‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 24 sur 366 · L'ESCLAVAGE DANS LES COLONIES (1847). XXXI · texte numérisé non relu

L'ESCLAVAGE DANS LES COLONIES (1847). XXXI

dans ces Item de r origine où Ton prétend les retenir ; le vide se fait partout dans l'empire. Les barbares qu'on a dû depuis longtemps y introduire comme soldats, comme généraux, comme empereurs môme, y viendront comme peuples, et la société antique aura cessé d'exister. Mais les sociétés qu'ils ont formées de ses débris ne nous donnenf-elles pas le même enseignement? Est-ce l'esclavage, sous sa forme adoucie, qui a conservé et nourri les germes delà civilisation dans leur sein? La civilisation s'est développée sous la bienfaisante influence du christianisme, qui prêchait l'égalité des hommes; elle s'est développée au sein des villes où les hommes se constituaient libres, où ils trouvaient un refuge contre le servage. Le progrès n'a commencé aussi pour les campagnes que du jour où ce dernier lien de servitude a été brisé.

Partout donc l'esclavage exerça la même influence : il entrave le travail libre, il appauvrit ou dégrade par sa concurrence les classes inférieures qui y sont nécessairement vouées, et diminue d'autant la source unique de la force et de la prospérité des États. Que s'il fut pour les peuples anciens un principe de ruine, loin d'être une cause de puissance, il faut encore bien moins lui rapporter l'éclat qu'ils ont jeté dans le monde. Ni les loisirs des villes aristocratiques, ni le travail des esclaves sur lequel ils étaient fondés, n'ont l'honneur de la civilisation antique ; car les loisirs des villes aristocratiques, même dans la pensée des législateurs et des philosophes, étaient consacrés non aux lettres, mais aux armes. Ils aboutirent

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