‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 256 sur 366 · Dém. c, Néœr,, p. i55i · texte numérisé non relu

Dém. c, Néœr,, p. i55i

2. hiTi T&t; {Aiv X'jo»/.8voi; Ta; iraipa; eixoai xal Tpiâxovtft avwv, etc.

(Isocrate, De rechange^ p. 124, Orelli.) Le texte de Bekker (p. 410) ne porte pas le mot sraipa;, mais le sens est le même.

5. Térence, Phorm.W, m, 664; Adelph. 11,1, 192-, Phorm. IIÏ, n,

4. Nonne, ubi mi dixli ciipere te ex .flthiopia Anciliulam, relictis rébus omnibus»

Quœsivi? Porro eunucbum dixti velle te, Quia solaB utunlur bis rcgin»; reppei'i. Ileri minas pro anibobus vipinli dedi.

iEwi.l, H, l(Vi-lC9. )

2i4 LIVRE I. CHAPITRE Vil.

rants que des rançons ; mais la rançon des captifs devait être généralement réglée sur le prix moyen des esclaves. Une série de textes, cités par Bœckh, en fait suivre les progrès d'âge en âge. Un peu avant la guerre 'médique, la rançon est de 2 mines ^ ; au temps de Denys rAncien, de 3 mines*; au temps de Philippe, de 3 à 5 mines '^; sous les successeurs d'Alexandre, de 5 mines pour les esclaves et de 10 mines pour les hommes libres \ C'est aussi au prix de 5 mines que Cléomène, n'ayant pu rendre à Sparte une population de citoyens, offrait aux hilotes la liberté et le droit de concourir, les armes à la main, à la défense du territoire envahi *. Ces prix, on le voit, répondent asseï bien à la valeur moyenne des esclaves fixée par les orateurs et à celle qui devait être en usage dans les temps voisins •. Nous laissons à l'écart la rançon de certains personnages distingués par leur caractère ou par leur fortune : Platon racheté 20 ou 30 mines (de 1,738 à 2,608 francs)'; Nicostrate, 25 mines (2,260 francs)', et cet Amphiloquc, envoyé par Philippe pour traiter du rachat des prisonniers, et qui, arrêté par Diopithe, ne recouvra la liberté qu'au prix de 9 talents ^ Mais ces prix, fixés par ravidllé du pirate spéculant sur sa proie, n'avaient pas plus de mesure que les prix donnés par la passion ou par le caprice pour une esclave de luxe.

Des sources d'un autre genre nous ramènent aux valeurs moyennes que nous avons acceptées.

C'est d'abord le papyrus égyptien faisant l'annonce de

i.Hérod.V, 77. — 2. Arislot. Écon. II, p. 1549, éd. Bekker. - 3. Démoslh. Sur rambass.y p. 934. — 4. Diod. Sic. X\, 84. — 5. Plut. Cléom , 23. — 6. Tite-Live. XXXIV. bO. ~ 7. Diogène Lnërce, IIÏ, il (20). — 8. Dém. c. Nicostrate, p. 1248. Tous ces textes et .plusieurs autres sont cités par Bœckh, /. /., p. 120-122. — 9. Lettre de Philipj)e, ap. Dém., p. 159, 1. 15.

deux esclaves fugitifs, frêle document d'où Letronne a su tirer tant de notions historiques, spécialement sur l'esclavage. La récompense promise dans l'un et l'autre cas est de 2 talents 3,000 drachmes, pour qui ramènera le fugitif; et, pour celui qui indiquerait sa retraite, 1 talent 2,000 drachmes, si c'est un lieu sacré, 3 talents 500 drachmes, si c'est la demeure d'un homme solvable : différence qui peut paraître bizarre, mais qui pourtant s'explique, comme le montre le commentaire. Si l'esclave est protégé par le droit d'asile, il est plus difficile de le reprendre : mais, s'il a trouvé refuge auprès d'un particulier, on a le droit de se le faire rendre, quand le receveur est solvable, avec dommmages et intérêts.

Le prix donné à celui qui ramènera l'esclave représente mieux, dégagée de ces considérations étrangères, la valeur qu'il doit avoir : c'est 2 talents 3,000 drachmes, et Letronne a montré qu'il s'agit du talent de cuivre, équivalant à la mine d'argent, c'est donc 2 mines et 1/2 (217 fr. 36 cent.), valeur modique pour l'époque : car cette affiche, égarée parmi les temps modernes, a sa date, grâce à l'ingénieuse perspicacité du savant critique; elle est de la 25^ année de Ptolémée Évergète II (Physcon), du 9 août 145. Peut-être en effet la récompense était-elle un peu au-dessous du prix réel de l'esclave; il faut bien que le maître ait eu aussi quelque intérêt à le retrouver, et ce ne devait pas être un intérêt d'afTection. Remarquons, d'ailleurs, qu'il s'agit de deux fugitifs, et cette note à elle seule diminue déjà leur valeur ; de plus, l'un d'eux n'en était pas à son coup d'essai : il en portait la marque accusatrice; et, enfin, ils paraissent avoir été employés aux derniers usages du service intérieur*.

Page 1