Job, XIV, 11. Voyez la poétique traduction de M. Dargaud
4. « Si contempsi subire judicium cum servo raeo et ancilla mea « cum disceptarent adversum me. Quid enimfaciam, quum surrexerit « ad judicandum Deus? et, quum quapsierit, quid respondebo illi? « Nuroquid non in utero fecit me, qui et illura operatus est et forma- « vit me in vulva unus I » (Job, xxxi, 13-15.)
dans sa loi. Quelle autorité ne donne point à cet usage une parole que les chrétiens révèrent comme la voix même de Dieu ! L'esclavage, s'il n'était auparavant qu'un établissement humain, n'est-il point devenu par là une institution divine ?
Montesquieu a répondu : cr Quand la sagesse divine dit au peuple juif : « Je vous ai donné des préceptes qui ne « sont pas bons, » cela signifie qu'ils n'avaient qu'une bonté relative ; ce qui est l'éponge de toutes les diflficultés qu'on peut faire sûr les lois de Moïse ^ » La loi de MoLse, loi de Dieu, n'est pas un idéal proposé aux législations humaines ; c'est une loi pratique, la loi spéciale du peuple hébi^u ; et par conséquent, avec ces maximes de morale universelle qui obligent tous les hommes dans tous les temps, on y trouvera des institutions propres aux enfants d'Israël. Loi particulière, elle doit s'accommoder aux mœurs, accepter les usages, « a cause de la dureté du cœur, » 06 duritiem cordis; mais, tout en les acceptant, | elle les domine et les transforme en vertu du principe divin qu'elle a pour fondement.
Ce principe se résume dans les premiers mots de la loi : « Je suis le Seigneur, ton Dieu ; » et il repose sur deux faits : c'est Dieu qui a tiré les Israélites de la terre d'Egypte ; c'est Dieu qui les introduit dans la terre promise. Les Israélites sont donc à lui corps et biens. Voilà la base de tout leur droit civil, droit des personnes, droit des choses; voilà la règle qui, chez eux, modère ce que, chez tous les peuples, il a eu d'exclusif et d'absolu.
Ainsi la loi donne autorité à l'homme sur la femme ; elle maintient même la polygamie, tout en la modérant