‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 17 sur 366 · XXII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXII INTRODUCTION

cession de hordes turques passant bien moins encore de l'esclavage à la civilisation que de la civilisation à l'esclavage ; puis les féroces Mongols promenant la mort et la servitude depuis les royaumes nouvellement établis aux bords de la Méditerranée, de la Caspienne et de la mer Noire, jusqu'aux vieux peuples de l'Inde. Même spectacle parmi les races européennes. Les Pélasges, qui ont développé dans la Grèce les germes de la civilisation, sont chassés ou asservis par les Hellènes encore incultes. Ces Achéens illustres qui ont fait la guerre de Troie et l'âge héroïque de la Grèce, ces compagnons d'Âgamemnon, d'Achille et de Ménélas, ces fils des Dieux, sont les esclaves des temps historiques. Quels sont les étrangers qui leur sont associés dans le cours de cet âge? Quelques hommes de la Thrace, ancienne patrie d'Orphée; beaucoup de l'Asie Mineure et de la Syrie, de ces contrées qui avaient su donner tant d'éclat à leurs institutions indigènes (témoin les récits d'Hérodote et les tableaux de la Bible), et qui, après Alexandre, s'ouvrirent aux arts de la Grèce, sans trouver pour leurs populations plus de garanties. Mais les villes mêmes. de la Grèce, et les plus illustres, ne payaient-elles point encore leur tribut au recrutement de l'esclavage ? Ainsi rétablissons cette vérité qui n'aurait jamais dû faire un doute : l'esclavage a jeté plus de races de la civilisation dans l'abrutissement, qu'il n'en a élevé de la barbarie à la vie policée. Son rôle dans le monde est de détruire au contraire le travail de la civilisation, de niveler

Page 1