L'ESCLAVAGE DANS LES COLONIES (1847). CLXI
tout des refus de travail. Le gouverneur de la Martinique n'ose pas répondre qu'il ne s'établisse pour la prochaine récolte un concert plus embarrassant dans ces résistances. « La force d'inertie, dit-il, qui est bien celle qui paraît être conseillée aux esclaves, est un élément puissant de désordre, d'autant plus à craindre qu'il offre peu de prise à l'action du gouvernement. C'est celui que je redoute le plus. » M. le gouverneur est un bon militaire; on voit comme il comprend l'action du gouvernement*. Mais, si le gouvernement, sans avoir moins de confiance dans ses armes, a moins ledésird'en user; si, vraiment résolu à l'abolition de l'esclavage, il ne pense pas qu'il convienne de recourir au canon pour le maintenir provisoirement, sa conduite est encore ici imprudente et aveugle. Garces lenteurs, qui, va faisant douter de ses intentions, risquent de jeter les
même point, et dans les communes qui donnaient le plus d'inquiétude, que Ton imposerait aux meneurs de ces désordres. L'emploi de petits postes détachés était inefficace. 7- J'ai augmenté la garnison de Saint-Pierre, etc. » (lettre du 26 décembre 1846). — Une dépêche du U janvier annonce que les fêles de Noël se sont encore bien passées. L'état de tranquillilé du pays, ajoute le gouverneur, est « salisfaisanl. » (Compte renduy p. 61 et 62.)
i. Celte impuissance de la force armée contre la force d'inertie démontre pourtant au gouverneur qu'il serait urgent de recourir à la force morale (Compte renduy p. 58). Le procureur général se donne un mal infini à découvrir les auteurs de ces instigations à l'inerlie, dénoncés par le gouverneur. Il avoue qu'il n'a pu réunir à ce sujet « des données suffisantes pour servir de base à wwq conviction » (ib'uL, p. 59). Mais n'a-t-il pas ce grand coupable, partout, devant les yeux? C'est l'esclavage,