‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 22 sur 366 · L'ESCLAVAGE DANS LES COLONIES (1847). XXIX · texte numérisé non relu

L'ESCLAVAGE DANS LES COLONIES (1847). XXIX

ralement à le placer- dans la classe supérieure. Lycurgue, à Sparte, réservait même exclusivement à la classe libre le soin de régir et de défendre TÉtat, excluant de la cité le travail pour l'imposer à des esclaves ; et des philosophes, au sein de la démocratique Athènes, inclinaient vers un semblable partage dans l'organisation de ces républiques qu'ils prétendaient élever sur les fondements de l'expérience, selon les règles de la raison. Quel était leur but? Voulaient-ils réserver aux charges civiles de l'État une plus nombreuse population d'hommes libres ? Loin de là, ils recouraient aux mesures les plus monstrueuses, pour contenir en de certaines limiteslenombre des citoyens. Mais ils croyaient, par ces moyens, maintenir les deux classes dans les conditions d'équilibre où ils les avaient placées, et à ce prix assurer à l'État une sorte de perpétuité. Qu'arriva-til pourtant? Les classes libres séparées du travail dépérissent comme la plante détachée du sol. Sparte se meurt, faute d'hommes*; il ne reste sur cette vieille terre aristocratique que les races asservies. Ailleurs, les classes ouvrières étaient comprises dans l'État, admises au partage de tous les droits de la cité; mais le législateur qui leur avait ouvert les fonctions politiques ne leur avait pas suffisamment assuré l'exercice du travail. L'esclavage était admis au sein de ces républiques, et le travail libre ne soutint pas longtemps cette redoutable concurrence.

l.Aristote, PolU. II, vi, 12.

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