‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquité (volume 3)Chapitre 28 sur 196 · Voir au chapitre suivant, pamm · texte numérisé non relu

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4. Plat. De compeic. tra, 1 1 , p. 459. Sa pratique valait bien celle

par rhumanité pure et simple. 11 en donne une touchante et noble leçon, à propos de cette dure maxime économique de Caton le censeur : 711*1/ faut vendre ses vieux bceufs^ ses vieux esclaves y avec la vieille ferraille. € Pour moi, dit-il, je ti*ouve que se seivir de ses esclaves comme de bêles de somme, et, après qu'on s*en est servi, les chasser on les vendre dans leur vieillesse, c'est la marque d'un méchant naturel et d'une âme basse et sordide, qui croit que l'homme n'a de liaison avec l'homme que pour ses besoins et pour sa seule utilité.... Je sais que, pour rien au monde, je ne me déferais d'un bœuf qui aurait vieilli en labourant mes terres; à plus forle raison ne pourrais-je jamais me résoudre à renvoyer un vieux domestique, en le chassant (le ma maison, comme de sa patrie, et en l'éloignant du lieu où il serait accoutumé, et de sa manière de vivre ordinaire *. »

Pline le Jeune, qui connut les chrétiens, et qui, tout en les condamnant pour crime de religion, rendait à leurs vertus un si éclatant témoignage, se montre, par sa vie dômes* tique, digne d'avoir pu les apprécier. Il était pour les esclaves un maître tout débonnaire, jusqu'à son ffrir de sa douceur même, par les négligences qu'elle autorisait*. Mais il en trouvait une sorte de compensation dans le sentiment qu'il avait de sa bonté, pensant au mot d'IIomcre : « comme un père indulgent, » et pratiquant à la lettre le mot romain :

des Tyrrhéniens, qu^il cite en exemple , dans ce même traité. Sur la manière de comprimer sa colère (ibid. p. 460). Ils ne fouettaient leurs esclaves qu^au son des flûtes et des hautbois!

t. Plut. Cat, VAncieny 5 (Irad. de Dacier).

2. Il invile un de ses amis à visiter une de ses campagnes : « ut me c eipergiscantur aliquanto, qui me secure ac prope negligenter ex- « spectant. Nam mitium dominorum, apud servos, ipsj consuetudine u metus exolescit. p (Pline, Epist. ï, 4.)

père de famille^. Ses esclaves, en effet, étaient pour lui comme des enfants : il veillait avec sollicitude à leur bienêtre, n'épargnant rien pour leur santé, ni les loisirs ni les plus coûteux voyages*; et, quand il était menacé de les perdre, il ne se consolait lui-même qu*en donnant, par l'affranchissement, à leur dernière heure les consolations de la liberté^. 0 ne cherchait point, du reste, à dissimuler la peine que lui causait leur mort. Car ces pertes, il en a la conscience, n'étaient pas seulement pour lui un dommage, comme pour ces philosophes qui se croient hommes si gi*ands et si sages par cette façon de penser : « Quils soient grands et sages, je ne le sais, dit Pline, mais ils ne sont pas hommes * ; » et il se résigne à avoir moins de sagesse avec plus d'humanité. Félicitons-le et de cette préférence et de sa douleur : car ces faiblesses, si hautement méprisées des philosophes du temps, renferment en elles plus de vertu que leurs austères principes ; et ces simples pages, où on le voit épancher dans le sein d'un

i . c Video quam moUiter tuos habeas : quo simplicius tibi oonfitebor « qua indulgentia meos tractem. Est mihi semper in animo et Home- « ricum illud : Uarh^ è* mç ^mo; jtv et boc nostrum f paterfamilias. i (Ibid. V. 19.)

â. Témoin raffranchi, Httéraleur et comédien, dont il est question dans la lettre citée (V, 19). Pour rétablir sa poitrine fatiguée, il l'avait envoyé sous le climat d'Egypte.

5. € Videor enim non omnino immaturos perdidisse, quos jam libe- • ros perdidi. » (Pline, Ep, VIII, 16.) Ainsi fait Martial à son secrétaire Démétrius mourant :

Sensit deflciens sua prœmia, meque patronum Dixit, ad infernas liber iturus aquas. '

{Épigr. I, ai, 4.)

4. • Nec ignoro alios hujusmodi casus nihil amplius vocare quam f damnum, eoque sibi magnos homines et sapientes videri. Qui an c magnî sapientesque sint, nescio : homines non sunt. t (Pline, Ep. VUI, 16.)

ami les confidences de sa vie de famille, durent avoir pour les mœurs une plus heureuse influence que toutes les dissertations d'Épictète et les pensées de Marc-Aurèle sur Tes* clavage et sur la liberté.

On retrouve la trace de ces bons sentiments dans les moralistes d'un temps postérieur, par exemple, dans les Distiques moraux de Dionysius Caton, auteur du deuxième ou du troisième siècle : « Lorsque les fautes des esclaves te poussent de l'indignation à la colère, sache le contenir toi-même, afin d'épargner les tiens. — Lorsque tu achètes des serviteurs pour ton usage privé, quoique esclaves, souviens-toi qu'ils sont hommes ^ » On en retrouve aussi rinfluence non pas seulement dans ce vague domaine de la poésie ou de la spéculation philosophique, mais à des sources où elle devait se traduire, non en actions, mais, mieux encore, peut-être, en mesures générales, en règles obligatoires pour tous : dans la loi et dans la jurisprudence. C'est là que nous allons suivre cette myslérieusc impulsion qui déjà remuait, entraînait les esprits (2).

1 . Servorum culpis quum te dolor urget in iram, Ipse tibi moderare, tuis ut parcere possis. — Quum famulos fueris proprios mercatus in usus, Ut sei*Tos dicas, homines tamen esse mémento.

(De moribiis, ad filiuntf I, 37, et IV, 44.)

Ces vers rappellent les ïambes grecs de Pbiiémon, déjà cités :

Avôpttffoç cSro; tanv, àv àvOpcAiroc f..

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