‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 167 sur 366 · Kd. Biot, Mémoirecité. p · texte numérisé non relu

Kd. Biot, Mémoirecité. p

*i. La femme de second rang pouvait èire vendue après la mort de c«»lui qui l'avait achetée (Mâmoira sur les Chinois, t. IX, p. 58, et Éd. Biot, Mém. nM. p. 2r.2K

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pour leurs maîtres ; les Irails nombreux de leur dévouement font un article à part dans les collections historiques : enseignement pour les esclaves, mais plus encore pour les maîtres, qui devaient, par leur humanité, mériter d'en être l'objet à leur tour*.

Ce qui contribua beaucoup à tempérer la condition des esclaves, c'est qu'ils étaient relativement peu nombreux, et la raison de ce petit nombre est la prépondérance du Iravail libre. L'esclavage et le travail libre n'ont jamais pu marcher de front. Le plus souvent l'esclavage remporta ; mais un heureux concours de circonstances mit obstacle en Chine à ce funeste ascendant. En aucun pays, en effet, le travail ne fut plus généralement répandu, plus anciennement constitué. Excepté les lettrés, les mandarins et les princes, tout, dans cette vaste contrée, était peuple, c'està-dire homme de travail. Il en résultait qu'on y éprouvait, moins que partout ailleurs, dans les familles le besoin d'esclaves, et chez les pauvres la nécessité de servir. L'esclavage était moins souvent imposé comme dernière ressource aux pauvres; car l'exercice des métiers et la petite culture, ménagés par l'opinion publique et protégés par la loi, leur offraient des moyens de vivre sans leur ôler l'indépendance. L'esclavage était. moins recherché dans les familles ; car, les objets de consommation étant fournis par le travail du dehors, il n'était plus réclamé que pour le service des personnes : or les devoirs rigoureux de la piété filiale imposaient aux enfants une servitude volontaire : « Un fils qui aime de cœur son père et sa mère est infatigable, » dit le Chou-King. Avec eux les femmes de second rang, véritables servantes, inférieures à leurs propres en-

I. Mémoire» mrlen Chinois, t. Il, p. 408-415. Éd. Biol, p. 27riet 297.

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fants^ pouvaient suflirc aux soins domestiques dans les maisons peu fortunées; et quant aux riches, ils trouvaient facilement, au prix d*un salaire, des serviteurs gagés pour leur usage personnel, comme des mercenaires pour cultiver leurs champs. Sous les premiers Tchcou (1122-248 avant J.-C), on ne voit même que des hommes libres au service des familles. Une ordonnance des Thang semblait limiter à une année la durée de leur engagement ; une autre loi des Soung la fixa à cinq ans, et les gages se payaient soit par mois, soit par année : ils formaient une classe à part, aflranchie de l'impôt*.

Dans cette position dépendante, leur liberté, sans doute, put être plus d*une fois compromise ; les termes du contrat les protégeaient mal contre le caprice ou l'intérêt du maître, quand les troubles intérieurs suspendaient l'action des lois. C*est ainsi que des familles de colons se virent retenues arbitrairement sur les terres qui les avaient librement recueillies, comme il arriva dans Tempire romain, sous une influence analogue et à peu près dans le même temps (280-400) : véritable servage dont les Tsin orientaux, vers 375, réglèrent les devoirs et les droits (3). Mais, en général, Tintérét des maîtres, loin de réclamer ces violences, se conciliait beaucoup mieux avec le régime de liberté. Quand la population d'un pays est tellement serrée que la terre suffit à peine à la nourrir, il ne faut point de loi pour retenir le colon à la glèbe; c'est le pain de sa famille. Sa condilion fait l'envie d'une foule affamée; el, pour ceux qui ne trouvent de place ni dans les travaux des

1. Mémoires sur les Chinois, t. IV, p. 16-20. La feniine de second rang est figurée, dans récriture, par l'image de la fille, à côté du caractère rfcftoti/. Mém. sur les caractères des Chinois, ibid., t. IX, p. 515.

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