‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 13 sur 366 · L'ESCLAVAGE DANS LES COLONIES (1847). XVII · texte numérisé non relu

L'ESCLAVAGE DANS LES COLONIES (1847). XVII

Toutes ces raisons, il est vrai, feront sourire les défenseurs de l'esclavage. Nous parlons de droit naturel et nous vivons dans la société ! Or on sait, disait un membre du conseil colonial de la Martinique, « on sait que ces quatre mots : droit naturel, ordre social, impliquent contradiction; que les choses qu'ils indiquent ne peuvent exister ensemble; que Tune finit où Tautre commence; qu'il n'y a aucun tribunal institué par l'humanité pour appliquer un droit qui varie suivant chaque homme, et qui n'est écrit nulle part ailleurs que dans sa conscience. Il faudra donc en appeler à la force brutale, qui deviendra la seule autorité compétente*. » — Ainsi le droit naturel est bon pour les sauvages, et le progrès de la civilisation consiste à sortir de son domaine pour établir à rencontre un droit de convention. Nous n'avions jamais pensé, nous l'avouons, que tout

Espnt des lois, XV, 2.) L'auteur condamne de même l'esclavage résultant du droit civil et du droit de naissance. Ce passage du chapitre VI, dont on a voulu se servir pour faire de Montesquieu un partisan de Tesclavage doux et modéré comme on aime à le montrer aux Anrilles, ne peut s'entendre, que d'une servitude temporaire « fondée sur le choix libre » et résultant d'une convention réciproque, comme le dit expressément l'auteur. Cela n'a rien de commun avec l'esclavage véritable, dont il avait si clairement ruiné les principes, quelques chapitres plus haut.

.1 c La victoire alors, ajoute-t-il, proclamera sa décision par des cris de mort et à la lueur des incendies. C'est ce que veulent les abolitionnistes, » etc. (Séance du i'^ novembre 1839. Avis des conseils coloniaux sur es questions relatives à Vesclavage. Imprimerie royale.)

Page 1