‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 264 sur 366 · I. Hem I tôt mea · texte numérisé non relu

I. Hem I tôt mea

Solius soUiciti sunt causa, ut me unum expleant ? Ancills tôt me vestiant ? Sumptus domi Tantos ego solus faciam?.. .

Anciilas, servos, nisi eos qui opère rustico Faciundo facile sumptum exercèrent suum.

Omnes produxi et vendidi.

(Térence, Heaulont. I. i, 128.) "i. Voyez Théophraste cité plus haut. — 5. Âthén. XII, p. 553. Cf. Plut. Cim. 9.

6. El où [Atv x^A^^^A 9cpeî(... xftt Tptî; ncd^oLç axoXouAou; irtpt«-ptc. (Dém. /70tir Phorm., p. 958, 1. 15.) 11 fait le même reproche à Midits : Kai TpEÎ; «xoXoûdou; r^ uxtcl^clç aÛTO; lx«*« (C. Mid,, p. 565-566.)

En général, aussi, it faut le dire, on ne dépassait pas certaines limites dans l'emploi do Tesclavage à l'intérieur. Les Grecs, en tout amis de la mesure, pratiquaient volontiers ce précepte d'Aristote, que la multitude des serviteurs est moins utile qu'embarrassante ^ Aristote et ses disciples y étaient-ils moins fidèles? Nous avons précisément pour en juger les testaments des quatre premiers chefs du Lycée. Aristote avait plus de treize esclaves : par ce dernier acte de sa volonté, il en affranchit cinq, en lègue huit, et il restait encore plusieurs enfants qu'il ordonnait de ne pns vendre, mais d'élever et d'affranchir plus tard suivant leur mérite •. Théophraste, qui, après lui, fut le chef de l'école, en a neuf : il en affranchit cinq, en donne trois, et fait vendre le dernier*. S(raton, successeur de Théophraste, en a plus de six; car il en affranchit quatre et en donne deux à prendre parmi ceux qui restent, au choix de son héritier principal. Lycon, enfin, le quatrième, en a douze: à l'exception d'une femme qu'il donne à un de ses affranchis, il leur lègue à tous la liberlé, soit, à sa mort, soit après un certain intervalle'. Pour l'honneur de la logique, croyons que l'usage d un tel nombre d'esclaves, très probablement domestiques, ne paraissait point sortir des bornes de la modération prescrite par ces philosophes. Était-ce la mesure ordinaire? Non, sans doute, d'autres pouvaient se contenter de moins. Mais rarement, dans les fortunes moyennes, on descendait au-dessous de trois ou de quatre. Dans toutes les scènes d'intérieur, la comédie fait à Tesclavage un rôle

1. ^9irep it Taî; oùenxxî; ^laxov'ai; oî itoXXol Otpairovw; tvîore xiîp'.v uTCT.pgTwai Twv IXaTTo'vwv. (Arist. Pol. II, I, 10.)

2. Diog. Laérce, V, i, 9 (12-16). Voyez Sainte-Croix. Mém, $ur la populat, de VAttique (Acad. des inscripL, t. XLVIII, p. 147 et suiv.).

3. Diog. Laérce, ibid. ii, 14 (55-57). — 4. Ihid. m, 7 (62-64). 5. Ihid. IV, 9 (7W4).

qui ne suppose pas moins do personnages pour le remplir (22) ; cl ce qu'on voit au théâtre, dans ces peintures si souvent fidèles, quoique fictives, de la société grecque, se retrouve dans les tableaux de la vie réelle que les orateurs exposent devant les tribunaux. Néaera, femme prétendue de Stéphanus, a un esclave et deux femmes qui lui ont été données pour son usage personnel ^ Elle y joint deux autres jeunes filles qui, d'ailleurs, il faut l'avouer, pouvaient bien ne pas être employées exclusivement à la servir*. Dans des maisons moins suspectes, un plus grand nombre de femmes, réparties entre les fonctions si multipliées qu'inventent le luxe et le loisir, pouvaient être, comme le grand nombre d'esclaves en général, un signe d'opulence'; mais, dans les limites que nous avons posées, il n*y avait rien que d'ordinaire, et j'oserai dire de général.

Autant les femmes étaient rares dans le travail de l'atelier \ autant elles étaient communes dans les soins du ménage. Il n'en était pas chez les Grecs autrement que chez nous. La femme, qui coûtait moins que l'homme, était employée de prétérence partout où sa force personnelle pouvait suffire au travail. Aussi rencontrons-nous des femmes esclaves dans tous les intérieurs qui nous sont ou-

1. Dém. c. ^'éœr,, p. 1550, 1559. Dans le Pœnulus, chacune des deux esclaves du prostitueur Lycus a deux suivantes : « Binas singulis qux dalae nobis ancillîe. » (I, n, 221.) Cf. le Slichiis de Plaute et VHécyre de Térence.

Page 1