‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 272 sur 366 · Lysias, De Vimpiété de Calli(u,p · texte numérisé non relu

Lysias, De Vimpiété de Calli(u,p

2» AX)/ ftirei -h {xiv iroXi; èx ^Xeiovcov vi (xuptuv ctxiûv ouvéaruxc. (Xén* Mém. lU, VI, 14. Cf. Écon, viii, 22, et Isée, Sur la success. de Philoo témon, p. 134.)

DU NOMBRE DES ESCLAVES EN GRÈCE. Si;")

L'esclavage, sans être surabondant, était donc assez nombreux dans le service privé; mais il Tétait, sans comparaison, davantage dans les travaux de Tindustrie ou du commerce, et, si le texte d'AlIiénée pouvait se défendre, c'est ici qu'il faudrait surtout en chercher la justification.

L'esclavage n'était pas seulement l'instrument, mais, pour ainsi dire, la force motrice du travail antique. Ce que font les machines aujourd'hui, ce que faisaient les chevaux avant nos machines, s'accomplissait, dans les limites où ce travail était naturellement renfermé, par les bras des esclaves : même le transport du minerai, du fond de la tranchée à la surface du sol, se faisait par eux (24). Ils étaient donc beaucoup moins un des accessoires du luxe qu'une cause productive de la richesse ; et les développements du commerce ou de l'industrie d'une ville se pouvaient mesurer, en quelque sorte, sur le nombre et la puissance de ces bras. Or Athènes n'était pas seulement une ville de commerce, mais encore une ville d'industrie; et elle ne produisait pas tant pour elle que pour le resle. de la Grèce : la nécessité même, qui la contraignait à recevoir une partie de ses approvisionnements du dehors, amenait les marchands étrangers ou indigènes à prendre en échange les productions de ses fabriques. Aussi l'industrie n'était-elle point l'occupation d'une classe parliculière, mais de la ville tout entière, sous la protection des lois. Les citoyens de toute profession, généraux ou hommes d'État, orateurs ou philosophes, exploitaient leurs capitaux, soit à la campagne par l'agriculture, soit dans

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la ville par la banque, parla fabrication, par le commerce, quelquefois par ces trois choses en même temps, et toujours au moyen des esclaves.

Le nombre des citoyens intéressés à l'agriculture était assez considérable, s^l est vrai qu'après le renversement des Trente il n'y en avait pas plus de 5000 dépourvus de propriété rurale* : 15 à 16 000 auraient donc eu quelque partie de la terre et des esclaves pour la faire valoir; et, sur un sol qui demandait tant dUndusIrie, ce n*est pas trop que d'en compter deux par héritage. Il y avait d'ailleurs, au milieu de ces petites propriétés, des domaines plus étendus*, comme on peut l'inférer des principaux traités d'agriculture qui nous sont restés. Xénophon, au livre des Économiques, nous montre, chez Ischomaque, à tous les degrés du commandement et de l'obéissance, le maître, le régisseur et les esclaves, la maîtresse, l'intendante et les femmes employées sous sa surveillance : double hiérarchie qui suppose une assez nombreuse maison'. Le travail de la terre, la culture de la vigne, de l'Olivier et de tout ce qui composait le domaine rustique, l'élève du bétail et les soins de ces troupeaux, qui paissaient dans les terres vagues des montagnes, pouvaient donc bien occuper de 30 à 40000 esclaves : posons 55 000.

Toute la richesse de TAt tique n'était point à la surface du sol. Le sein de la terre recelait des trésors que l'industrie en tira de bonne heure : je veux parler des mines

i. H était question de ne laisser les droits politiques qu*à ceux qui avaient la propriété du sol (tyiv «ipîv cx^^uoi), et cinq mille citoyens étaient menacés de les perdre. (Denys d'Haï. Lys, 32, et le fragmejit de Torateur, 55.)

2. Démosthène, dans le discours contre Leptine, dit que le roi Leucon possédait de grandes propriétés en Attique. (P. 469, 1. 5.)

5. Xénoph. £con., particulièrement les chapitres vu, ix*et de xi à xvi.

et des carrières. Les mines, surtout, furent pendant quelque temps une source abondante de profits pour FÉtat et pour les particuliers. L'État, qui en restait le maître incommulable, encourageait à ces entreprises par des privilèges : on n'était point tenu de comprendre ce qu'on y possédait dans la déclaration de biens qui devait accom*« pagner toute demande d'échange. Aussi beaucoup y eurent part, et un assez grand nombre d'hommes étaient employés aux travaux ^ C'est peut-être la faveur acquise d'abord à ces exploitations qui avait suscité l'usage d'y louer des esclaves, usage presque indispensable à leur développement et à leurs progrès. Pour former en effet quelque entreprise nouvelle, il n'eût point suffi d'avoir des hommes, il fallait encore des hommes exercés déjà à ce genre d'industrie. Or, dans l'antiquité, l'ouvrier, n'étant pas libre, ne pouvait pas s'attirer par le salaire : il eût fallu l'acheter, Tacheter d*un maîlre rival ; et, quand bien même la concurrence n'y eût point mis d'entraves, c'était, dès le premier abord, une mise de fonds assez considérable pour une tentative dont le résultat n'avait rien que de hasardeux. On évitait en partie ces inconvénients en louant des esclaves. Cette spéculation favorisait l'établissement de forges nouvelles, et, en aidant ainsi à multiplier les exploitations, pouvait contribuer encore à augmenter le nombre des esclaves. Toutefois, nous l'avons dit plus haut, nous sommes bien loin d'accepter pour ce nombre les exagérations du personnage d'Athénée, et nous nous rangerons à l'avis si judicieusement motivé de Letronne, qui le réduit à un peu plus de 10000 : nombre attesté,

1 . Panténèle, nous Tavons vu, avait une forge où travaillaient trente esclaves, et une seconde, du prix de 90 mines, qui ne devait pas en occuper moins. (Dém. c. Panlénètef p. 967 et suiv.)

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selon nous, par Xénophon lui-nièmev lorsque, sobstitoant Vf.iàl aux particuliers dans la possessioo des esclaves, il semble l'accepter comme suffisant aux besoins do moment. Il ne se bornait pas là pour ravenir, mais ses espiM'ances ne se réalisèrent point, et déjà au temps de Démétrius de Phalùre ces produits, qu*il croyait intarissables, se réduisaient tous les jours. Cependant les eflbris n'avaient point diminué, ni le nombre des esclaves qui fouillaient encore les flancs bientôt épuisés de ces collines*.

Après Tagriculture et Texploitation des mines, les branches diverses de l'industrie ou du commerce se partaf^eaiont le reste des esclaves dans une proportion moindre peul-étre pour chacune, mais plus considérable dans leur ensemble. Le père de Timarque, nous l'avons vu, avait, sans compter ses forges, neuf ou dix ouvriers corroyeurs, etc. ; rhéritige de Démosthùne comprenait deux ateliers, l'un de 33, l'autre de 20 esclaves. Des esclaves ouvriers se retrouvaient encore dans la fortune de Lëocrate, dans rhérilage d'Kuctémon*. Le commerce, soit dans la vente au détail sur le marché d'Athènes, soit dans ces négociations qui s*élendaienl aux rivages les plus éloignés, employait les mfimes instruments. 11 faut compter à l'Attique ces esclaves nombreux, portés sur les rôles de sa population et dispersés sur toutes les mers du monde grec*. Xénophon indique positivement que la puissance maritime d'Athènes était ce qui les lui rendait h) plus impérieusement nécessaires. Nous n'avons parlé que des Athéniens, mais,

1. Slrab. \\l p. 147; Athén. VI, p. 2.55, e. Cf. Diod. V, 57, ap. Bœcidi, Traité sur les mines de Laurium.

2. Lyc. c. Léocrate, p. 179; Isée, Sur Vhér, de Philoctémon^ p. liO.

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