Aristoph., Gren,, 173. Cf. Eccléi
3. Lucien, qui se reporte toujours si volontiers, dans ses tableaux de mœurs, aux temps classiques de la Grèce, évalue à 7 oboles (environ 1 franc) la journée du cordonnier. (Lucien, le Coq, 22.) L'apprentissage des métiers, comme celui des arts, était payé également, et faisait un des profits de rouvrier-maître. (Lucien, ParasilCy 18.)
nécessité de la misère qui faisait descendre les citoyens jusque-là; et ils tombèrent plus bas encore. Plusieurs furent contraints d'aller partager, dans les fabriques et dans les moulins, la condition des esclaves^; il y avait une place nommée Colonos où ils se louaient publiquement, pèle-méle avec eux'. Des femmes mêmes, libres et athéniennes d'origine, durent accepter, auprès des riches famil* les, les fondions de la domesticité' ; et la loi protégeait vai* nement ce que flétrissait l'opinion. Ainsi le travail libre, garanti, imposé par Solon, étendu par Périclès, nesufOsait plus à élever les classes inférieures au-dessus de l'indigence*; il fallut quel'Élat vînt en aide à ces misères qu'il n'avait pas su prévenir. Le secours que Pisislrate avait, dit-on, établi en faveur des estropiés, dut être étendu à tous les nécessiteux : non seulement aux personnes que la maladie ou la vieillesse retirait du travail avant qu'elles eussent pourvu à leurs besoins, mais à celles qui ne trouvaient plus, même en travaillant, de quoi se suffire, comme le montre cet artisan pour qui plaide Lysias (xepl toO àouvaTou); et ce secours, qui n'était encore que d'une obole par jour (environ 15 centimes), fut porté après lui à deux oboles,
1. Lucien, Timon, 6. Athénée (IV, p. 168) parle de deux philosophes qui, pour se livrer tout à leur aise, pendant le jour, aux spéculations de la philosophie, se louaient, la nuit, à un meunier, au prix de deux drachmes (1 franc 75 centimes); mais ce prix (le meunier ne les payant pas comme philosophes) est évidemment exagéré. On en jugera quand on aura vu quel était le salaire des esclaves loués, au chapitre du prix des esclaves.
2. De là le proverbe : o^' {x6ac * àxx* ii; tov KoXovov tioo. (Ap, Pollux Vlll, 133.)
3. tiç ^àp j^ù ducoucA, ffoXXal xai n-rOal xxt IpiOci xat rpupirpiai ^rYovaaiv. jrrb T»v Tîi; iroXtci); xar txftvouç toîi; x^ô^oMi ouacpcpûv àarcu ^vaîxi;. (Démosth. c. EubuL, p. 1313, 1. 2. Cf. 1309, 19; et Isocrate, Aréop,, c. 38, éd. Coray.)
>l. Isocr., Aréop,, c. 30.
VU le progrès du mal parmi les classes ouvrières (14). Disons-le même, si elles s'étaient maintenues si longtemps encore, elles le devaient à un moyen introduit par Périclès aussi, quoique dans une autre pensée, aux subsides de la démagogie : soldes légales et extra-légales, salaire des tri* bunaux avec ce que l'accusateur y ajoutait par la confiscation des fortunes privées^ ; salaire des assemblées avec ce que les ambitieux savaient y joindre par la dilapidation des finances de TÉtat*.
Comment les citoyens étaient-ils ainsi déchus ? Pourquoi n'avaient-ils plus assez des moyens honnêtes qui avaient suffi à la vie de l'ancienne Athènes ? Le travail leur iaisait-il défaut ou fuyaient-ils le travail? Et, s'ils s'en éloignaient, d'où venait ce changement dans les idées et dans les mœurs ? Pour arriver plus sûrement aux causes, allons aux faits. Une grave révolution s'accomplit dans la constitution du travail : qu'était-il aux époques les plus florissantes d'Athènes? Nous y avons marqué la place des citoyens; mais ils n'y étaient pas seuls. Voyons quelle part était faite aux autres et ce qu'un tel partage pouvait avoir d'utile ou de dangereux pour l'Etat.
Dans cette nombreuse et active population que Thémistocle avait voulu donner pour base à la puissance maritime de sa patrie, les étrangers étaient associés aux Athéniens.
i. « Quoi! avec mon cliélif salaire, j*ai à acheter du pain, du bois, de la viande, et tu me demandes encore des figues ! Et si rarchonte ne convoque plus le tribunal, où prendrons-nous à diner! > (Âristoph., Guêpei, 310, trad. de M. Artaud.)
2. Voyez les textes réunis et discutés par Bœckli, Écon, polit, deiAlhénienit 11, 17, t. 1, p. 595 et suiv.
Mais, en faisant à ces derniers un devoir du travail, la constitution établissait en leur faveur des privilèges : ainsi le marché intérieur leur était généralement réservée De plus, elle n'accordait aux étrangers la faveur du domicile qu'à de certaines conditions : c'était de se faire inscrire sur les registres publics et de se placer sous le patronage d'un citoyen', double garantie qui entraînait deux sortes d'obligations, les unes envers le patron, les autres envers l'État. Les étrangers devenus métèques devaient à leur patron certains offices particuliers ; à l'État, un tribut annuel de 12 drachmes (le [jt.eToixtov), les impôts ordinaires dans une proportion qui les rapprochait, quelque pauvres qu'ils fussent, de la classe des plus riches', des contributions extraordinaires pour les jeux et les fêtes, et aussi leur service personnel dans la marine ou même dans les hoplites ; et, comme pour leur rappeler en même temps qu'ils n'étaient pas Athéniens, à la grande fête des Panathénées, quand Athènes célébrait l'union de tous ses enfants en un même corps, il était prescrit aux métèques de figurer auprès d'eux, accomplissant quelques œuvres servîtes : les hommes portant les vases nécessaires aux liba-
i. Ôt( eux ^i9Tt Çivfii èv Tf oL^oçS, l^foU^vj^cLi, (DémostH. c. EuBuL, p. 1508.) 11 parait que Fétranger pouvait acheter ce droit, ce qui, du resle, confirme le privilège.
2. Le patron servait en tout de médiateur entre Fétranger et TÉtat. (Suidas s, v. àTrcaTaaisu ^Uv), relative à Tesclave, dont il distingue avec soin Faction âirpocn-aaiou, relative à Fétranger. Cf. s, v. viptiiv «poaTânjv.)
5. Le cens de Nausinique avait fixé au cinquième de la fortune réelle (cùaia) la fortune imposable (Ttjxr.jAa) du riche ; pour les métèques, c'était le sixième. (Démosth. c. Androt,, p. 612, 1. 2.) Dans ces nombres il ne faut donc pas voir une certaine quotité, soit des biens> soit des revenus prélevés par FEtat : ce n'est point un impôt, c'est la base de Fimpôt; ce sont des nombres proportionnels d'après lesquels on en réglait la répartition. (Voy. Bœckh, Êcon. polit, IV, 10, t. U, p. 369, 370.)
lions ; les femmes, des urnes remplies d'eau ou des parasols dont elles prêtaient Tombre aux Athéniennes ^ Xénophon réclamait en leur nom la suppression d'une partie de ces charges. Il eût voulu que leur patronage fût assimilé en quelque sorte à la tutelle des orphelins'; que TÉtat, content du tribut annuel, les exemptât du service militaire (faveur trop onéreuse au milieu de leurs occupations industrielles) et de ces servitudes dont le seul but semblait êlrc de les humilier en leur rappelant leur condition inférieure'; il proposait même de leur concéder certains terrains demeurés vacants dans Tintérieur d'Athènes, avec le droit de s'y bâtir des maisons^ : mesures qui devaient a voir pour effet de les attirer en plus grand nombre et d'accroître ainsi la prospérité de l'État.
Rien ne fut supprimé d'une manière absolue dans les obligations des métèques ; et elles continuèrent d'être exécutées avec rigueur. La moindre négligence trouvait la loi sévère. On poursuivait de Taccusation A'aprostasie (dé^pcoraaCou Sar;) celui qui ne prenait point un patron comme celui qui voulait se soustraire à sa surveillance; à défaut d'inscription il était mis' en prison, et, faute de payement de l'impôt ordinaire, vendu*. Point de caution avant le jugement; et après, s'il était absous, il pouvait être repris comme ayant corrompu ses juges*. Mais, en
1. Sxacpr.^opetv, u^pta^opclv, àaxoçcpelv, axia^TicpcpEÎv. (Poil., Onom., III,
u5, et le Grand Etymologue.) Voy. le mémoire de Sainte-Croix sur Uâ métèqueSy Acad. des Inscr., XL VIII, p. 182 et suiv.
2. Katit pieTcixocpûXauca; -^t coarrip opçavcçûXoxa; àpx^v xaOtOTaî(«.iv
(Xénoph., Des Revenus, ii, 7.)
3. Bekker, Anecd.y 304; Elien, HisU var., VI, 1. Cf. Aristoph.,i4 c^nrniens, 507. Voy. encore Sainte-Croix, mém, cité