Tile Live, XXXIV, 29; XXXVUI
2. Paus., m, XXI, 6. Dix-huit, qu'il nomme, retenaient ce privilège; les autres obéissaient encpre à la loi de Sparte.
rOPULATIONS ASSERVIES. ^ SE^IYAGE EN GRÈGE. 105
quement impossible. Ce ne serait pas le seul exemple d'une ville donnant son nom à une classe où ses habitants auraient principalement figure : témoin, nous le verrons, les Ornéates, à Argos, et les Cérites, à Rome ; mais cette explication, acceptable en histoire, est repouss^je par la grammaire. Le nom d'hilotes ne dérive pas de celui d'Hélos. Éphore et Théopompe distinguent très nettement les hilotes (EtXmeç) des Héléens ("EXeoi) ou Héléates ('EXéaTai), habitants d'Hélos. « Les hilotes, dit ce dernier, sont, depuis très longtemps, asservis à Sparte, et, parmi eux, les uns sont originaires de Messénie, les autres, Héléates, habitant autrefois la ville d'Hélos, en Laconie^ x> Le mot, comme Otfr. Mùller l'a prouvé, est une forme passive de l'inusité ëXu), prendre (eîXcneç, pris, conquis)^ et plusieurs grammairiens de l'antiquité ne l'avaient pas entendu autrement : hilotes, captifs, devenus esclaves, EDvWTsç, 01 èç afxp^X(î)TU)v îouXoi*, dérivation qui a d'ailleurs ses analogies dans les usages des temps héroïques (S{jl(5£ç de 8a[jt.au>) et surtout de la Crète (xXapbrre; de xXiQpéù)) '.
Livrés ainsi par le sort des armes à la merci du vainqueur, ils étaient, jusqu'à un certain point, dit Éphore, esclaves de l'Étal*; les uns tenus en réserve pour les besoins de la communauté ', les autres partagés entre les
1. Théopompe, ap, Athén., VI, p. 272. Cf. Éphore, ap. Strab., déjà cité, et le Grand Etymologue, y. EUwtiûiiv : EiXwti; ^àp ttolv oî rh^ Msovii-
vtaxTiV oÎxcûvte; nEXoirc'vvYiTov, cl fXTi piivioi ^oûXot Aaxi^aiacviuv, i'fù.k lîpÛTCv Xttpci>d2vTe;.
2. Gr. Etymol., ibid., Suidas, v. mviorai, etc. — 3. Ephore, ap. Athéii., VI, p. 263.
4. Tpcirov ^ap rivx ^yifxcotcu; ^oùXcu; ti^ov o{ Aoxs^oufxovioi toOtcu; (Ephore, ap. Strab., VIII, p. 365). Kat irpÛTOt ti i-ftvovro oSroi Aewt^ai{AOviwv ^ouXoi Tcô xctvoû (Pausan., III. xx, 6).
5. II faut peut-être y comprendre, comme nous Tavons indiqué, ceux qui préparaient le repas public et servaient à table, et aussi un certain nombre de ceux qui suivaient les Spartiates à la guerre.
iOO LIVRE I. CUAPITRE III.
citoyens poui' cultiver leurs terres, garder leurs troupeaux ^ ou les servir dans les usages domestiques, fonctions que remplirent avec eux quelques esclaves étrangers*. Ils les suivaient aussi au combat, armés à la légère {^\oi) et attachés à leur personne, comme au moyen âge ceux qui formaient la suite du chevalier. A Platée, chaque Spartiate avait près de lui sept hilotesS et on les retrouve partout où les Spartiates combattirent, bien que leur nombre n'entre pus d'ordinaire dans le calcul de l'historien^. Enfin, les hilotes servaient également sur mer. Ce qui ne fut qu^un projet, relativement aux pénestes de Thessalie, s'accomplit à leur égard pendant toute la durée de la lutte entre Sparte et Athènes^. Après tant de rapports de ressemblance avec les pénestes, les hilotes en différaient en un point : les premiers s'étaient soumis, les seconds l'avaient été ; les uns avaient fait des conditions avant de céder, les autres en avaient reçu après la défaite. Mais ces garanties que les pénestes exigèrent dans leur intérêt, les hilotes les trouvèrent en partie dans les institutions qui régissaient les conquérants.
Lycurgue, en les fixant avec plus de rigueur, les avait coordonnées dans la pensée qui partout les domine : l'unité. Le Spartiate a une famille, il a un héritage ; mais tous ne font, pour ainsi dire, qu'une seule famille, une famille publique, l'État; et ce principe élargit et restreint