‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquité (volume 3)Chapitre 54 sur 196 · nec bellua tetrior ulla · texte numérisé non relu

nec bellua tetrior ulla

Quam servi rabies, in libéra terga furentis. Âgnoscit gemitus, et pœnae parcere nescit,

Quam subiit; dominique memor, quem verbcrat, odit.

(Claudien, m Eutrop. 1, 183.)

Cf. Amm. Marc. XIV, 11, p. 52, etc.

3. Pars humili de plèbe duces, pars compede auras Gruraque signati nigro liyentia ferre

Jura regunt, faciès quamvis inscripta repugnet, Seque suc prodat litulo.

(Glaud. in Eutrop, H, 542.; cf. 351.)

Un voit, par plusieurs lois, combien les gens du service du prince vexaient les peuples par leurs prétentions et leur orgueil. Valcntiiiien 111, après la défaite de l'usurpateur Jean le Secrétaire, crut de bonne politique de les réprimer. (L. 1 et 2 (42G), G. Th.» X, xxvi, De conduct. danuu Augustm,)

centrales d'où son action rayonnait alentour, et des esclaves publics avaient d'abord été mis à leur service. Mais, leurs fonctions ne différant qu'en degré des fonctions palatines, elles durent suivre le progrès de leur élévation. Comme les premières, elles furent affranchies, elles formèrent une milice ; servir dans l'administration impériale s'appelait combattre, comme aujourd'hui, par une sorte de réciprocité, porter les armes s'appelle servir, et, souvent, avec plus de vérité : car la profession des armes, si noble par son .but, si grande par son dévouement, a bien eu aussi, pour nos classes populaires, sa servitude ^ Mais cette milice de l'empire avait-elle plus de liberté? Constatons d'abord qu'elle était désormais remplie par des hommes libres, et nous en trouverons la preuve en jetant un coup d'oeil général sur la masse des agents qu'elle réunissait autour des divers centres de l'administration*. Trois choses résument principalement les rapports du pouvoir central avec les provinces ; il doit les administrer et les défendre, et, pour suffire à ce double devoir, il en exige l'impôt : administration civile, administration militaire, administration financière, tel était donc le triple apanage de l'autorité publique dans les provinces ; et, de quelque manière que les pouvoirs en fussent répartis dans les régions supérieures du commandement, ce n'en étaient

1. Ce caractère se marquait naguère ayec un réyoltant cynisme dans les transactions auxquelles elle donnait lieu pour les classes plus aisées. Les entrepreneurs de remplacement se nommaient, dans leur langage Tulgaire, marchands tThommet : pourquoi, en effet, ne pas dire le mot? et ils affichaient des annonces de ce genre : « Bonne récompense sera accordée à celui qui amènera un remplaçant à telle adresse, > absoloment comme on dirait d'un chien perdu. — L'obligation du service militaire pour tous a supprimé cet indigne trafic.

3. Ces détails ronl aussi du ressort de Touvrage de M. Naudet, auqud nous reuToyons.

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pas moins autant de sections distinctes, ayant toules leur genre spécial de fonctions et leurs agents pour en remplir les devoirs. Nous en dirons deux mots, non pour en exposer le système, mais pour expliquer les noms sous lesquels se rangent ou se cachent, dans les deux codes, les anciens serviteurs de rËtal\

L'administration civile comptait un grand nombre d'employés dans son office. Le princeps qui le dirigeait, le corniculaire^ sorte de héraut en chef, le commenlariensisj directeur de la prison, le chef du greffe ou du notariat public (ab actis)^ avaient tous un bureau séparé avec leurs écrivains ou leurs aides*, et il y avait, en outre, pour le service du dehors, un grand nombre d'appariteurs que la Notice désigne peut-être par le nom de singularii^ : les uns qui concouraient avec les stationnaires , sorte de gendarmerie à poste fixe, et avec les curieux de la milice palatine, à l'arrestation des malfaiteurs^ , d'autres qui les recevaient de leurs mains et en prenaient la garde^; puis les huissiers qui assistaient au jugement, les scribes qui

i. Poar les inscriptions, qui sont en abondance dans tous les recueils, nous renverrons surtout à deux ouvrages où on les trouve plus commodément groupées : Orelli, ch. ii^ Officia minoray et Wilmanns, eh. tiu, Magiitraluê minores. Ou peut en outre recourir aux très bonnes labiés des divers volumes du Corpus Inscr. latinarum.

2. Nolit. dignit. utriusque Imper, avec le commentaire de PanciroUe, I, c. u-xx. — ADJDTOR OFFici coRRicuLARioRUM (libre). (Orelli, n* 1251. Cf. 3517.) Pour les comiculaires et les commentarienses^ Orelli, n** 5486 et 3487, et Inscr. Rheni, 539. — praefectus librariordm. (irucr. Rheni, 675.)

5. Le titre de singularis du consul est porté, dans une inscription, par un employé militaire. (Orelli, n* 2003.)

4. L. 1 et 8, C. Th., VI, xxix. De curiosU, et 1. 5 (354), G. Th., VIII, IV, De cohortalilms. Les inscriptions nous montrent des statorbs qui pourraient bien répondre à ces stationarii. {InscripL AAent, 589 et 905.)

5. L. 2, C. Th., Vm, vm, De exsecutor. et la Notice des dignités.

SERVICE DE L'ETAT. l!20

recucillaienl les dépositions et transcrivaient les arrêts, et ceux qui étaient chargés de les exécuter [spiculatoresY .

Des agents comptables (numerarii) rattachaient à l'office du gouverneur la direction des travaux publics confiée généralement au prœfectus fabrorum* et une partie de l'administration des finances'.

Cette administration, qui comprenait en même temps les recettes et les dépenses du trésor et louchait ainsi à toutes les parties de l'empire, réunissait un bien plus grand nombre d'agents inférieurs.

L'impôt se levait en argent ou en nature ; il frappait les personnes ou les terres ; et, quelquefois, il pouvait s'acquitter, à volonté, en numéraire ou en produits du sol ; quelquefois encore il était en même temps personnel et territorial. De plus, les dépenses n'étaient pas elles-mêmes toutes de même sorte : l'administration payait en argent ou en vivres ceux qu'elle employait. Cette diversité dans la nature des choses ajoutait à la complication des rouages qui faisaient mouvoir la machine. U y avait les agrimen" sores qui servaient à l'établissement du cadastre ; les préposes au recensement (censilores)^ qui s'occupaient de la formation des rôles; les répartiteurs (perœquatores)^ qui fixaient la quote-part de chaque propriété ; les inspecteurs

1. L. 10, C. Th., VUE, IV, De cohortalihus (avec le commenUiire) ; VIII, 1, De numer, et exceptoribus ; et 1. 17, G. Th., YUI, vu, De dhersU officii». On trouve dans les inscriptions des librarii juridicundo, des Ubrarii prxfecU, etc. (Fabretti, lU, 555, p. 212.) Âmmien nous montre les notarii courant porter au César Gallus les interrogatoires de ceux qu'il faisait juger. (Amm. Marc. IIV, 9, § 3.)

2. Une inscription de Mayence nous montre un phaetectos fabroruh qui devient tribun de légion. (Intcr, Rhenif 416.)

5. iVoitï dignit. I, c. xv et C. Th., VUI, i, De numerariis. — amutor TAKUL. A KAi(iombuê). (Orelli, n* 2834.) scriba a ratioit. aedipicior. (Doni, Yui, 7.) Cf. Amm. Marc. XXVIII, I.

ni. — 0

{inspeclores)^ qui devaient redresser les erreurs du premier travail^; les contrôleurs (tabularii)^ qui tenaient les registres des contributions et en délivraient les extraits aux percepteurs*. Ces percepteurs étaient généralement nommés par la curie, à ses risques et périls ; mais Tadministration avait, en outre, des agents de contrainte, d'exécution (compulsores ^ exseciUores) pour presser les retardataires * , des agents de perquisition {discussores) pour recherclier les débiteurs du fisc ^. Il en était de l'annone comme des autres impôts. Les citoyens chargés de la recette (8usceptore8)j ou, quelquefois, d'autres fonctionnaires tirés de TofBce public', devaient

1. G. Th., VI, m, De prœdiii tenoiortcm, 1. 3 et 5 (396); lUI, x, Dt centu, 1. 1 ; Illi, xi, De cemUaribut, perœquatorilnu el inspedoribus; et la note 28 à la fin de ce volume.

2. G. Th., ÎI, Tn, De exactoribus, 1. 13 (58S), 1. 16 (401); VUI, x. De conaueUmUnu advoaUoruniy I. 3 et 4. Il faut remarquer que les mêmes noms (numerarii, tabularu^ par exemple) peuvent se trouTer dans plusieurs branches du service public. Il y avait des agents comptables, des contrôleurs, etc., à peu près dans toutes les parties de l'administration; on trouve un soldat de la xxx* légion qui était ou avait été prmfecius librariorum, (Inscr, Rhenif n* 675.) Grand nombre de tabtdarii^ de scribes de toute sorte, libres ou affranchis, sont mentionnés dans ces inscriptions. Nous nous bornons encore à renvoyer aux tables du Corpiu Irucr, latinanan.

5. G. Th., XI, i, De annonU et tributU, 1. 34 (429) ; VID, nn. De exieculoribusj 1. 3-5; cf. Amm. Marc. XIII, 6, § 1. On les prenait parmi les appariteurs et aulres officiers publics (L. 9, etc.) « ut nec ff praefectianus nec prsesidialis apparitor ad solvendum quemquam ff urgeret. » (Âmm. Marc. XVII, 3, § 6 ; cf. XXII, 6.) Une inscription du temps d'Auguste est consacrée par un vicarius à un affranchi exactor TRiBim>RUM en Helvétie (Inscr. Rheni, n" 562.) Gf. Gruter, p. 169, 5, et p. 627, 1 : « coACTOR argent, viator consular. et prabt. »

4. G. Th., XI, XXVI, De discussorihus. Cf. H. Naudet, t. I, p. 182, et Baudi di Vesme, Des impositions de la Gaule dans les derniers temps de V empire romain, traduit par M. Laboulaye dans la Revue bretonne,

5. Q. «AHiLio I c. F. CQRDo c(eniurioni) \ leg. xxi rapac. | prabf. equit. I exact, tribut, civitat. oall. (Orelli, n* 3341. Gf. 1. 7, 9 et 20,

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garder les matières reçues dans les greniers de l'État ou dans les lieux de dépôt désignés^; et une nouvelle série d'agents , rattachés à Tadministration militaire, avaient pour emploi de les faire passer dans les distributions habituelles : le subscribendarius qui, au nom des chefs de corps, ordonnait une répartition et en fixait la quantité ; les actuarii qui tenaient les comptes des soldats et attribuaient à chaque fraction de la légion (numerus) sa part d'annone ; les diuimarii qui remettaient à chacun le bon donnant droit à une portion déterminée'; Voptio qui prenait les vivres et les matières des mains du collecteur ou du garde-magasin; Yopinator qui, en cas de retard, en pressait la livraison : des annonariij peut-être les mêmes que les optiones, en faisaient la distribution'. Tout le service inférieur de cette administration des provinces se groupait, dans sa variété, sous trois noms généraux, appariteurs j officiâtes^ coAorto/e^. Le titre d'appariteur était le plus ancien : c'était le nom des agents qui suivaient jadis les proconsuls dans leurs provinces; et

C. Th., Xn, Yi, D^'itucepioribus, Ils étaient chargés de lever les espèces de Tannone (1. 9), les prestations en vin ou en vêtements (1. 4, 15, 51 ; cf. VU, VI, De milit. veste), les matières d'or ou d'argent (1. 2, 12, etc.) Cf. Âmm. Marc. XVH, 10, p. 172.

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