 1638.)

leurs paroles dans l'épreuve des tourments ^ Ce fut aussi renseignement du christianisme; et, si la religion parail avoir communiqué à la philosophie quelque chose de son humanité pour les esclaves, nul doute que la philosophie n'ait prêté aux Pères de l'Église plusieurs de ses formes de langage pour exprimer leurs pensées, vraiment chrétiennes au fond, sur la véritable liberté et sur le véritable esclavage.

Le véritable esclavage est l'esclavage du péché. Saint Paul l'avait dit ; et c'est surtout pour en convaincre cette société, païenne encore par ses usages et par sa littérature, que les Pères vont chercher les arguments bien connus de la philosophie. Saint Clément d'Alexandrie rapproche de riilvangile ce mot de Platon, que le vice seul a fait la servitude, et la vertu, la liberté *. Saint Basile parait adopter Turgumentation d'Arislote, pour établir que celui-là sert justement et avec profit pour lui-même, qui, par défaut de sens, n'a point en lui la faculté de commandement et réclame la direction d'autrui *: pensée pour laquelle on a rangé le saint parmi les apologistes de l'esclavage, sans tenir compte de cette déclaration contraire aux idées d'Arislote, « que nul n'est esclave par la nature ^ ; » sans remarquer, en outre, qu'il a condamné ainsi l'hèrëdité, c'est-à-dire le fond même de l'esclavage, et que son rai-

1. I Antm» imperio, corporis senritio magis utimur, » répondait s lint Épipodius au juge qui cherchait à le séduire par le tableau des plaisirs du inonde. (Aetamarlyrwn iinceraettelecta(i>, Ruinart), p. 64.) Cette parole deSalluste (Ca(t7.i.), les chrétiens avaient bien le droit de se rapproprter. -* S. Grégoire de Nazianze cite Tezemple d'Ëpictéte : Pœm. Theol. II, x, 687, t. U, p. 448.

2. Glem. Alex. Strom. III, 4 et 5, t. I, p. 525 et 531 ; III, ii, 1. 1, I>. 288 ; IV, 3, t, I, p. 568.

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