Basil. De Sfnritu sancto^ xx, t. Ili, P
2. Ilil. in Pi. cxxx?, §6, p. 485, a. Gf.tnPc. cxxxTn,§iâ,p. 501,<f, et des dévefoppements analogues : De Ttinitate, n, 44, p. 909, et in Piolm. Lxvii,§ 21, p. 203.
3. Hieron. Conun» in Eêaiam, c. lyi, t. III, P. i,p. i08; Comm. Il, in Ep.adEphei, iv, t. IV, P. i, p. 370 ; m Ptalm. Ln, t. II, P. n, p. 258.
4. II est esclave, celui qui n*a pas raulorité d'une conscience pure ; il est esclave celui qui se laisse abattre par la peur, enlacer par la volupté, conduire par les passions, irriter par la colère, accabler par la douleur; car toute passion est servile, parce que celui qui pédieesl esclave du péché, et, ce qui est pis, esclave de bien des maîtres. L'homme hvré à ses vices a tant de maîtres en lui, qu'il ne peut plus guère sortir d'esclavage; mais celui qui est arbitre de sa volonté, juge de ses résolutions (interprss arbiirii), qui sait mettre un frein aux mou-
1 exemple du patriarche, comment on doit user de l'esclavage, comment on peut y retenir la liberté, y conquérir même le commandement, par l'abstention de toute œuvre servile, c'est-à-dire du péché, et par l'ascendant qu'une âme vraiment libre prend naturellement sur des âmes asservies aui passions ^ On retrouve ce mélange des arguments de la philosophie et des oracles sacrés en mille endroits des œuvres de saint Àmbroise et particuliérementsur Tesclavage, dans sa lettre à Simplicianus. Prenant pour texte cette autre parole de saint Paul : « Vous avez été rache- «tés à grand prix, ne devenez point esclaves des hommes, » il montre que noire liberté est dans la connaissance de la sagesse» et cite cette fois les sages du paganisme, mais, avant eux, Salomon, et avec moins de raison, sans doute, Noé condamnant Cham à servir pour sa folie. Il en conclut que ce n'est point la nature qui fait l'esclave, mais la démence ; que ce n*est point Thomme qui affranchit, mais l'éducation ; qu'un acte de vente ne change pas le fond de notre être, et ne peut aliéner cette liberté morale. « Le sage seul est libre * : v et il montre dans l'Évangile la con-
▼ements des instincts de son corps...; celui qui a puissance sur ses actes, celui-là est parfaitement libre. Car celui qui fait tout atec prudence et qui tîI comme il veut, celui-là seul est libre, > etc. (Ambros. De Jacoh et vita heaia, II, m, § 12, 1. 1, p. 462, 463.) i* « Dédit se Joseph iis qui sunt in sèrvilute solatium; attribuit ma-
• gisferium, ut discerent, etiam in ultima conditione posse mores esse
• superiores, nec ullum statum immunem esse ^irtutis, si animus « se uniuscujusque cognoscat: carnem servituti subditam esse non « menfem; multosque servulos esse dominis liberiores, si in serritute « positi a serrilibus putent operibus abstinendum. Servile est omne
• peecatmn; libéra est innocentia, • etc. (De Joseph , iv, ^ 19 et 30, 1. 1, p. 499.)
9. « Ifon igitar natura servum facit, sed insipientia, nec manumissio « Kbenmi. sed disciplina... Contraclus uon mutât genus, nec sapienti» < libertatem adimit... lUe magis liber est qui intra se liber est, qui lenator» liber est, légem sciens naturse prœscriptam esse mori*
304 LIVRE m. CHAPITRE YIII.
sommation de cette sagesse, dans le chrétien le type de cette liberté ; puis revenant, par celte route détournée, de l'orgueil de la sagesse humaine à l'humilité de la foi, il découvre, au delà de la philosophie, les horizons plus vastes de la révélation ; il voit, au-dessus de la liberté, une plus noble servitude, à laquelle doivent s'associer les hommes libres comme les esclaves, celle dont on doit user pour le bien des autres, celle de l'apôtre, celle de Jésus Christ K
Avec cette doctrine qu'était-ce donc que l'esclavage dans la société ? c'était un dur état, sans doute : saint Uilaire ne le niait point; mais il en appelait à la noblesse des âmes pieuses, pour s'élever au-dessus et le mépriser, comme une chose qui, après tout, ne frappe que le corps*, c'est-à-dire cette partie de notre être qui est à nous, mais qui n'est point nous, selon l'expression de saint Basile*:
(( bus, non conditionibus. — Sapiens ergo liber, quoniam qui ea facil « quœ vult, liber est... Qui autem sapienter facit, nihil liabet quod « metuat. Metus enira in peccalo est ; ubi autem nulla formido, ibi li- • bertas est; ubi libertas, ibi potestas faciendi quod vult. Solos ergo u sapiens liber est, » etc. (Ambros. EpitL I, xxxvo.) Voyex plus haut Targumentation, moins vive, peut-être, mais plus serrée, d'Êpictète. — Cf. Ambros. De Cain et Ahel, II, u, § 9, t. I, p, 209; De Nabnihy ti, §28,1. 1, p. 572, et XII, §51, p. 579.
1. fl Docuit me tamen apostolus quod ultra îpsam libertatem slt,ut « servire libertas sit. « Quum liber, inquit, essem, omniiun mesenrura « feci, utplures lucrifacerem... » Servivit et Christus ut omnes liberos « faceret. » (Ambros, £p. I, xxxyu,§ 23, t. U, p. 936. Cf. in Pt. citiu, §5 et 6, 1. 1, p. 994.)
2. c Cselerumconditioneracorporis religiosae animœ generositas de- « spicit. OfQcium quidem durum, tamen homini non omnino misera- « bile, quia serviatur a servis... Ât vero animas captivitas quam t infelix est, » etc. (Ililar. Tractatus in pê. cxxv, § 4 p., 408.) U cite Daniel et les trois jeunes enfants dans la fournaise, et tous ces martyrs de l'ancienne loi qui surent être libres au milieu des tourments.
5. Basil. Serm, xxm, De anima, t. III, p. 584, e.Épictéte, on Ta vu, prétendait même qu'il n'était pas à nous.
L'ÉGLISE ET L*ESGLAVAGE. 3(-5
itn instrument au service de notre âme, une chose pour qui servir est comme une condition naturelle ^ L'esclavage, comme l'entend le vulgaire, était un vain nom qui ne pouvait abuser que la foule sur la vraie condition des esclaves cl des maîtres ; car que de maîtres étaient esclaves de leurs serviteurs * ! C'était un simple accident, un fait indifférent en soi', que saint Jérôme aurait pu ranger, comme Lucrèce ou Épictëte, parmi les choses neutres par ellesmêmes, bonnes ou mauvaises selon les dispositions des âmes soumises à cette épreuve^. Cétait un mal si l'on résistait à l'empire du maître, résistance funeste qui entraînait ce qui est libre en nous dans l'esclavage d'où l'on voulait sortir *. C'était un bien, si Ton allait au-devant
de sa volonté, si on la dépassait dans l'accomplissement
1. A; To (Aiv aûp.a j^avov toS àvftpwircu, ^x^ J^xvgv. (Greg. Nyss. in verba « faciamus liominem •, (Orat. i, t. 1, p. 145, c. Cf. in Cant. cantic.jiom, x, t. I, p. 6'iO, a, et Àmbros. De instit, virg. ui, §17, t. Il, p. 353.)— Quand S. Clément d'Alexandrie parle de rariranchissemeiit de la chair, il Fentend de cette vie incorruptible que Dieu, en prenant b forme humaine, a voulu lui assurer au delà de la mort. (Pœdag. Ili, i, I. l,p. 251,1.26.)
2. « On t'appelle esclave. Pourquoi t'aflliger de la servitude du corps? Pourquoi ne pas estimer davantage cette puissance de commander que tu tiens de Dieu, cette raison qui peut maîtriser tes passions? Quand tu vois ton maître esclave du plaisir dont tu sais te préserver toi-même, ne comprends-tu pas que tu n es esclave que de nom, et que lui, c'est de nom seulement qu'il est maître ; tandis qu en effet il est dans la plus misérable servitude?... Tu es maître de tes passions, il est esclave des voluptés que tu as vaincues.» (Greg Nyss. m verba • faciamus homin.», OraL I, t. I, p. 1U, a. Cf. Greg. Theol. Ep, cuv, t. II, p. 129, d, et Paulin. NoI. Ep, vni, v. il :
llultis ille miser niorlalibus, et quoque servis Servit, et ancillaj, ut doralueniur, émit.
ô. Tatian. Âdv, Grœc, xi, p. 253. Cf. iv, p. 246.