Hieron. Ep. ▼, ad Heliod., ibid,, p
350 LIVRE IIl. CHAPITRE VIII.
présenta donc, avec de meilleures dispositions el des principes certains d'amendement, presque toutes les formes extérieures de la société ancienne, et ce luxe el ces mille besoins qu il enfante, et ces vingt sortes d'esclaves qu'il réclame au service de ses besoins ^
La nature de ces besoins, le genre de ces services, faisaient de l'esclavage domestique ce qu'il était autrefois. Tout, dans les maisons des riches, contribuait à maintenir cette distance que les usages d'une civilisation déjà gâtée avaient établie entre les serviteurs et les maîtres ; et c'est en de pareilles conditions que les Pérès de l'Église devaient rappeler aux maîtres, au nom de l'Ëvangile, qu*ils étaient les frères de leurs esclaves, qu'ils les devaient ménager, aimer, servir (car l'esclavage n'était maintenu par le christianisme qu'à la condition d'en user chrétiennement) ; c'était là ce qu'il fallait obtenir d'hommes attachés encore à tous les préjugés comme à tous les usages de l'ancienne société. On ne doit donc pas s'étonner du peu de succès des Pères, et l'on n'a pas lieu d'être surpris du tableau que leur zèle indigné nous retrace de l'état déplorable des esclaves, même parmi les chrétiens. Saint Clément d'Alexandrie, dès le temps de la persécution, faisait de la société païenne encore, dans laquelle il vivait, un tableau dont les traits se pourraient retrouver dans les peintures analogues de saint Augustin, de saint Jérôme, de saint Basile et de saint Jean Chrysostome (82).
1 . Montfaucon a traité des modes et des usages du siècle de Théodose dans les Mémoires de TÂcadémie des inscriptions (t. Xni, p. 474- 400). C'est un tableau sommaire où il ne fait que reproduire Fimpression générale de ses lectures. La question a été reprise par Mûller, De genio, moribus et luxu œvi Tkeodosiani. U y a mis Térudition que le savant bénédictin a négligé d'y mettre; il aurait pu y faire entrer un peu plus de son esprit.
Plus il y avait de difficultés au recrutement de l'esclavage, plus les riches devaient se faire vanité d'en acquérir ^ On achetait, quand on le pouvait, des troupes de captifs barbares * ; on ne recherchait pas avec moins d'empre^se* ment les esclaves déjà formés aux arts divers du service. C'était peu d'avoir à sa table du gibier et du poisson, si Ton n'avait des oiseleurs et des pécheurs dans son office ' ; on faisait venir dans les métropoles les cuisiniers les plus habiles de la province^, et Ton aimait à produire autour de soi, dans l'appareil d*un festin ou dans la pompe d'une sortie, des serviteurs richement parés '; on se ruinait toujours, depuis le siècle d'Auguste, en fous, en monstres et en nains*. Les femmes elles-mêmes, comme au premier siècle de l'empire, comme déjà au temps de Piaule, aimaient à se montrer en public environnées de ce cortège de jeunes et beaux esclaves % et, si elles allaient au bain,
i. Chrys. in Ep. ad Roman, hom. x?ii, 4, t. IX, p. 626, c.
2. Ibid, in c. xy, Gènes, hom, xixtii, 3, t. IV, p. 576, e, 377.