‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 25 sur 366 · XXXII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXII INTRODUCTION

à ces guerres intestines qui paralysèrent les destinées de la Grèce et hâtèrent son déclin ; et le travail des esclaves est de sa nature étranger au progrès. Tout ce que touche l'esclavage est comme frappé d'impuissance. L'agriculture et les métiers sont, dans la Grèce ou à Rome, et, nous le verrons, aussi parmi nous, un objet d'honneur ou de mépris selon la part qu'il y prend. La médecine, les sciences, les beaux-arts, réservés exclusivement aux hommes libres, fout la splendeur de la race hellénique ; abandonnés en partage aux esclaves, ils ne trouvent plus un nom, digne d'être associé aux grands noms de la Grèce, parmi les Romains.

Nous affirmerons donc dès à présent, à notre tour, que l'esclavage, à le prendre dans la généralité de l'histoire, a moins sauvé qu'il n'a détruit par son institution même, moins formé que perverti par l'effet de son action, éclairant parfois les intelligences pour dépraver les instincts, offrant plus de loisirs pour donner plus de facilités à tous les désordres. Nous dirons que non seulement il flétrit, dégrada, dévora les classes serviles, mais qu'il corrompit et ruina les classes libres, dans l'organisation de la famille et dans les constitutions des États. L'esclavage a été l'éducation du vice pour toutes les races. Tant de captifs de toutes les nations du monde, introduits par une longue et constante infiltration au cœur de la société romaine, que sont-ils devenus? La populace de la république et les affranchis de l'empire. Quand la Providence voulut appeler les peuples bar-

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