Thucyd., IV, 41, etc
4. Voy. Diod., XV, Ofi. Il y retrace les vicissitudes antérieures des Messéniens. Cf. aussi Pausan.,IV, xxv-xxnt. Après la bataille d*iËgos-Potaraos, chassés de Naupacte par les Spartiates, ils se répandirent en Italie, en Afrique, jusqu'au jour où Épaminondas les rappela dans leur patrie.
5. Cl ^' «iXtûte; à(f(<jTavTai roXXà-ci;. (Arist., Po/i7., II, vu, 8.) Un seul instant les M* sséniens parurent oublier leur ressentiment : c*est quand, les Spartiates cessant d*être à craindre, le Péloponnèse fut menacé par Pambition de Pyrrhus. Les Messéniens vinrent à leur secours contre ce prince; mais, quand Sparte reprit sa force et ses projets avec Cléomène, les Messénieiis retrouvèrent contre elle toute leur animosité; ils figurèrent parmi les vainqueurs à la bataille décisive de Sellasie (Pau- San., rv, XXIX, 9).
POPULATIONS ASSERVIES. — SERVAGE EN GRÈCE. il7
OÙ il raconte le massacre des deux mille affranchis Quand l'occupation de Pylos réveillait toutes leurs espérances et fomentait en Messénie le vieux levain de Tinsurreclion, sept cents furent élevés au rang d'hoplites et donnés à Brasidas, qui les fil servir à la conquête des villes de Thrace*. Trois ou quatre cents autres étaient, un peu plus tard, envoyés au secours de Syracuse* ; et même quand Epaminondas menaçait les Spartiates jusque dans leurs foyers, ces derniers s'adjoignirent, selon Diodore, mille hiloles récemment affranchis*. Selon Xénophon, on offrit la liberté à ceux qui se présenteraient pour défendre la république, et en un instant plus de six mille s'enrôlèrent; on s'effraya bientôt, il est vrai, de les voir en bataille, et l'on aurait pu s'en repentir, s'il n'était arrivé fort à propos de Corinthe, d'Épidaure et de Pellône, des auxiliaires moins suspects *.
L'enrôlement parmi les hoplites équivalait, dit Olf. Mûllcr, à un complet affranchissement. C'était plutôt un titre pour y parvenir*, et il semble que le cas n'était point si rare*. Le droit d'affranchir, interdit aux particuliers, était exercé par l'État, le maître suprême. Un seul passage nous en rappelle les formes : chose bizarre! c'est celui qui nous raconte ce solennel affranchissement suivi de mort. Mais la trace en est partout dans l'histoire". Ils y figurent sous des noms divers qui désignent soit leur
1. Thucyd., IV, 80. - 2. Ibid., VII, 19. — 5. Diod., XV, 65. i. Xénoph., Hellén,, VI, v, 28.
5. Les liiloles donnés comme hoplites à Brasidas (Thucyd., IV, 79) furent affranchis seulement à leur retour. (Thucyd., V, 54.)
6. noXXàxi; lâXtuôÉpwaav Aaxe^ai{Aovioi ^ouXoo;. (Myr. de Priène, ap, Athén., VI, 272.)
7. Voyei Thuc, V, 54, et divers autres passages du même auteur *l de Xénophon.
118 LIVRE 1. CHAPITRE liL
état commun, soit les conditions particulières dans lesquelles ils étaient placés. On appelait épeunactes les hilotes affranchis par leur union avec les veuves des Spartiates ; mariages qui ne se firent peut-être qu'une fois et demeurèrent frappés d'une sorte de réprobation. Les éructères^ les desposionautes, devaient encore quelques services à leurs maîtres, soit aux armées, soit sur les flottes' Ces noms avaient une valeur propre et une porlée restreinte; d'autres ont, au contraire, un sens vague ou général. Les noms à'aphèles et d'adespoles semblent n'indiquer rien autre chose que l'état de libération de l'affranchi, et celui de néodamodes parait être le nom politique de toute cette clause de nouveaux habitants associés aux Doriens (11).
Ces affranchissements, rares à l'origine, se multiplient aux époques plus récentes. 11 semble que Sparte, menacée par les républiques rivales, ait senti le besoin de se gagner dans une certaine mesure ces populations d'où dépendait son salut. C'est depuis la seconde partie de la guerre du Péloponnèse qu'il est question des néodamodes, et bientôt ils occupent une place notable en Laconie^ Ainsi un ordre nouveau se formait à Sparte. Né du travail, il aurait pu lui rendre la fécondité et la vigueur ; mais Sparte fut toujours aussi exclusive. En tirant ses hilotes de l'esclavage, elle ne
1. Les ivmwt.uta'jioA, sont suffisaroment défînis par leurnom. Les ipuxTTîpi; avaient probablement pour mission de veiller sur leurs maîtres, de les protéger contre les coups de Tennemi, et de les retirer, au besoin, du champ de bataille : ce sont les significations qu*on peut rattacher à la racine cpûxeiv. (Voyez les textes de Théopompe et de Myron de Priéneap. Athên., VI, p. 271 et 272.)
2. On commence à trouver environ trois cents néodamodes envoyés au secours de Syracuse. (Thucyd., Vil, 58.) Quinze ans plus tard Thymbron en a mille avec lui (Xén., Hellén,, 111, i, 4), et ils figurent en plus grand nombre, peut-être, dans im corps de deux mille hommes, sous la direction d'Agésilas. (Xênoph., Hellén., V, n, 24, etc.)
les élevait point à la cité; et, bien loin de se raviver à cetle source, elle continua de laisser tomber de son sein le peu de sang dorien qu'elle eût encore.
Le principe de sa ruine était dans le fond même de son organisation.
Lycurgue, en réglant cetle société, avait voulu en f;iire un corps plein de force; et la force lui apparut sous la figure d'un homme armé. C'est sur cet idéal qu'il forma son État. La famille pour lui, c'est l'homme, l'homme de guerre ; le peuple, une armée ; Sparte, un camp. Ainsi, des exercices et point de travail. « Pourquoi, demandait-on h Alcamène, les Spartiates cultivent-ils leurs terres par leurs hilotes et non par eux-mêmes*? — Parce que, dil-il, nous les avons acquises non en les cultivant, mais en nous cultivantV » Mais ce corps, que ce législateur avait cru constituer plus fortement par ce mode de culture, manquait précisément du principe de la vie ; car c'est le travail qui fait la vie d'une société, et le travail était exclu de son sein. Sparte devait donc vivre d'une vie d'emprunt. Elle vécut en effet des sueurs de l'hilote ; et, par son incroyable énergie, elle sut généralement le retenir au joug*. Mais cela ne suffit point ; et le germe de mort qu'elle portait en elle se développa par l'action même comme par Faltération des lois de Lycurgue. Qu'on nous permette d'ajouter quelques mots sur celte juste satisfaction du travail méprisé : c'est encore un des efTets de l'esclavage.