Ibid., VIII, II
4. Ctésias (ap. Àthén., Ml, p. 530) dit qu*Ànnarus, un des officiers du roi, esclave lui-même, en réunit 150 dans un festin. Parménion écrÎYit à Alexandre qu'il avait trouvé dans la suite de Darius, à Damas, 329 femmes musiciennes du roi, 46 hommes pour dresser des couronnes, 277 cuisiniers, 20 aides, 15 pâtissiers, 17 hommes employés à préparer les boissons, 70 pour filtrer le vin, 40 parfumeurs. {Ibid,, XIII, p. 608, a.) — Les femmes d*Arlabate et de Mentor avaient, dit-on, à leur service des femmes nommées climacides parce qu'elles leur servaient de marche-pied ou de degré (xXîtxa^) pour monter dans leurs chars. (Cléarque, ap, Athén., VI, p. 256, d.)
58 LIVRE I. CHAPITRE f.
d*ordinaire un condamné à mort. La loi avait aussi cherché à modérer les abus de la puissance des maîtres : c II n^est permis à aucun Perse, dit Hérodote, de punir un de ses esclaves d'une manière trop atroce pour une seule faute ; mais si, après un examen réfléchi, il se trouve que ses fautes sont en plus grand nombre et plus considérables que ses services, son maître peut alors suivre les mouvements de sa colère*. » C'est à la colère que la justice confiait ses droits! Et la colère se soumit-elle toujours aux lenteurs de cet examen ? On peut donc croire que la condition des esclaves, chez les Perses, fut assez dure. C'est ainsi qu'elle était encore, après tant de révolutions, dans leur nouvel empire, aux derniers siècles de Rome*.
L'esclavage, qui endurcissait les cœurs, eut aussi pour effet d'énerver les âmes et d'amollir les courages. La même cause qui avait transformé les classes nobles, agissant sur les classes inférieures, leur inspira, avec l'envie des richesses, le dégoût du travail ; malgré la faveur de la religion et la protection officielle des gouverneurs et du prince, les Perses en vinrent à négliger l'agriculture et à mépriser les métiers '. Ces soins retombèrent donc à la charge des esclaves et le métier des armes ne leur était même pas refusé. Xerxès, après la revue de ses troupes, ne voulait pas croire que les Grecs marchassent contre lui, étant libres et n'ayant personne qui les y forçAt à coups de fouet*. C'est que, dans celle multitude que le grand roi entraînait après lui, beaucoup déjà étaient esclaves, et un plus grand nombre n'en différaient guère*. La cavalerie môme, qui devait comprendre encore alors l'élite de la nation, finit
1. Hérod. I, 137. - 2. Amm. Marcell. XXIII, 6, p. 7^S\. 3. Hérod. II, 167. — 4. Bérod. VII, 105.
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par s'ouvrir aux esclaves. «Aujourd'hui, dit Xénophon, les grands, dans le dessein de profiter de la solde, transforment en cavaliers leurs portiers, leurs boulangers, leurs cuisiniers, leurs baigneurs, les valets qui servent et desservent leurs tables, qui les metlent au lit ou qui les réveillent, qui les habillent, les frottent, les parfument, en un mot, ont soin de tout leur ajustements » Et plus tard, dans l'empire qui reprit la place de l'empire des Perses, chez les Parthes, au temps môme de Crassus, la plus grande partie de Tarmée se composait, dit-on, d'esclaves : d'esclaves, il est vrai, traités comme des hommes libres, élevés dans chaque famille avec les mêmes soins que les enfants. Justin prétend que, dans l'armée qui combattit Antoine, sur cinquante mille cavaliers il n'y avait que quatre cents hommes libres'.
La désorganisation était donc chez les Perses au fond de la société. A cette sourde action de l'esclavage, qui, répandu dans les fonctions inférieures, ruinait les bases de l'État, joignez l'influence plus décisive de ces esclaves de cour qui faisaient les révolutions du palais, et vous aurez une des causes de cette rapide tlécadence de l'un des plus florissants empires.