‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquité (volume 3)Chapitre 166 sur 196 · Mortreuil, t. III, p. 105 et suiv · texte numérisé non relu

Mortreuil, t. III, p. 105 et suiv

454 LIVRE ni. CHAPITRE X.

rentrer équitablement en possession d'une terre aliénée; c^est le but de ces mesures singulières qui font deux classes dans la société, les riches et les pauvres, non pas seulement pour distinguer les personnes, mais pour séparer les biens et pour maintenir dans une juste proportion les petits héritages auprès des grands domaines ^ Une loi de Tempereur Romanus parait avoir introduit ce droit nouveau vers 929', et, comme sa loi, avec tous les tempéraments qu^il y avait introduits eu égard aux transactions passées, avait manqué son but par la mollesse des juges, il la renouvelle, ordonnant d'expulser, sans plus de délai, le riche qui désormais achèterait Timmeuble du pauvre'. Ces mesures furent continuées après luiV Aussi, tandis que les grands domaines, à la faveur d'une loi de succession également contraire au droit naturel et au droit religieux, se rétablissent dans les royaumes barbares, ils font place à une propriété plus divisée dans l'empire de Byzance ; tandis que celle extension des propriétés accroît, en Occident, l'inégalité des positions, et maintient le servage, les conditions, en Orient, se rapprochent, et le se^

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(Nioéph. Phoc. (vers 960), Const. m, Otpl irponfx^otMç. (Ad caie. Cod, Ju$t.)

ir»vv)Ta. (Roman. Maj. Nov. § i, ap. Leundav. Jus grcBco-raman,, t. It, p. 158-165, et les textes divers qui y font allusion dans le livre de Mortreuil, t. n,p. 330--53S.)

5 ... ôtfoi hîkxH àtro T^c i&uitfpaïc xin a&roxpaTopuiic i&uô»v dtvoi^isfffMs

(Novellœ Comi, Imp, Byz, a Carolo Y^itte editœ, n, ap. Hetmbichi Anecdoia, t. II, p. 273.)

4. Const. Porphyr. II, No», n, ap, Leundav. /tM çrceco^mium., t. II, p. 339, Nicéphore Phocas, cité plus haut, et Man, Comn. iVoi». X, 6. (Voyex Mortreuil, t. ffl, p. 51 ; H, p. 359; ffl, p. 177.)

vage tend à disparailre, grâce au déclin des grandes maisons et au progrès naturel de ces familles agricoles, qui, jusque dans leur dépendance, avaient gardé le droit de posséder même des terres et qui déjà font de petites communes reconnues par la loi '.

Ce ne sont pas seulement les campagnes, ce sont aussi les villes qui se ressentent de la réforme du régime fiscal et de toutes les mesures qui ont ôlé au travail son caractère dégradant. Les riches sont déchargés des obligations ruineuses de la curie * ; les corps de métiers, plus libres dans leur action, reprennenf leur développement naturel et retrouvent en eux-mêmes cette force qui dut être paralysée tant que l'État pesa sur eux'. Le commerce, soumis à moins d'entraves \ éveillé par cette acli- >ité plus jeune et plus entreprenante des républiques de l'Italie, commence à rendre à Constantinople les avantages de son admirable position ; et Ton eût dû attendre pour elle d'autres destinées, si elle avait su garder du génie grec un peu plus de son patriotisme, un peu moins de cet esprit sophistique, dont les résultats furent le schisme, Tisolement, la division même à Tintérieur et la chute définitive de l'empire.

Comme l'esclavage autrefois avait failli étouffer le tra* vail libre, le travail libre, rétabli d'abord par la contrainte, puis étendu par une meilleure influence, devait

1. 'Air^ TQc Tûv x^P^*^^ 6(ia^cc. (AToo. roman, Impèr,, cité plus haut, ap. Heimbach, Anecdota, t. II, p. 273.)

2. Léon, Contt. ilvi. Voy. aussi Evagre, III, 42. Cf. Mortreuil, t. III p. 73-83.

3. Léon le Sage avait publié sur ces corporations un recueil de règlements dont il n*est resté qu'un extrait. (Y. Mortreuil, ibid.^ p. 49-50.)

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