Diog. Laêrce, 1» v
2. Plut. Vie des X orateurs : Lycurg., § 12, p. 842. Pollux dit que l'esclave grec, à Athènes, était distingué du barbare par le nom de Oimûc et de iriXotm;. (Onom. HT, 82.) Je ne sais pas si Fassertion est bien fondée.
DES SOURCES DE rESCLÀYAGIE EN GRÈGE. 467
claves» devenu aussi plus général, en stimulait Tactivilé par Tappâl d'un gain plus élevé. Quelle facilité n'y trouvait-on pas dans ce monde presque tout maritime, sur ces rivages abordables en tant de points, ou parmi ces lies disséminées ! Les terreurs que les Barbaresques aux derniers siècles répandaient sur les côtes de la Méditerranée, par leurs descentes rapides et imprévues, étaient de tous les jours et de tous les lieux en Grécc^ Une inscription assez ancienne d'Amorgos (fin du troisième siècle ou commencement du deuxième siècle avant J. G.) rapporte un de ces incidents si communs dans la vie des peuples anciens, trop communs pour être recueillis par l'histoire :
a Des pirates ayant envahi le pats pendant la nuit et pris
DES JEUNES FILLES, DES FEMMES ET d'aUTRES, AU NOMBRE DE PLUS DE TRENTE, HÉGÉSIPPE ET AnTIPAPPOS, QUI EUX-MÊMES SE TROU- VAIENT PARMI LES PRISONNIERS, DÉCIDÈRENT LE CHEF DES PIRATES A RENDRE LES HOMMES LIBRES ET QUELQUES-UNS DES AFFRANCHIS ET DES ESCLAVES, s'OFFRANT EUX-MÊMES EN GARANTIE, ET MONTRANT UN ZÈLE EXTRÊME POUR EMPÊCHER Qu'aUGUN DES CITOYENS OU DES CITOYENNES NE FUT DISTRIBUÉ COMME PARTIE DU BUTIN OU VENDU, ET NE SOUFFRÎT RIBI9 QUI FUT INDIGNE DE SA CONDITION *. »
On leur vola une couronne ; l'inscription est le décret même du peuple en leur faveur.
Esclave ou homme libre, tout était bon pour le pi-
1. Les Achéens, les Zyges et les Heniochi, peuplades des bords du Pont-Euxin, se livraient habituellement à ce genre de piraterie. (Strab. Xî, p. 495-496.)
2. Bœckh. Corp, inscr, supplém. n* 2265 c. Parmi les vainqueurs des jeux olympiques, on comptait un Nicostrate, d'une naissance non obscure, qui, enlevé de Prymneste, en Phrygie, par des pirates, avait été vendu à un habitant d*iËgées. (Pausan. V, xxi, 11.) Parthénius parlait aussi de femmes thessaliennes, et de la plus illustre origine, enlevées par des pirates de Thrace. (EroL 19.)
rate. Mais l'homme libre était plus recherché ; car il ne valait pas seulement ce que représentait son mérite ou sa force, il valait ce que sa fortune per* sonnelle pouvait donner de prix à sa liberté. Or la pira* terie, quoique proscrite, avait son effet légal : Thomme libre vendu était, de droit, esclave de celui qui l'avait racheté, jusqu'à ce qu'il lui eût remboursé le prix de sa rançon. Ainsi Nicostrate, qui s'est mis en mer pour ressaisir trois esclaves fugitifs, tombe aux mains des pirates, est conduit à Ëgine et vendu. Sa rançon ne lui coûta pas moins de vingt-six mines, et il devait rentrer en servitude, s'il ne trouvait moyen de rendre ce qu'on lui avait prêté pour la payer* : loi singulière, qui, tout en frappant le pirate, pouvait protéger son trafic sous le manteau du receleur. Du reste, les pirates devenaient aussi corsaires, et les républiques donnaient des lettres de marque pour enlever des hommes à la nation ennemie, quand elles n'employaient pas leurs propres vaisseaux à des courses de brigandage*.
La piraterie ne se faisaient point seulement avec ces formes et cet appareil de la guerre, elle s'exerçait au sein même des villes, par la ruse et les moyens secrets. Des liommes désignés par le nom à^andrapodisles (àySpaxdSKTTat)' et aussi des femmes se livraient à ce métier odieux, ravissant les enfants dans la confusion des jeux ou des fêtes, quand la misère ne les leur livrait pas, exposés sur les grands chemins \ Une pièce d'Ânliphane mettait en scène
1 . OiaOa è^ on xat ci vofiiOi xt)juovai toO Xu9afi.tvou i% tûv iroXtfiiîwv ttvxt 7Ôv XuOtvTaiàv (1.^ àtro^i^û rà Xurpft. (Dém. c. Nicostr., p. 1248-1250.)