Xénoph., Cyr,, VIII, viii
2. Exercitum non, ut aliae gentes, liberorum, sed majorera parlem servoriim habent ; quorum \ulgus, nulli manumiltendi potestatc permissa, ac per hoc omnibus servis nascentibus, in dies crescit. Hos pari ac liberos suos cura liabent, et equitare et sagittare magna industria docent. Locuplelissimus ut quisque est, ita plures inbello équités régi suo praebet. Denique Antonio beilum Parthis inferenti quum quinquaginta millia equitum occurrerent, soli CCCC liberi fuere. (Justin, XLI, 2.)
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Comme on vient de le voir par ce rapide aperçu, pour rOrient, cet antique berceau du genre humain et de la civilisation du monde, Torganisation sociale se résume en deux mots qui sont, pour ainsi dire, les deux termes d'un même rapport: despotisme, esclavage. Despotisme du père, soumission de la femme et du fils ; despotisme dumailre, dépendance absolue de Tesclave. Mais gardonsnous de ramener ces deux faits au même principe, parce qu'ils ont peut-être quelque analogie dans la réalité. Le despotisme du père est Texagération d'un droit naturel; le pouvoir du maître est un outrage à la nature. Si la nature commande au fils Tobéissance, en raison de la vie qu'il tient de son père et au nom même de l'autorité qu'il doit un jour exercer sur ses enfants, elle n'admet pas entre les hommes cette distinction de rang sans compensation ni réciprocité, où tous les droits sont à l'un et tous les devoirs à l'autre.
Vainement quelques lois religieuses, érigeant en système les éléments de cette inégalité factice, consacrèrent, par l'autorité du dogme, toute la rigueur des conséquences qui eîi dérivaient ; vainement, chez d'autres peuples, au contraire, les habitudes de la vie de famille vinrent tempérer la dureté de ces relations : aggravé ou adouci, l'esclavage n'en est pas moins un droit de violence, c'est-àdire le contraire du droit, car le droit suppose la justice, qui veut l'égalité.
Mais ces formes oppressives ne sont point exclusivement le partage de l'Orient : nous les retrouverons jusque dans
DE L'ESCLAVAGE EN ORIENT. 6i
les pays où la civilisation, née peul-èlre aux mômes sources, se développa sous une influence loufe contraire. La Grèce, dontl'aclion au dehors fut une lutte contre l'Asie pour la repousser ou la conquérir, sembla ratlaclicr à la condition du travail des esclaves le mainlien de ses libertés publiques, la culture des arts libéraux et le progrés de la pensée ; et Rome, qui reprit après elle cette œuvre de civilisation, n'en changea point les bases, et les étendit même par la conquête du monde. La noble et féconde intelligence de la race hellénique, le génie de Rome, si grave et si mûr, s'accordaient en ce point: l'égalité des hommes était rejetée dans le passé fabuleux de l'âge d'or ; et l'on devait désespérer de l'avenir, quand la raison elle-même, par la voix des philosophes les plus illustres, par l'organe des jurisconsultes les plus justement admirés, semblait approuver l'esclavage, et s'avouer impuissante à é!ablir la société sur d'autres fondements.... Mais le christianisme saura lui venir en aide. Â la lumière de cette divine parole, qui éclaire et qui échauffe les âmes, il révélera le vice de l'institution, en fera sentir les misères : cl, à la fin, maître, non pas seulement du pouvoir qui fait les lois, mais des esprits et des mœurs qui les font vivre, il réalisera ce grand principe de justice, appliquant ce que Moïse réclamait pour les enfants d'Israël à tous les fils du vieil Adam.
KHCt.WAGK EN GRÈGË*. — DB l'eSCLAVAGE AUX TEMP^»