Thucyd. III, 68. Cf. Déra. c. Néœra, p. 1380, I
6. Ibid. V, 116. — 7. Ibid. V, 5 et 52. — 8. Xén. Hellén. U, u, 3.
insolente prospérité, ceux qui purent éviter les carrières furent vendus, marqués du signe d'un chevaP. On ne vit pas seulement les peuples rivaux s*entre-égorger : on vit les frères asservissant les frères. A Corcyre, où s'est le plus complètement résumée toute l'horreur de cette lutte parricide, le massacre et l'esclavage décimaient tour à tour les deux partis ennemis*. Les chefs les plus modérés suivaient en ces circonstances l'impulsion de la foule. Après la prise de Méthymne, ville du parti d'Athènes, les alliés insistaient auprès de Callicratidas pour qu'il en vendit tous les habitants. Il s'y refusa, protestant que, lui général, aucun Grec ne serait livré en servitude, et en eiîet il renvoya libres les Méthymniens, croyant sans doute plus politique de les gagner à Sparte par cet acte de clémence; mais il vendit avec les esclaves tous les Athéniens qui composaient la garnison*.
Ces paroles de Callicratidas, si rarement prononcées dans l'histoire, si peu suivies par lui-même, les philosophes, à la suite de ces guerres d'extermination et au milieu des luttes nouvelles qui se continuaient entre les républiques, essayaient de les relever et de les faire passer en principe dans les mœurs; et ce fut, dit on, la règle d'Ëpaminondas et de Pélopidas dans les guerres qu'ils soutinrent pour l'indépendance et pour la suprématie de Thèbes^ mais, après eux, elle fut bientôt oubliée. On suivait simplement l'axiome auquel Socrate fait allusion, qu'il est injuste d'asservir ses amis et juste d'asservir ses
1. Plut. Nicias, 29. Thucydide {VII, 87) évalue à sept cents le nombre des prisonniers athéniens ou alliés*