‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 162 sur 366 · Loii de Manou, I · texte numérisé non relu

Loii de Manou, I

3. c Un soudra qui ne trouve pas Toccasion de servir un dwidja (homme purifié des trois premières classes) peut se livrer, pour vivre, aux travaux des artisans; si sa femme et ses enfants sont dans le besoin^ qu'il exerce, de préférence, les métiers (comme celui de charpentier), et les différents arts (comme la peinture), parle moyen desquels il peut rendre service aux dwidjas. • [Ibid.y X, 99 el 100.)

. i. Ibid,. 129.

sa destination naturelle, en Tinvitant à entrer au service d*un brahmane, ou du moins d'un kchatrya *. C'était le devoir du roi de Ty forcer*; c'était le droit du brahmane de l'y réduire : « Qu'il oblige un soudra acheté ou non acheté à remplir des fonctions servilcs ; car il a été créé pour le service des brahmanes par l'Être existant de lui-même*. » Nulle garantie contre cet asservissement, nul droit dans l'esclavage : une épouse, un fils et un esclave (car toutes les servitudes existaient dans ce pays) sont déclarés par la loi ne rien posséder par eux-mêmes ; tout ce qu'ils peuvent acquérir est la propriété de celui dont ils dépendent. <x Un brahmane, » continue le législateur, « peut, en toute sûreté de conscience, s'approprier le bien d*un soudra, son esclave , car un esclave n'a rien qui lui appartienne en propre, et ne possède rien dont son maître ne puisse s'emparer * ; » et cette misère était sans fm : « Un soudra, bien qu'affranchi par son maître, » dit la loi, « n'est pas délivré de l'état de servitude, car, cet état lui étant naturel, qui pourrait l'en exempter*? » En récompense de ses services, le brahmane devait lui

1 . « Un soudra qui désire se procurer sa subsistance (et ne trouve

pas Toccasion de s'attacher ù un brahmane) peut servir un kchatrya,

ou bien (au défaut de celui-ci), qu'il se procure des moyens d'existence

en se mettant au service d*un vaisya. Qu*il serve un brahmane, dans

Ti^poir d'obtenir le ciel, ou pour le double motif (de se procurer sa

bsistance en ce monde et la félicité dans Tautre). » — Servir des brali-

l les est déclaré Faction la plus louable pour un soudra ; toute autre

^ 'e qu'il peut faire est pour lui sans récompense. (Lois de Manou^

"à. c Que le roi prescrive au soudra de servir les dwidjas. » [Ibid., VIII, 4i0.)

5. Ibid., VIII, 413» On voit à quoi se réduit l'assertion de Strabon, que les brahmanes, faute d'esclaves, se faisaient servir parleurs enfants (XV, 712).

Page 1