Lettres patentes, 1716, art. A
4. Note sur les ressources du Brésil, publiée sous le n" 281 des Avis divers du ministère de l'agriculture et du commerce (1845), citée par la Presse du 29 décembre, même année. — Cela n'existe plus au Brésil, mais pourrait se retrouver sur la côte orientale d'Afrique.
5. « La compagnie sera exempte des droits de capitation pour les nègres qu'elle fera transporter dans les îles d'Amérique, où elle pourra faire des magasins en attendant la vente d'iceux. » (Lettres pcUentesile 1696, art. 22.)
6. « Nos îles sont en état de soutenir une navigation et un commerce considérables pour la consommation et le débit des nègres, denrées et marchandises, » etc. (Lettres patentes d'octobre 1727; Code noir, p. 332.)
par un préposé européen, sans pain, sans vivres, quand les frais de nourriture dépassent leur valeur ; ceux qu'on achète entassés à fond de cale ou dans d'étroits entre-ponts, mourant faute d'air et mourant dans une proportion prévue par le calcul : 50 pour 100 sont abandonnés à la nécessité d'aller vile et de n'être pas vu ; et, si l'on ne peut échapper aux poursuites, toute la masse jetée à la mer, car de toule manière elle serait perdue ; et d'ailleurs on est assuré I Voilà ce que l'antiquité ne connaissait pas et ce qui s'est produit au dix-neuvième siècle, ce qui se produira avec d'autant plus de rigueur que la traite sera plus sévèi^ement poursuivie dans ses effets sans qu'on en ait supprimé le principe, c'est-à dire l'esclavage*. Après de semblables préludes on peut se figurer si les bazars du Brésil ou de la Havane l'emportaient de beaucoup sur Içs marchés d'Athènes. Mais, dans les colonies où la traite ne se fait plus, l'esclave n'en est pas moins un objet de commerce. Les nègres y sont toujours des choses vénales, mises aux enchères et vendues publiquement avec des bestiaux et autres objets mobiliers de leur espèce ; et dès lors, dans le silence de la loi, toutes les garanties données à l'acheteur contre le vendeur, tous les moyens d'épreuve
1 . Voyez de nombreuses citations recueillies dans TAppel sur Peseta^ vage et la traite des nègres, par la Société des Amie. Il ne suf6t pas de signaler leur zèle ardent sur cette question pour accuser leur bonne foi et démentir leurs textes. Nous renvoyons d'ailleurs à un excellent article de la Revue des Deux Mondes (1" avril 1845). L'auteur y montre que ni les conventions de droit de visite, ni les croisières, n'éteindront la traite ; car plus le péril sera grand, plus grand sera le profit. Le prix des esclaves baissera dans les pays qui les produisent, s'élèvera dans les pays qui les consomment; la prime, devenue plus forte, excitera plus d'efforts à la gagner. Tout retombera sur les nègres. Au lieu de 50 pour 100 on en pourra perdre 75. (Cf. la Note du ministère du commerce citée plus haut.) Voyez aussi notre introduction.
subsi>tenl en droil : que si Ton en fait moins usage, c'est par respect pour soi-même et non pour l'esclave. Vainement porle-t-il au front le sceau de la ri^généralion chrélienne : c'est une chose qui vaut tout juste ce qu'on Ta payée. C'est à ce titre que l'esclave entra toujours dans la maison de son maîlre; c'est à ce titre qu'on l'y emploiera. Mais l'esclave n'est pas une chose dont la destination ait été marquée par la nature. L'homme, qui l'a fait tel, y a pourvu; et nul objet, dans les usages de la vie, n'eut de destinations plus nombreuses et plus variées, comme on le verra au chapitre suivant.