‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 258 sur 366 · Wescher cl Foucarl, n"* 253 et · texte numérisé non relu

Wescher cl Foucarl, n"* 253 et

Si8 LIYRE I. GIIAPITRB VII.

à la période romaine, comme celle d'Uyampolis qui invoque le nom de Trajan ; toutes au moins sont d'un Age postérieur à Alexandre : M. Curtius et BIM. Wescher et Foocart après lui pensent que pas une seule ne peut remonter au delà des temps macédoniens. Elles sont donc d'une époque où l'argent, devenu moins rare, avait élevé la valeur des objets, et Ton doit y trouver une moyenne un peu plus forte qu'au temps de Démoslhéne. Cette moyenne, que l'on peut évaluer, toutes conditions mises en ligne de compte, à 4 ou 5 mines, confirme donc les nombres plus faibles auxquels nous nous sommes arrêtés pour les temps antérieurs. Les exceptions dans l'un et dans l'autre sens n'y font rien. Les prix de 1 mine et de moins]d'une mine se trouvent surtout pour des enfants, ou lorsqu'à la vente se joignent des conditions qui en diminuent la portée S Si les conditions manquent, on peut croire qu'il y a des raisons sous-entendues : raisons d'affection, comme dans le cas de cette femme esclave, née à la maison, taxée i 20 statères (80 drachmes) par une jeune fille qui la donne au dieu, avec le consentement de sa mère et de ses frères : ce serait une sorte de milieu entre la donation et la vente, une libération presque à litre gratuit; raisons d'intérêt aussi : il pouvait se trouver tel esclave devenu si entièrement inutile, quMl y avait tout profit pour le maître à s'en débarrasser au prix de 1 mine, de 20 statères et de moins encore'. Quant aux prix de 10, de 15 et de 20 mines, ils n^ont rien d'extraordinaire pour des cas particuliers. Ainsi, même au temps de Démosthène, deux citoyens, on Ta vu, avaient acheté Nésera 30 mines, et ils l'affranchi-

i. Wescher el Foucart. n"' 19, 29, 166, 239, 255. 2. Ibid,, n« 125 et 128.

rent pour 20 mines; et remarquons que c'est aussi généralement à des femmes que se rapportent ces prix.

En résumé, nous trouvons donc, entre la guerre du Péloponnèse et le règne d'Alexandre, les prix de 2 mines (174fr.), 2 mines 1/2 (217 fr.), pour les esclaves des mines ou des travaux inférieurs; de 3 à 4 (261-348 fr.) pour les esclaves artisans; de 5 à 6 (435-622 fr.) pour les chefs d'atelier, avec des prix correspondants pour les esclaves domestiques, selon la nature de leur service; les prix s'élèvent, pour les esclaves dont on paye Tinlelligence et le savoir, jusqu'à 10 et 15 mines (870-1304 fr.); ils montent plus haut encore, pour les esclaves mis au service du luxe ou du plaisir (on a pu en juger par plusieurs cas de louage ou de vente) : de 20 à 30 mines (1739-2608 fr.) ; et ici il n'y a point de limite. Mais, quand on opère sur de grandes masses, quelle que soit la condition de chacun, la moyenne est de 2 mines (174 fr.) vers le temps de la guerre médique, de 5 (261 fr.) entre la guerre du Péloponnèse et Alexandre, et de 4 à 5 mines (348 à 435 fr.) sous les rois qui lui ont succédé.

Voilà donc ce qu'était estimé l'homme parmi les Grecs. Un lettré, au temps de Démosthène, pouvait valoir le prix d'un cheval* : il est vrai que l'Attique avait peu de chevaux et beaucoup de lettrés. L'homme, en effet, du moment qu'il n'est plus qu'un instrument dont on peut trafiquer, ne vaut plus que ce qu'en vaut l'usage ; et si, par le concours des circonstances, la marchandise est plus offerte que demandée, la valeur en baissera au-dessous du prix des objets les plus vulgaires : en Thrace, des hommes

1. Un cheval est estimé 12 mines dans Aristophane (Nuées); un autre est donné pour gage d'une créance de la même valeur dans Fiysias. Voyez î^etronne, Mémoire sur la population de VAUique.

tiO LIYRB I. CHAPITRE VII.

s'échangeaient quelquefois contre du sel^ La condition des esclaves, sans doute, ne suivra pas toujours ces varia* tions de leur prix, car on ne peut entièrement faire abstraction delà nature; mais il est impossible qu'elle ne r<?s* sente point aussi Tinfluencc de leur valeur, et cet hommCj tombé au rang des choses dans le domaine commun, subira, en bien, en mal, la dure loi de la propriété.

aiay^toi «Xûv âvT«c«Ty,X).aTTcv7o tco; ouïra;. (Poil. Vfl, 14.)

DU .>OMBni: DES ESCLAVES EN GHÈGE, ET rARTICULlÈnEMEiNT

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