CL INTRODUCTION
soit en travail, selon les bases des lois citées. Mais nous nous bornerons là : douze ou quinze années d'un travail de novice pour dix ou douze années de soins que Ton a reçus, c'est bien ; mais quarante ou cinquantis ans d'un travail exercé, pour quelques années de loisirs où beaucoup n'atteindront pas, c'est trop.
Cet affranchissement des enfants à naître, si facile à justifier à l'égard des maîtres, l'est-il moins à l'égard des esclaves? On pourrait le craindre quand on se rappelle comment la proposition en a été accueillie par les abolitionistes les plus résolus. On a jugé contraire à l'ordre une situation qui place des fils libres à côté de parents esclaves. Mais cela est-il donc si rare et si choquant dans le régime des colonies*? Craint-on que la mère ne regrette de n'avoir pas donné à son maître la propriété de ses enfants, quand on voit, pour cette raison, des femmes répugner au mariage * ; quand on voit des parents esclaves employer leurs épargnes à les racheter'? el l'enfant respectera-t-il moins sa mère, parce qu'elle lui aura donné la liberté avec la vie*? On a trouvé inique de laisser dans l'es-
i . Duc de Broglie, Rapport, etc.
2. Le père Dutertre, cité par M. Tabbé Dugoujon, p. 65, el M. Fabbé Castelli, p. 122.
5. « On voit souvent arriver qu'un bon sujet, décidé à mourir chez son vieux mailre et dans la condition dans laquelle il a vécu, achète et fait successivement affranchir ses enfants. \t Rapport au Conseil de la Guadeloupe (10 décembre 1838). AviSy etc., p. 112.