‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 208 sur 366 · Loî»,I, 655, Cf. VI, 756, h · texte numérisé non relu

Loî»,I, 655, Cf. VI, 756, h

raclère, les plus di'^posés à s*élcver contre Sparte. Deux mille furent désignés. Le front ceint de couronnes, ils visitèrent, selon l'usage des affranchis , les différents temples des dieux. Mais peu après ils disparurent; et nul ne sut comment ils avaient péri*.

Avec de pareils moyens de répression, Sparte maintint son despotisme, mais non pas sans de violentes secousses. Dès le temps qui sépare les deux guerres de Messénie, les hilotes étaient entrés dans le complot des parthéniens, comme ils entrèrent dans la conspiration de Pausanias après la deuxième guerre médique*. Les Messéniens, qui, réduits après vingt ans de combats, avaient le plus contribué à grossir leur classe', reprirent plus d'une fois les armes pour la liberté : c'était aussi pour la patrie. Ils le firent à la troisième génération après la conquête, et ils auraient triomphé, si toute l'exaltation du plus saint héroïsme avait pu quelque chose contre la muette discipline et l'inébranlable résolution de leurs dominateurs. Les tentatives se renouvelèrent aux approches de l'invasion

1. Thucyd., IV, 80. J'ai Irailé plus au long de la cryptie dans uii mémoire qui a été inséré au Journal général de Vinstruction publique, en 1850.

2. Thucyd., 1, 152, et Strabon, VI, 280. Après la 1" guerre de Messénie, les veuves des guerriers morts furent données pour femmes à des Laconiens que le roi Polydore introduisit dans la cité, mais à un degré inférieur où restèrent aussi leurs enfants, appelés parthéniens» C'est de celte infériorité qu'ils tentèrent de se relever avec Faide des Uilotes.

3. Pausan., IV, xiu, 6, et les vers de Tyrlée qu il reproduit; Diodore de Sicile, XV, (36.

de Xerxès', et, après l'invasion, à la faveur d'un tremblement de ferre qui faillit ensevelir Sparte sous les ruines du Taygète* ; puis pendant la guerre de Sparte et d'Athènes, quand un général athénien releva Pylos', pendant la guerre de Spaile et de Thèbes, quand Épaminondas ralliait les restes de leur nation autour du bouclier d'Aristomène, et relevait pour eux l'image de la patrie dans la ville nouvelle qui la résumait en quelque sorte par son nom, Messène*. Dès lors une partie des hilotes redevint un peuple à part, et les mouvements ne cessèrent point parmi les autres , quand ils trouvèrent chez les nouveaux Messéniens, ennemis permanents de leurs anciens maîtres, un appui quelquefois, et toujours du moins un refuge*.

Au milieu de ces dangers, Sparte prenait aussi envers les hilotes des mesures moins cruelles et non moins efficaces. On les divisait, on les éloignait, même à des titres honorables; et Thucydide en fournit la preuve au chapitre

1. C'est un fait que Platon nous a rapporté dans ses Loû (III, p. 692).

2. Thucyd., 1, 101 et 102. Cf. Pausan., IV, xxiv, 5. C'est la troisiènie guerre de Messénie. Ceux qui se retranchèrent dans Ilhome y soutinrent un nouveau siège de dix ans, et obtinrent une capitulation qui leur permettait de sortir librement du pays. Athènes les établit à Nnupacte, d*où ils la secondèrent si bien dans la guerre du Péloponnèse.

Page 1