Uérod., IX
4. Voy., par exemple, aux Thermopyles (Hérod., VU, 200) et à Sphac- Ime (Tliucyd., IV, 8). Cf. Hérod., VI, 81. etc. f). Myron de Priène, ap. Âthén., p. 271, etc.
tour à tour le cercle des obligations de Thilote. Ainsi chaque citoyen a droit aux objets divers de la communauté, et rhilole pourra être indifféremment employé par quiconque en est membre^ 11 est a la disposition de tous ; mais l'État conserve un droit supérieur sur la communauté tout entière. C'est à lui qu'appartient le fond môme de la propriété et de la famille, et, à vrai dire, Tusage n'en est donné au Spartiate que dans la mesure jugée nécessaire au bien général. Ainsi les hilotes ne pourront être ni vendus hors du territoire ni même affranchis par leurs maîtres*; ils sont, comme les pénestes, serfs de la glèbe, cultivant la terre moyennant redevance, et cette redevance, TÉtat Ta fixée une fois pour toujours? : c'est ce qui a paru suffire à l'entretien du Spartiate et de ceux qui vivent sous son toit. Rien de moins, ses besoins l'exigent; rien de plus, l'intérêt public le défend : car l'État, qui lui donne ces loisirs, le veut pauvre pour que rien ne le détourne des affaires publiques et des exercices militaires. Cette redevance est fixée à quatre-vingt-deux médimncs (quarante-deux hectolitres soixante-cinq litres) de blé et une mesure proportionnée de liquide*; à quoi il faut joindre peut-être encore diverses sortes de fruits. Ceci prélevé, l'hilote garde le resle. La vie du Spartiate
1. Arist., PolH,, II, II, 5, et Xénoph., Rép.'Lacon.y iri, 3.
2. Kal xpidvivai èchXwi i-ni tolxtoî; twiv* «art t^v l^ovra pti^T iXtuôtpcu,
î^sîvai, uiire itcdXeIv c^u tûv 5p(i>v toutou; (Strab., VIU, p. 365). IIn*estpas besoin de dire que ces conditions sont faites parTÉtal aux vainqueurs, et non pas accordées aux vaincus : la défense d'affranchir le prouve a<sez d'elle-même.
5. Kai irxpa^o'vTc; aÙTot; tyjv x**P*^ tTaÇav fiolpav ^v aÙToI; i^t^awon
àii. (Myron de Priène, ap. Athén., XIV, p. 657.)
A. à Sï xX-^pc; •ft'i txâoTou ToaoÛTo;, àoT* àiroçcpàv çt'piiv àv^pl piv ip^c{XT«xcvTa xpiôwv {X6^{p.vco;, -pvaixl ^i Stà^iKx, xal twv 0^p?)v xapirûv âvaXo'^u; tô tcXtiôg;. (Plul., Lyi\j 8.)
i08 LIVRE I. CHAPITRK IIL
'"est assurée ; Thilote courra seul les chances du temps, souffrant de la famine ou profitant des bonnes années et du progrès de son travail. A la faveur de ces conditions, les hilotes amassèrent quelque richesse ; et, vers les derniers temps, plusieurs paraissent avoir été dans l'aisance. Quand Qéoméne leur offrit la liberté, à raison de 5 mines par tête, six mille acceptèrent; il en retira 500 talents ^
Ainsi l'État pèse sur le maître et sur Tesclave» pour fixer la mobililé de l'un et restreindre l'arbitraire de Tautre en des limites où Fintérét public soit assuré. Mais ces mesures, comme plusieurs de celles que nous trouverons dans les républiques de la Grèce sur la même matière, étaient prises en considération moins des esclaves que des citoyens '. Aussi les hilotes étaient-ils exposes sans réserve aux rigueurs de cette condition, en tout ce qui ne concernait pas l'intérêt de l'État; et, à cet égard, rien de plus vrai que ce mot d'un ancien : « 11 n'y a point de peuple où l'esclave soit plus esclave, et l'homme libre plus libre ^ » « Les hilotes, disait Myron, sont soumis aux travaux les plus ignominieux et les plus flétrissants. On les force à porter un bonnet de peau de chien et à se revêtir de la dépouille des bêtes ; on leur inflige tous les ans un certain nombre de coups, sans qu'ils aient commis aucune faute, pour leur rappeler qu'ils sont esclaves; bien plus, s'il en est qui dépassent la mesure de vigueur qui convient aux esclaves, on les punit de mort et l'on frappe leurs maîtres d'une amende pour n'avoir pas su
i. Plut., Cléom,, 25.
2. Cela serait Tnii, même arec ce passage de Plutarque : Êvaparcv
yiKn^trtèovÊ. (Inslil. Lacon,. 41. p. 259.)
3. L'Athénien Crilias, ap. Liban. Oral, xxnr, t. H, p. 85, dté par MaUer.
comprimer leurs développements *. » A ces coutumes ajoutez celle qui non-seulement leur interdisait les chants mâles de Doriens et leurs danses belliqueuses, mais les abrutissait dans Tivresse, afin que leurs chansons obscènes et leurs mouvements désordonnés inspirassent aux jeunes gens le dégoût de Tintempérance et le sentiment de la dignité '. Sans doute il y a dans ces rapports exagération évidente et interprétation forcée. Il est possible, comme le pense Otfr. MùUer, que ce costume prétendu ignominieux ait moins élé la livrée de l'esclavage que le vêtement ordinaire du campagnard, et Ton à peine à croire à cet odieux calcul deséphores, dégradant à plaisir dans l'hilote le caractère de rhomme, pour apprendre aux Spartiates à le respecter en soi. Peut-être ont-ils moins fait naitre que saisi Toccasionde montrer, par l'exemple de ces hommes qu'aucun frein ne contenait dans le vice, les suites honteuses de rivrogncrie'. Mais, pour les autres faits, s'ils peuvent être controuvés, au moins faut-il reconnaître qu'ils sont en harmonie avec la condition réelle des hiloles; et l'on sait, par des témoignages moins suspects que celui de Myron, avec quelle rigueur ils étaient traités*. Ils n'avaient pas