Aug. in ps. xciii, § 16, t. lY, p. 1656, h
3. Basil. Cies. Ep. 11, cxuii, 1. 111, p. 235, (/; Greg, Theol. Orat, uni, 65, p. 817-819; Chrys. Ad Stag, a dcemone vexât m, 15, t. I, p. 325, b; Hieron. Ep. lxixit, ad Océan. De morte Fabiolœ, t. IV, P. ii, p. 660 : « Omnem censum, quem habere poterat, in pecuniam congregatum « usibus pauperum prœparayit; et prima omnium vo^oKo^arov instiluit, « in quo œgrotantes colligeret de plaleis, et consumpta languoribus « atque inedia miserorum membra foyeret. »
r>70 LIVRE m. CHAPITRE IX.
souvent, ne valait pas mieux pour lui : qu'on se rappelle nie du Tibre et la loi de Claude sur les esclaves malades délaissés ! Le christianisme fit un devoir de soigner les pauvres quels qu'ils fussent : ils faisaient partie de la famille chrétienne, ils étaient frères, ils avaient droit à l'héritage commun. Sans doute la pralique des fidèles ne sut point se soutenir à la hauteur de la doctrine. Il y eut des pauvi'es dans la société chrétienne (89) et non-seulement des pauvres, mais des nécessiteux, des mendiants : — si l'on faisait alors un crime de la mendicité, c'étaient les riches qu'on en jugeait coupables, les riches qui en étaient la cause par leur égoîsme et par leur dureté^ — Mais rËglise luttait contre rindifTérence et contre le mauvais vouloir; et elle sut s'élever parles inventions, sinon par les ressources de sa charité, au niveau de la misère. Elle voulut suppléer à la tiédeur des particuliers par des fondations communes. Elle y accueillit elle-même et les hommes libres et les esclaves : car l'obligation où étaient les maîtres de soigner leurs esclaves malades ne fit jamais que ces derniers n'eussent, autant que les autres, besoin de ces retraites; et l'habitude de les abandonner semble avoir été si grande, qu'on les abandonnait encore quand on pouvait les envoyer à l'hôpital*. Ce n'est donc pas
1. a Plerumque mendicus, unum nummum petens, ad ostiamtibi fl prœcepta Dei cantat. • (Aug. Serm, xxxu, 33» t. Y, p. 240, a.) Cf. J. Chrys. in Ep, l ad Cor, hom. xxx, A, l. X, p. 274, e, 275, a. — S. Augustin relève les mendiants comme les pauvres, par la comparaison de nous-mêmes : « Mendici enim Dei sumus, etc. » (Aug. Serm, LU, 8, t. V, p. 506, c. Cf. Serra, lui, 4; Serra, lvi, 9; t^ù^., p.4i7,^,c, et 467, a, et la note 90 à la fin de ce volume.)
2. « Quod si quis servum suum aegritudine periclitantem (a) sui (K domo publiée ejecerit,. . « .quum erat ei libéra facultas, si non ipse (( ad ejus curam sufllceret, in xenonem eum mittere. . . » (L. tm. § 5 (Justin.), VIÎ, VI, De latUibert.)
rafîranchissement des esclaves qui a Tait naître la nécessité de ces institutions; c'est la charité qui les fit ouvrir pour les misères de l'esclavage comme pour celles de la liberté.
£11 les ouvrant aux pauvres, l'Église faisait, d'ailleurs, tous ses efforts pour leur épargner le besoin d'y recourir, car ces refuges ont bien aussi leur servitude. Pour cela, il fallait attaquer la misère, non pas seulement avec les ressources du riche, mais avec celles du pauvre; il fallait donner aux classes inférieures le moyen de se suffire à elles-mêmes : l'Église réhabilita le travail.
Le travail libre, dans l'antiquité, nous Tavons vu, était tombé sons cette double influence de Tcsclavage qui, par son contact, en flétrissait le caractère et en paralysait le développement. La concurrence de l'esclave diminua, mais le préjugé restait, et, dans ces conditions, les nécessités de la misère, la contrainte de la loi impériale, pouvaient bien le forcer, le violenter, mais non pas le détruire. L'Église s'attaque au préjugé.
Le travail est la loi du monde*; c'est l'obligation particulière de l'homme ; c'est la sentence qui suivit sa chute et détermina sa condition ici-bas ; et Job le répétait après Moïse*. Aux enseignements et aux exemples de l'Ancien
i . • Quid illud, quod labor tibi communis est coin omni creatura,
< quia propter temundus ipse serYitutem tolérai comiptionis; quia
< corn sanclis tibi laboris hujus et eispectationis commune consor- « tiom est. » (Ambr. De Jacob et vita beata, 1, yt, § S4, 1. 1, p. 452, et pasâm, dans le même sens.)