‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 26 sur 366 · L'ESCLAVAGE DANS LES COLONIES (1847). XXXIII · texte numérisé non relu

L'ESCLAVAGE DANS LES COLONIES (1847). XXXIII

bares à la civilisation de Rome, c'est domine maîtres et non comme esclaves qu'elle les y fit entrer.

Il faudra donc retrancher l'antiquité des arguments présentés en faveur de celte institution; mais dès lors toute la philosophie de l'esclavage a perdu son fondement. L'esclavage n'est plus une loi essentielle de l'organisation de la famille, une condition nécessaire du progrès de l'humanité; il n'a plus rien de providentiel ni de divin; il est tout simplement ce que le sens vulgaire nous le montrait : une usurpation de l'homme par l'homme. Il lui restera son ancienneté et ces obscurités des premiers âges où son origine se perd; il a été, je l'accorde, un fait avant d'être un droit, et c'est, si l'on veut, la raison pourquoi c il ne serait pas resté dans la mémoire « des peuples, dans les légendes, dans les hymnes, dans les poèmes quelque chose de cette époque terrible, sacrilège et abominable, où des hommes auraient enchaîné, de propos délibéré, d'autres hommes, leur auraient ôté non-seulement la liberté, mais beaucoup plus que cela : leurs familles, leurs droits, leur personnalité, leur nom; beaucoup plus que cela encore : la foi en euxmêmes, la conscience de la noblesse et de la sainteté de leur nature *. > Cette énormité ne s'est point faite en un coup parmi les peuples anciens ; la date nous manque donc; mais nous l'avons pour l'esclavage moderne : elle s'est accomplie au quinzième

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