‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 21 sur 366 · XXVIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXVIII INTRODUCTION

origines de nos libertés appartient à plus d'un titre à l'esclavage; c'est le dieu des esclaves, dieu dont les fêtes n'étaient point toujours les débonnaires saturnales : au fond de l'arène consacrée aux jeux du peuple romain, il y avait, sous un rideau de pierres, une tête de Saturne pour boire le sang des gladiateurs* !

Cette action délétère que l'esclavage exerça sur les classes serviles de l'antiquité, il l'étendit aux classes libres ; il les corrompit moralement, il les épuisa physiquement. Quelle morale, en effet, que celle qui, retranchant de l'humanité la moitié de la race humaine, accorda sur elle à l'autre, une si longue et si générale impunité ! Quelles excitations à la cruauté, quelles facilités à la débauche, quel abus dans tous les droits, quel relâchement dans tous les devoirs de la famille ! L'histoire du foyer antique en donne un triste enseignement V Mais l'esclavage ne vicia pas seulement l'organisation de la famille, il altéra la constitution des États. En effet, toute société se maintient parle double concours du gouvernement et du travail ; et les fonctions que ces besoins réclament sont assez ordinairement partagées. Où est le principe véritable de la vie et de la force ? On inclinait géné-

Tô ToO TTKTovTo; xYTauLca^voiTo >û9/96>. (Saint Cyrille d'Alexandrie, IV, c. Julien, t. VI, p.* 128, d.)

2. f Le cri pour Tesclavage est donc le cri du luxe et de la volupté, et non pas celui de la félicité publique ». (Montesquieu, EipriU des loi», X, 9.)

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