‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquité (volume 3)Chapitre 27 sur 196 · Marc-Aurèle, Comment. IV, 23; cf. XII · texte numérisé non relu

Marc-Aurèle, Comment. IV, 23; cf. XII

2. Ibid, XI, 36 : ATiarr; irpoatpsffiMC cù -^mrtLi' to tcî» ÉirucrriTcu. Voyez le développement dans Épictète. (Diu, 111, xxiv, et I, xviii.) Cf. H. Aur. VI, 28. — Julien développe la même doctrine sur le véritable esclavage. (OrtU. \l, adv. imper, canes, p. 195-196, éd. Spanheim.)

ments envers les esclaves, quand on le voit parler avec tant d'égalité d'âme de ces chasses organisées contre les hommes ou contre les bêtes*, ou avec tant d'indifférence et d'ennui de ces combats de gladiateurs, qu'il aurait dû flétrir comme philosophe, s'il ne les pouvait supprimer comme empereur*. Mais le devait-il comme stoïcien, et pouvait-il tenir compte des préjugés vulgaires? Heureusement, Marc-Aurèle a fait plus que des pensées; il a fait des lois; et on le voit, avec plaisir, apporter à l'adoucissement de la condition des esclaves et aux intérêts de leur libération une faveur que sa philosophie ne lui demandait pas».

Malgré le fond de mépris qui restait dans l'opinion générale contre les esclaves, malgré Tindifférence affectée de la philosophie systématique à leur égard, les âmes généreusement douées inclinaient à la douceur. Plutarque disait avec bonhomie que, d'abord, il avait cessé de s'emporter contre les siens, préférant les laisser devenir mauvais que de le devenir lui-même ; mais, ensuite, il s'était aperçu que la douceur avait la même influence que la sévérité \ 11 avait commencé parle stoïcisme, il finissait

i. « Une araignée est fiére quand elle a pris une mouche; tel homme s'enorgueilHt d'avoir pris un levraut; tel autre, des sardines au filet; tel autre, des sangliers; tel autre, des ours; tel autre, des Sarmates,» (Marc-Aurèle, Comm. X, 10.)

2. « Le vain appareil de la magnificence, les spectacles de la scène, les troupeaux de petit et de grand bétail, les combats de gladiateurs, tout cela est comme un os jeté en pâture aux chiens, un morceau de pain qu*on laisse tomber dans un vivier ; ce sont des fatigues de fourmis traînant leur fardeau, une déroute de souris effrayées, de marionnettes mises en mouvement. Assistes-y donc avec un sentiment de bonté, sans orgueil insolent; réfléchis que la valeur de chaque homme est en raison de celle des objets qu*il affectionne, t [Ibid, VI, 46.)

Page 1