‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 152 sur 366 · Dftrf. XV, i3-i · texte numérisé non relu

Dftrf. XV, i3-i

2. « Quod si dixerit servus : Diligo dominum meum et uxorem ac « liberos, non egrediar Hber ; Offeret eum dominus diis, et applicable c lur ad ostium et postes, perforabitque aurem ejus subula ; et erit ei « senrus in saeculum. » {Exode, xxi, 5-7); cf. Dtut, xv, i6-18.

5. Dans le cas de Ttlxode, le refus de Tesclave semble excusé par Tamour de cette famille nouvelle quMl a reçue dans la servitude et qi]*il y doit laisser en partant, si la femme qui lui a été donnée est

16 LIVRE I. GUAPITRE I.

En le condamnant pour toujours à servir, comme il l'avait voulu, Moïse lui conservait d'ailleurs pour toujours aussi les avantages qu'il avait préférés à la liberté. Il restait esclave sous la garantie de la loi ; elle défendait de le vendre hors du pays^ et le préservait ainsi des rigueurs de Tesclavage ordinaire ; par là même la perpétuité à laquelle il était condamné pouvait avoir pour lui un terme. Sous l'empire de la loi de Moïse, en effet, les prescriptions du Jubilé étaient sans exception ; elles rendaient toute terre à son mailre, tout Israélite à lui-même; et elles lui assuraient, avec la liberté, les moyens d'y suffire : « car les enfants d'Israël sont mes esclaves, » dit le Seigneur, înei enim sunt servi filii Israël*. Voilà le secret de ce droit remarquable qui, tout en semblant respecter Tinstitution de Tesclavage, en supprimait la rigueur et en changeait la nature : digne précurseur d'une loi nouvelle qui devait étendre à tous ce que Moïse restreignait aux Hébreux ou aux esclaves des Hébreux.

Entre la loi chrétienne et la loi des Juifs, toute pleine du même esprit et marchant au même but, il y a pourtant, sur la question de Tesclavage, des différences qui tiennent 5 leur caractère propre et à leurs moyens d'action. L*Évan-

une esclave élrangère, appartenant absolument au maître. Voyez sur CCS asservissements à perpétuité de Tesclave hébreu toutes les conditions et les règles que le Talmud ajoute à la loi (Zadoc Kahn, rEsclavage selon la Bible et le Talmui^ p. 27).

i. Exode, XXI, 8. La clause mentionnée dans ce cas particulier semble être générale. Cf. Lévit xxv, 42.

2. Lévit, XXV, 40 et 55. Cf. Jos. Ant, Jud. 111, xn, 3, et les docteurs juifs, cités, par M. Zadoc Kahn, 1. 1., p. 51, 52. Selon la tradition talmudique, la mort du maître rendait l'esclave hébreu à la liberté : il devait seulement, si le maître avait un fils, achever auprès de lui le temps de son service. Mais ceUe réserve ne s*appliquait ni aux filles héritières ni aux collatéraux. {Ibid,^ p. 57.)

gile n'est pas seulement une loi civile faite pour une société particulière et commandant avec l'autorité du pouvoir politique : c'est une loi morale, parlant à tous les hommes et se ralliant tous les esprits sous toutes les formes de gouvernement. Il ne touche donc pas à leurs institutions, et il n'ordonne point en une seule fois la suppression de l'esclavage ; mais il pose les principes de Té^ galité des hommes devant Dieu, et introduit dans les mœurs ces sentiments de fraternité qui devaient l'établir dans la société elle-même. Moïse, au contraire, commande comme

chef et comme législateur de la nation ; mais les restrictions qu'il imposait à la coutume des Hébreux, bien que placées sous la sanction de la loi civile et de la loi religieuse, ne pénétrèrent point facilement et ne demeurèrent pas toujours dans les habitudes de ce peuple à la télé dure, durissimx cervicis. La guerre avait donné des esclaves étrangers : Les rois eurent des eunuques comme l'avait prévu Samuel \ On en trouve même sous David, si toutefois le nom ne se doit pas entendre, dans un sens plus général, des olficiers inférieurs de la maison du roi*. On en trouve jusqu'à la transmigration de Babylone' ; et les eunuques à Jérusalem comme ailleurs surent obtenir les charges les plus importantes. Un eunuque était chef des gens de guerre lorsque Jérusalem succomba avec Sédécias\ Leur condition n'en était pas moins proscrite par la loi, et Moïse, on a vu pourquoi, les avait repoussés des

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