Agatharchide deCnide ap, Athén., VI, p
C'était donc la coutume presque universelle et des peuples nouveaux de la Grèce et des principales nalions qui l'entouraient. Partout les conquérants régnaient en maîtres sur les vaincus. Aux deux extrémités du monde où la race primitive de la Grèce s'était répandue, en Italie et en Asie Mineure, les deux plus anciens noms de son histoire élaient restés aux populations asservies comme noms d'esclavage : les noms de Pélasges chez les Italioles et de Lélèges chez les Cariens^
Un fait aussi général avait sans doute ses origines aux temps les plus reculés de la société grecque ; mais, dans cette extension considérable, il présente quelque chose de nouveau. Les poèmes d'Homère nous montraient les diverses peuplades de la Grèce formant devant Troie comme un seul corps de nation, quoique sans nom commun pour l'exprimer. Au temps où vivait le poète, le nom était trouvé, mais il semblait que la nationalité cessât d'être comprise. Les tribus helléniques, assises l'une près de l'autre sur le rivage troyen comme elles l'étaient dans la patrie, se sont ébranlées et confondues dans un mouvement presque général ; elles ne se sont point unies. Les barrières renversées par la conquête se relèvent plus fortes entre les conquérants, et, dans chacun de ces États morcelés, vous trouvez une division de plus : les vaincus et les vainqueurs, les esclaves et les maîtres. Tel est le résultat de l'établissement des Thessuliens et des Doriens, et le spectacle que présente alors la Grèce. La Messénie, la Laconie, l'Argolide, Corinthe, Sicyone, TAchaïe, l'Élide, l'Arcadie, tout le Péloponnèse enfin, et les parties les plus
1 . . . . xat Kâpa; t&î; AfXtÇiv ô»; otxirai; x^'noa.aiixif icaXoit ti xal vOv. (Athén., VI, p. 271.) (1; Aaxc^atp,ovtoi rcî; EiXttcrt xai troiXiâTat rot; nsXao- 7ct;. (El. de Byzance, v. Xio;.)
importantes de l*llellade, TAttique, la Béolie, la Thessalie, sans parler des colonies de diverses origines, nous mmitrent los populations partagées en castes dominantes et en castes asservies, Tari de la guerre s*organisant à part et fondant SCS loisirs sur le travail des classes désarmées quMl méprise, a Avec ma lance, disait la vieille chanson du Cretois Ifybrias, je laboure, je moissonne, je vendangea »
Est-ce là ce qui fit de la Grèce le foyer de la civilisation du monde? Quel intérêt avaient à ce partage l'agriculture ou les arts libéraux, les bras manquaient*ils à la Thessalie, l'Argolide et la Laconie étaient-elles un désert aux jours où elles étaient libres, et les villes où régnaient les liéros dllomère avaient-elles moins de splendeur 7 L'esclavage y porta son niveau, et les descendants de ces nobles races, des compagnons d'Achille, de Ménëlas éi d*Agamemnon, furent les pénestes et les hilotes. Partout les populations soumises sont arrêtées dans leur progrés, les populations dominantes fixées dans leurs habitudes de guerre, les unes se dégradant sous le poids du travail, les auties s'cxaspérant par l'excitation du loisir, plus ou moins, selon la mesure de l'oppression qu'elles subirent ou qu'elles exercèrent. Mais le travail reprit ses droits. Les classes populaires, tenues d'abord dans le servage et repoussées des honneurs de la cité, s'élèvent contre les aristocraties soit par elles-mêmes, soit par un tyran qui résume en lui leur force et qui, s'il ne les porte pas à la hauteur des nobles, abaisse au moins les nobles à leur niveau. A