Ap. Stob. FUmUg, LXU
32 LITRE m. CHAPITRE I.
esclavage hëréditairCf ni la naissance, ni la guerre, ni la vente* n'établiront une race d'esclaves, sans usurper sur les droits de familles que la nature avait produites pour la libérien p
Êpictète qui, esclave jadis, aurait dû mieux compatir à l'esclavage, semble avoir pris dans son ancienne condition le droit d'y être plus insensible*. Lui aussi, cependant, il comprend l'humanité autrement que le vulgaire et que les politiques ; il élargit la sphère où l'homme se meut en cette vie; il le proclame habitant du monde et enfant de Dieu ; et au-dessus de la cité nationale, il élève cette cité plus vaste qui comprend les dieux et les hommes'. Mais il porte si haut sa théorie, qu'elle devient inapplicable aux choses du monde ; et, d'ailleurs, quand il assure à tous une si parfaite égalité, comment s'émouvoir de pitié pour des distinctions imaginaires^? C'est la faute de celui qui les soufTre, et elles ne peuvent plus inspirer au philosophe que de l'indignation et du mépris.
II y a encore, en effet, parmi les hommes, cette distinction de libre et d'esclave ; mais à quoi s'applique-t-clle et
i. Oral. XV, p. 258 et suiv. — Il conclut qu'il faut juger Thomme comme un cheval, comme un chien de chasse. S'il a des qualités, il le faut dire noble et de bonne race, sans rechercher son origine, p. 241-244. — Dans son dixième discoufs, Sur les esclaves, il met dans la bouche de Diogéne divers arguments contre Temiiloi des esclaves et sur la servitude des maîtres qui dépendent de leur service, etc.
2. Ëpictéte, né à Hiérapolis, en Phrygie, fut esclave d'Ëpaphrodite, affranchi de Néron. Un jour, dit-on, que son maître s'amusait à lui tordre la jambe : c Vous la casserez, » dit Ëpictéte; et Tévénement ayant suivi la prédiction : « Je vous Tavais bien dit, » ajouta sur le même ton le philosophe.