L'ESCLAVAGE DANS LES COLONIES (1847). CXI
gée de les examiner s'estdivisée entre ces deux partis. La majorité veut l'émancipation simultanée au terme fixe de dix ans, avec un système de mesures propres à maintenir le travail; la minorité préfère une émancipation progressive, dont elle fixe d'ailleurs le dernier terme à vingt ans. La liberté simultanée a une grande supériorité morale. Elle atteste plus authentiquement la reconnaissance du droit des esclaves et leur donne une plus solennelle réparation ; mais en même temps elle les pose, en quelque sorte, en masse vis-à-vis de leurs anciens maîtres, et peut rendre moins facile, par l'exigence du nombre et les dangers d'un retard dont les colons pâtiraient seuls, le règlement des rapports nouveaux qui doivent se rétablir entre le propriétaire et l'affranchi'. Instituez encore, au delà de Taffranchissement, une période nouvelle d'engagement forcé, vous ajournerez, vous diminuerez peut-être la difficulté, vous ne l'aurez pas complètement résolue. L'émancipation progressive échappe à ce péril, et cette raison, développée par M. Agénor de Gasparin, nous paraît d'un certain poids en sa faveur* D'ailleurs, l'expérience de ces dernières années nous apprend que, pour arriver au plus vite à l'émancipation, le plus sur n'est pas d'en marquer le terme dans un avenir plus ou moins prochain, mais d'en bien poser le commencement dès aujourd'hui.
Le gouvernement n'a adopté encore ni l'un ni