Épict. Diss, h IX, 6, et H, v
4. «... Ne peux-tu pas écrire? Ne peux-tu pas instruire des enfants ? garder la porte d'autrui? Mais, dis-tu, il est honteux d'être réduit à une pareille nécessité. Commence par apprendre quelles sont les clioses honteuses, i {Dis$. m, xxvi, 7.)
ÉVANGILE ET l'IIILOSOPUIE. 33
comment faut-il l'entendre? C'est au pur stoïcisme qu'Épictëte demande la solution de ce double problème. Et d abord, le corps n'est point ici en cause, il s* agit exclusivement de l'àme^ ; il s'agit de la volonté; nul n'est esclave s'il garde son libre arbitre, nul n'est libre s'il n'a puissance sur soi-même^ Mais comment réaliser cette domination de soi qui est la liberté absolue (aÙT£^ou;'.sv Te yuv. aÙT5vo(jiov etvat)? en la réduisant à ce qui est véritablement de son ressort, en ne cherchant point à l'étendre au delà'. Or ces limites sont faciles à poser : « Tout ce que lu ne peux pas te procurer ou conserver, lorsque tu le désires» t'est complètement éti*anger\ » Biens, amis, enfants, famille, rien donc n'est à nous; le corps même n'est pas à nous'*, et non seulement il ne faut pas essayer d en retenir la possession, mais il faut rompre les attaches qui nous y lient pour être libres.
Ainsi rhomme doit se réduire à l'âme, à l'âme privée de la sensibilité, privée presque de son activité : « La liberté, dit Êpictète, ne consiste point à jouir des objets
^jX^v XtXmm;, iXeu6ipoc. (Ëpict. Fragm. 9.)
2. OO^ilcvàp ^oûXo;, rfiV irpoaipiow ûi;xpx<Av iXiuôepoç .... cù^»; tXcuOtpo;, iouToS (i:^ xpaTMv. {Ibid, 8 et 14.)
5. « On est maître , quand on a en son pouvoir les choses qu'on veut avoir ou rejeter, de telle sorte qu'on puisse les prendre ou les laisser. — Celui qui veut être libre doit ne vouloir et ne fuir que ce qu*il a ainsi en sa puissance; sinon il est esclave. » (Man, ziv, S.)