‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 19 sur 366 · L'ESCLAVAGE DANS LES COLONIES (1847). XXV · texte numérisé non relu

L'ESCLAVAGE DANS LES COLONIES (1847). XXV

forces de l'âme, il supprime la personnalité, il fait d'un homme une chose. Il pourra bien quelquefois lui donner plus de valeur comme chose, le perfectionner comme instrument; il pourra de même gouverner ses mouvements extérieurs, composer son maintien, et en apparence régler sa conduit^. Mais là n'est pas l'homme ; l'homme moral lui échappe, car il l'a renié ; et, quelque forme qu'il arrive à lui donner, ce ne sera jamais qu'une machine vivante. Les anciens avaient la franchise de l'avouer, quand ils appelaient les esclaves des corps [dâ^ixarx).

Il y a une âme pourtant dans ce corps, quoiqu'on veuille l'oublier. 11 y a une force intérieure, une volonté dont il faudra bien tenir compte ; et le but suprême de l'esclavage, ne pouvant la détruire, est de l'enchaîner à la volonté du maître t c'est en lui qu'il transporte, pour cet être avili, le principe de la conscience, de la personnalité. L'esclave n'est plus qu'un rejeton enté sur la personne du maître. Le maître est tout pour lui : famille, patrie. Dieu, arbitre souverain du juste et de l'injuste; toute l'existence de l'esclave se confond et s'absorbe dans cette vie supérieure :

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Toute sa vertu consiste à obéir.

Quel fruit devait produire un tel système au scinde

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