‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 257 sur 366 · Voyez le commentaire d(j Lelronne · texte numérisé non relu

Voyez le commentaire d(j Lelronne

Après ce papyrus, on a pour moyen de contrôle un assez grand nombre d'inscriptions, dont quelques-unes sont dues à Chandier, un plus grand nombre aux découvertes d'Otfr. MûUer et de M. Curtius, et beaucoup plus encore, nous Tavons vu déjà, aux explorations de deux membres de l'École française d'Athènes, MM. Wescher et Foucart. Elles attestent la consécration ou plutôt la libération de l'esclave sous forme de vente, où le dieu est l'acheteur; et le prix, déposé par l'esclave entre les mains de son ministre, est exprimé dans ces contrats solennels. 11 est le plus communément de 5 à 4 mines. Dans les quatre cent trente et une inscriptions du recueil de MM. Wescher et Foucart, cent cinquante esclaves environ, hommes et femmes, en nombre à peu près égal, sont vendus au prix de 5 mines chacun, et cent vingt au prix de 4 mines. Au-dessus ou au-dessous de ces prix , les nombres haussent ou baissent sensiblement. Ainsi quarante-cinq, dont vingt femmes, sont vendus 2 mi« nés; quatorze, jeunes garçons ou jeunes filles pour la plupart, 1 mine et quelque chose; trois ou quatre, moins de 1 mine; et d'autre part, on en trouve quarante, hommes ou femmes, vendus 5 mines ; vingt à vingt-cinq, 6 mines; un homme, 7 mines; un esclave acheté et un Sidonien, 8 mines; un autre encore, 9 mines ; trois femmes, nées à la maison, 7, 8 et 10 mines; une autre, 8 mines ; une autre encore, joueuse ou fabricante de flûte (ts/vî^tiv aùXyjTpiSa), 10 mines; un jeune garçon né à la maison, 10 mines; une femme, née à la maison, 15 mines K Les barbares ne sont pas exclus des prix les plus élevés. Sur

1. Ce dernier exemple se trouve dans le Voyage archéologique en Grèce et en Asie Mineure, de M. Ph. Lebas, partie 111, sect. ii, S 8 (Delphes), n'901.

cinq hommes estimés 10 mines, on compte deux Thraces et un Galate. Un Arménien seul atteint le prix de 18 mines ^ D'aulres inscriplions analogues, trouvées à Chaléon (près d'Amphissa) et à Tithoréeen Doride, donnent des nombres qui aUeignent et dépassent même les prix les plus élevés des inscriptions de Delphes. AChalcon 1,000 drach. mes (10 mines) pour un esclave; à Tilhorée, un esclave est estimé 5 mines, une femme 10 mines en deux inscriptions; un homme va môme jusqu'à 20 mines*. Quant aux prix moyens de 3 et 4 mines, s'ils sont un peu inférieurs à ceux que nous avons tirés d'ailleurs pour le même temps, il faut noter que ces actes étaient, sous forme de vente, des affranchissements à titre onéreux, et que pour plusieurs se joignaient au rachat l'obligation do rester auprès du vendeur, soit pour un temps défini, soit pour le temps de sa vie entière , ou de payer, soit ù lui, soit pour lui, certaines redevances. De pareilles condilions faisaient un prix supplémentaire, qui devait néces* sairement diminuer l'autre. Une femme vendue au dieu 5 mines, à la condition de rester auprès de ses maîtres, tant qu'ils vivraient, se rachète ensuite de cette obligation, moyennant 5 mines ; le second acte est inscrit à côté du premier'.

Plusieurs de ces inscriptions se rapportent évidemment

1. Voyez Wescher et Foucart, Insciiptions recueillies à Delphes ^ et notamment, pour les prix les plus élevés, les n*** 93, 235, 261, 206, 273, 528, 54i, 3ô5, 424, 429. Voyez en outre le tableau sommaire dressé par M. Curtius, dans son mémoire, pour les inscriptions qu'il a publiées, Anecdota delphica, p. 37. Ck Bœckh, Corp. insa\, n- 1707, 1702, 1705.1099. 1704 et 1007.

2. Wieinisches Muséum, 3" série, t. II, p. 555. L'inscriplion n'indique, sur ce dernier, ni ses qualités ni son ori^nne.

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