Plut., Solon^ 13; Du péril det dettes
de leur état, ou quand ils s'introduisaient franduleusement par un mariage dans la famille d'un citoyen ^
La source la plus abondante était toujours la source primitive, la guerre et la piraterie*. La guerre de Troie et les plus anciennes guerres des Grecs sur les côtes de TAsie et de la Thirace en avaient amené chez eux de nombreux captifs. Quand ils y eurent fondé des colonies, les relations perpétuelles où elles se trouvèrent avec les indigènes continueront d'entretenir Tesclavagc aux dépens de ces derniers ; el l'esclavage ne semblait pas seulement légitime comme suite de la guerre : la guerre ellemême contre ces peuples paraissait légitime à Aristote à la seule tin de les faire esclaves. Non pas qu'il prétendit» comme de nos jours, les amener par la servitude à la civilisation : l'antiquité, nous l'avons vu, dédaignait ce masque de philanthropie ; il les regardait comme inférieurs, et, à ce litre, destinés à servir une race plus intelligente et plus éclairée'. Toutefois ce n'était pas là seulement que la captivite faisait des victimes. Depuis la guerre de Troie jusqu'aux guerres médiques, depuis les guerres médiques jusqu'à Alexandre, ou, pour mieux dire, jusqu'aux derniers temps de la Grèce, la guerre se fit surtout entre les Grecs; et ce fut aussi parmi eux que la captivité fit des esclaves. Nous
1. Démosth. c. I^éœr., p. 1550» 1, 20. En Lycie Fesclayage était la peine du toI (Nicol, Damasc. fr. 129, § 2, éd. Didol). — Un décret de la villed*Halicamasse (environ 457 av. J.-C.) frappait du bannissement et delà confiscation des biens au profit du templed*Apollon, celui qui en vie lait les prescriptions. A défaut de biens de la valeur de 10 statéres, le coupable devait être vendu pour esclave à l'étranger. (Newton, Halicam* Cniduty etc., t. II, part, n, p. 671.)
2. T&ù; ^àp TTpwT&u; f evcpu/vcu; ^oûXou; o6* eue; U JcuXwv çuvai ttiV
Tcï; Xa€o5oiv. (Diôn Chrys. Orat. XV, p. 242.) 5. Aristote, Polit IV (7), xni, 14.
ne parlons pas de ceux que la fortune des armes enlevait à leurs anciens maîtres : ils étaient déjà esclaves et dés lors ne se distinguaient pas des troupeaux et autres objets qui faisaient partie du butin ^ : mais les hommes libres étaient le plus souvent réduits eux-mêmes à cette condition. Ainsi, sans rappeler les peuples asservis à Sparte et aux races établies par la conquête, les Spartiates servirent chez les Tégéates, chargés des chaînes qu'ils leur destinaient'; en Sicile, Hiéron, maître de Mégare Hybléenne, en vendit la population pauvre hors du pays, etc., etc.'. Les guerres qui suivirent la lutte contre les Perses, celles qui préludèrent à la grande lutte intérieure, renouvelèrent ces exemple^^ et la guerre du Péloponnèse surtout, qui éveilla dans toutes les âmes Tardeur des combats, répandit partout la destruction ou la servitude. Les habitants de Platée qui se sont rendus aux Spartiates sont égorgés et leurs femmes asservies*^ ; ceux de Mélos qui se rendent aux Athéniens éprouvent le même sort^ ; les hommes sont également massacrés ou déportés, les femmes et les enfants réduits en esclavage à Scione\ à Torone", on vingt autres lieux; et les Athéniens, auteurs de ces violences, en subissaient quelquefois les représailles. Les Samiens qu'ils avaient flétris des marques de l'esclavage et raillés encore sur leur théâtre (le peuple samien est lettré) imprimèrent au front de leurs captifs d'origine athénienne la figure d'un hibou ; et, dans ce désastre de Sicile, dure expiation d*une
1. Voy. Thuc. 1, 55; Vill, 41 et 62. Xén. Hellén, I, xvi, 15; lU, ii, S; IV, V, 8, et yi, 6; ap, Letronne, Mémoire sur la population de VAHique. — 2. Hérod. I, 6. - 3. ïbid, VU, 156.
i. Les habitants de Lemnos et dlmbros, asservis par Gimon, etc. Thucyd.l, 93; Diod. XI, 60.