Amm. Marc. XXVIII, 4, p
3. ff Ut praeliorum perili rectores primo catervas densas opponunt et « fortes, deinde levés armaturas, post, jaculatores ultimasque subsit diales acies,... ita juxta vehiculi frontem omne textrinum incedit, < huic atralum coquins adjungitur ministerium. Deinde totum proc miscue servitium cum plebeiis oliosis de vicinitate conjunctis : pos- « tréma multitudo spadonum a senibus in pueros desinens, obluridi « distortaque lineamenlorum compage déformes... • (Amm. Marc. XIV, 6, p. 25-26.)
droit de naissance n'y supplée pas, quand tout dépérit à Tenlour. Qu'en devait-il résulter ? Une réduction dans le travail accompli par les esclaves : service des villes ou des familles, travaux publics» agriculture, arts et métiers. L'esclavage s'en allait, et le travail libre semblait naturellement appelé à lui succéder; car les raisons qui en avaient jadis détourné les citoyens avaient beaucoup perdu de leur influence, par l'eflet de la révolution accomplie dans rÉlal. Depuis qu'il avait abdiqué entre les mains de l'empereur, le peuple, exclu des comices, se détournait aursi de la légion, comme si les mêmes destinées devaient toujours unir ce droit de délibérer et de combattre, ces deux privilèges du citoyen, associés à l'origine dans l'organisation de la grande assemblée publique. Cette double circonstance lui faisait des loisirs, et lui imposait en même temps la nécessité de chercher d'autres moyens de vivre; et, quand on fut passé de l'âge de la conquête à Tâge de l'administration, quand les sources de revenus étant diminuées au dehors, les dépenses, à l'intérieur, se furent accrues, cet excès de besoins, pesant sur la masse de la plèbe, la rapprochait nécessairement de la classe des travailleurs. Ainsi les mêmes causes qui rendaient l'esclavage plus rjre faisaient la liberté plus misérable et la ramenaient au travail. Le travail libre va-t-il donc remplacer l'esclavage par la seule force des choses, par un retour nécessnire du monde aux conditions naturelles de la société? Nous sommes bien loin d'un pareil résultat : et ces traces d'indépendance, que nous retrouvons dans le colonat du Digeste, sont bien plutôt comme un dernier reflet d'une liberté mourante que la lueur d'un nouveau jour. Pour préparer ce jour nouveau, il faudra même que ce reste de liberté s'eflace ; et la race libre,
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rapprochée des esclaves, ira se mêler avec eux, comme pour achever de les affranchir et les élever, par la communication d'une partie de ses droits, par le partage de leurs souffrances, vers un état meilleur.
Il eût été bien étrange, en effet, que la misère de l'empire eût seule les honneurs d'une complète restauration de la liberté. Quel que soit le déplacement qui s opère dans la balance des classes libres et serviles, quels que soient la diminution du nombre des esclaves réels et Taccroissement des familles pauvres, appelées à les remplacer, une société, dans de pareilles conditions, est nécessairement moins près de la liberté que de Fesclavage, plus portée à entraver qu'à étendra le droit de chacun à disposer de soi ; car, si la misère accroît le nombre des personnes reléguées au travail, ne peut-elle point aussi les en détourner, quand le travail lui-même a tant de charges, qu'autant vaudiniit mourir dans loisiveté? Or telle fut la véritable situation de l'empire ; et ainsi la société était menacée d*une dissolution complète... Mais le pouvoir intervint. Le pouvoir n'appartenait plus alors à cette aristocratie des pères de famille, dont l'association, par un mutuel accord, respectait la souveraineté de chacun dans sa maison. Ces maîtres avaient un maitre qui, tout en revendiquant pour lui-même leurs anciens droits, en les exerçant avec tyrannie, ne pouvait cependant pas communément dépasser la mesure de despotisme que comporte un seul homme, et devait avoir pour intérêt suprême le maintien de l'ordre et le développement de la prospérité publique. Tels furent, en effet, l'esprit et les tendances du gouvernement impérial. 11 soutint le travail par des secours de diverses sorlos oTerls aux familles pauvres, pour les encourager dans celte voie pénible, et leur donner
le moyen d'élever leurs enfants, de les former aux mêmes soins. Mais il voulut à ce prix maintenir le travail; il l'exigea de tous, selon la condition de chacun ; el, dans l'ensemble de ces mesures, Tindépendance privée fut moins à Taise. Le citoyen n'eut plus un aussi plein pouvoir de retirer son esclave d'occupations trop peu productives ou de se retirer lui-même de fonctions trop ingrates : car tout ce labeur et ces soins ne s'accomplissaient pas seulement pour lui ; ils étaient commandés par TÉtal. L'Élat est servi par les offices de l'administration et des villes ; il a ses profils dans l'industrie privée, il a sa part dans les revenus des terres. L'État donc a besoin du travail sous toutes ses formes : il y retint l'esclave malgré le maitre ; il y ramena et y retint l'homme libre malgré lui. Il semble surtout qu'aux premières secousses de l'invasion barbare l'empire sente le besoin de se raffermir, en fixant cette base doublement mobile de l'esclavage et de la liberté. L'homme libre devient moins libre, il est moins maitre de lui et des siens; et, par contre-coup, l'esclave est moins disponible» moins laissé au bon plaisir de son maître. La condition de l'esclave n'a pas changé en droit : elle n'a pas plus de liberté, mais elle a moins de dépendance ; et le même mot finira par couvrir deux états fort différents : l'esclave et le serf, servtis.
Ainsi déjà se retrouvent dans l'empire, avec la matière dont se composera cette condition nouvelle du travail, le principe qui doit lui donner sa forme et sa constitution. La matière, c'est le travail des esclaves et le travail libre juxta* posés dans la société romaine : car le servage est un état mixte qui tient des classes servîtes l'obligation, l'hérédité du travail, et, des classes libres, les droits de la personne. Le serf est un esclave qui cesse d'être une chosct une chose
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arijilraii-ement mobile; c'est un homme libre qui a perdu le droit de disposer de lui : et Tempire va concourir à celte transformation par tous les genres d'influence qui, ôlant au travail servile de ses facilités, ajoutent à la nécessité du travail libre ; il y aidera par toutes les raisons d*intérét public qui le forcent d'attacher, à défaut d'un attrait suffisant, une sorte de contrainte au travail, et de fixer maîtres ou esclaves au lieu et aux fonctions où il les trouve occupés. L'esclavage se transforme donc, mais la liberté se modifie; et ces deux révolutions sont unies dans leurs causes comme dans leurs résultats. Aussi, pour embrasser dans leur ensemble les circonstances qui ont fait passer l'homme de l'esclavage au servage, il ne faut point borner l'étude aux esclaves, il faut l'étendre à la classe libre ; il ne faut pas se restreindre au travail des champs, il faut prendre le travail dans toutes ses variétés, à la ville comme à la campagne. Quand nous aurons vu par quelles raisons le citoyen fut attaché aux services divers de l'État et de la cité, louvrier à sa corporation et le colon à la terre, nous saurons comment et pourquoi l'esclave fut fixé au sol. Cette question, qui semble isolée, c'est donc la question de l'esclavage tout entière, c'est la question du travail, c'est l'histoire de la société môme, dans les principes les plus vivaces de son organisation.