‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 196 sur 366 · Eurip,, HécubCy · texte numérisé non relu

Eurip,, HécubCy

Diomède, de Ménélas et d'Agamemnon, réduisant en servitude tout ce qui n'éinigra pas devant eux ; et ces émigrations, continuées hors de la Grèce, et suivies de près par les vainqueurs eux-mêmes, en disséminant la race hellénique sur tous les rivages, y portèrent souvent aussi les droits et les charges de la conquête.

En même temps que l'esclavage prenait cet accroissement sous les races belliqueuses, il entrait plus avant dans Féconomie des villes qui s'élevaient par le commerce et par les arls de la paix. L'esclave, instrument de production, devenait aussi plus nécessaire au service domestique dans toutes les classes de citoyens, parmi les soins de l'industrie ou du négoce, comme au sein des loisirs que la richesse, fruit du travail, leur avait assurés. Ainsi un nouveau genre de servitude, un nouvel emploi de lesclavage, une application plus large et plus étendue de l'usage auquel il répondait autrefois, telles furent les causes qui durent accroître le nombre des esclaves et modifier aussi leur position. Voyons ce qu'ils devinrent dans ces deux principales catégories : asservissement de peuples, esclavage de personnes.

Quand un peuple s'établit par la force armée au milieu d'une population qu'il a soumise, les relations des anciens et des nouveaux habitants varient nécessairement selon les rapports d'origine, de nombre et d'organisation, qu'ils ont entre eux. Des peuples de même langue se rapprochent plus volontiers; des vainqueurs peu nombreux se fondent plus facilement parmi les vaincus. Mais il y a des principes d'organisation qui annulent l'aftinité du langage comme l'attraction du nombre, et perpétuent la séparation que la conquête a tracée. Dans la Grèce, les populations établies

par la force des armes gardèi*ent en général leur humeur belliqueuse, et les institutions qui les avaient fait vaincre leur parurent aussi propres à maintenir leur domination. Ainsi elles restèrent armées ; mais un État n'est constitué que lorsqu'il réunit toutes les conditions nécessaires à la. vie. En même temps qu'elles retenaient pour elles le droit de porter les armes comme privilège, elles durent imposer le travail aux populations soumises : « Vaincre à la guerre, c'est le propre des hommes, disait un personnage de Ménandrc; cultiver la terre est Tœuvi-e de l'esclave*. »

Les Thessaliens, en s'établissant dans le pays qui dès lors prit leur nom, furent bien loin d'en occuper toute l'étendue. Plusieurs peuples, les Perrhèbcs au nord, les Magnètes à l'est, les Achéens Phthiotes au sud, perdirent de leur indépendance sans perdre toutefois leur nationalité. Quoique tributaires et sujets des Thessaliens (uicifjxost)', ils siégeaient avec eux au conseil des amphictyons'; et, dans la guerre médique, Hérodote les range parmi ceux qu'on jugea responsables de leur adhésion à la cause de Xerxès*. Mais, dans le cercle de ces populations tribulaires, à qui Xénophon donne le nom de périèques^^ plusieurs avaient subi une condition plus dure : c'étaient celles qui avaient surtout porté le poids de la guerre, et qui, dépossédées de leur territoire par les vainqueurs,

1. Ménandre, ap, Stob., floril , LVII, 3. Le travail le plus étendu sur la condition des peuples asservis eu Grèce, principalement chez les Doriens, est l'ouvrage d'Otfr. Mûller sur cette race (die Ihrier), Nous devons beaucoup à sa vaste érudition.

2. Thucyd., IV, 78; II, 101; VIII, 3. Cf. Xénoph., Hellen,,yi 1, 19.

3. Eschiuo Sur rambouadcy p. 285. Les Thessaliens y avaient sans doute pris la place des peuples dont ils avaient occupé directement le sol.

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