Athén. VI, p
l'étoufTer par leurs progrès. Mais, à côté du travail libre des citoyens ou des métèques, il y avait le ti*avail des es* claves, soumis à la volonté du maître, non. au contrôle de TÉtat, et abandonné à tous les hasards de la spéculation : force mobile et commode qu'on pouvait aussi développer ou réduire, mais selon les calculs de$ intérêts privés et non pas à la mesure des besoins publics. Sous Tempire d'une constitution qui prétendait disposer seule des esclaves pour le service de la communauté, la classe libre dépérit dans son repos solitaire, dans son stérile isolement ; sous rinfluence d'une loi qui invite les citoyens au travail et leur abandonne la libre disposition des esclaves, file se dégrade dans les extrêmes de la richesse et de la pauvreté. Ainsi l'esclavage, ce prétendu instrument de la civilisation antique, fut pour la société grecque, sous toutes les formes de république, une cause active de démoralisation et de mort. Nous ne faisons ici que prendre des conclusions ; mais, pour ne rien négliger dans l'examen des faits sur lesquels elles reposent, nous retracerons, comme nous l'avons fait pour Sparte, le tableau complet de Tesclavage, soit à Athènes, soit chez les peuples qui se développèrent dans les mêmes conditions et, pour ainsi dire, sous la même loi. Nous exposerons successivement les sources d'où Ton tirait les esclaves, les circonstances particulières et les causes de leur emploi, leur valeur, et leur nombre comparativement aux races libres. Nous verrons ensuite quelle condition leur faisaient la coutume, la loi, l'opinion, et déjà alors nous pourrons apprécier la part de l'esclavage au mouvement des choses hnmaines, la double influence qu'il devait exercer sur les classes serviles et sur celles qui leur commandaient.