Aug. inps, xcix, § 7, t. IV, p, 1534, 6, c
3. S. Augustin écrivait à ses ûdéles : « Domiais dilectissimis et de- < siderantissiinis, sanct» plebi cui ministro, membris Gliristi, Augus- « tinus ÎQ Domino, salutem. • (Ep. ccliviii, t. II, p. 1367.) En saluant du môme titre Maximin, évêque donatisle, il en donne la raison. Domino scripsi, quia scriptum est : Vos in HberlaUm vocati estiSf fratreê^ iantum ne libertatem in occasionem carnis délit , $ed per charitatem servile invieem, (Galat. v, 13.) Celui à qui Ton s'adresse peut être dit • maître », puisqu'on doit le servir par charité et en vue du maître unique. (Aug. Ep. xsui, (. II, p. 44, c.) 11 l'explique encore dans Tusage épisiolaire, parce que nous devons à tous de libres services : • Quodam modo liberam servilutem. » {De geslit Petagi, § 51, t. X, p. 510, a.) Cf. De opère monach,, § 37, t. VI, p. 833, c, et S. J. Chrysostome, commentant un texte de saint Paul, De Anna^ term. iv, 4, t. IV, p. 735, d.)
5. Basil. Moral, reg, lxxv, § 1, Sur les devoirs des esclaves, el § S, Sur les devoirs des maîtres. II rappelle les textes de TÊvangile et des apôlres cités plus haut. (Basil., t. U, p. 310-311.)
pensée chrétienne, et marquait, au delà de ces rapports provisoirement maintenus entre maitres et esclaves, le vrai but où elle prétendait arriver : « Qu il y ait, dit-il, un mutuel échange de servitude et de soumission, et il n'y aura phis d'esclavage ; que l'un ne prenne pas rang parmi les libres et l'autre parmi les esclaves : il vaut mieux que maitres et esclaves se servent les uns les autres, et une telle servitude serait bien préférable à une autre liberté. Et en voici la preuve : qu'un homme ait cent esclaves et qu'aucun d'eux ne le serve ; qu'il y ait ailleurs cent amis se servant mutuellement, où sera le bien-éti«? où y aura-t-il le plus de joie et de contentement ? Ici point d'indignation, ni de fureur, ni rien de semblable; là, l'inquiétude. C'est par force d'un côté, et, de Tautre, par reconnaissance, que se fait le service. Cest ce que veut le Seigneur; c'est pour cela quHl a lavé les pieds à ses disciples^. »
Ces maximes ne furent pas sans application chez les chrétiens, et les Pères de l'Église, qui leur proposaient le grand modèle de Jésus-Christ, eurent aussi, parmi eux, des exemples à joindre à leurs préceptes*. Des femmes de la plus noble origine pratiquaient ces vertus d'abnégation et d'humilité. Saint Jérôme citait Fabiola, issue de Fabius, Paula, de la famille des Paul-Émile et des Scipion, comme aimant à se confondre parmi les pauvres et les esclaves', ou encore sainte Léa qu'on aurait prise, dans
1. Ghrys. In Ep. ad Ephes. y, homil. xiz, 5, t. XI, p. i41-i43.
S. Plusieurs inscriptions chrétiennes font honneur aux matU'es de leur douceur envers leurs esclaves4(LeBlant, ïnscr., dtrét, de laGaulf, n- 25, 450.)
3. • Familîola quam in utroque sexu de servis et anciilis in fratres • sororesque mutaverat. > (Hier. Ep, lxxxvi, ad Eustoch. virg. Epito/iA .
la foule de ses serviteurs, comme la servante de tous les autres ^ ; et il montre ailleurs rattachement que cette conduitedes maîtres leur méritait de la part de leurs esclaves'. Telle éfaît plus spécialement la conduite des évéques; et, puisque, en affranchissant leurs s. rvileurs, ils ne pouvaient entraîner Taffranchissement général des esclaves, peut-être ne fut-il pas inutile qu'ils en eussent encore, afin de montrer, par Texemplc comme par la doctrine, comment on en devait user. Mais cet exemple lui-même avaitil assez de force pour devenir obligatoire, et leur doctrine, appuyée des textes les plus précis de l'Écriture, eut-elle assez d'influence pour transformer les rapports de maître à esclave dans la société chrétienne de leur temps ?
Ce n'était plus, il faut Tavouer, la société des apôtres et des martyrs. Lorsque le christianisme fut sorti de ces temps difficiles où l'on n'était chrétien qu*au péril de sa vie, où la foi devait être à Tépreuve des tourments, lorsqu'il prit possession du monde, il ne put, dans ce domaine agrandi, retrouver les mêmes vertus parmi les fidèles : car il devait accueillir, au nombre des croyantf^, bien des hommes attirés par la nouveauté, entraînés par la foule, enfants du polythéisme, étrangers encore aux iilées de la vie chrétienne et qui apportaient à l'Église leurs mœurs païennes à corriger. La société chrétienne
Paulœ, t. IV, p. Il, p. 670, cf. p. 678, et ad Océan. De morte Fahiolœ, ibid,, p. 658-662.)
1. HieroD. Ep. xx, ad Marcellaro, De exUu Leœ^ ibid,, p. 51-.')2.