Un.Rép. Ath. i, ii
qu'on le remarque bien encore, les métèques ou étrangers admis à la jouissance des droils civils, tous industriels ou commerçants, avaient, à ce double titre, des esclaves, autant que les citoyens eux-mêmes. Ainsi Torateur Lysias et son frère, tous deux métèques, possédaient ensemble plus de cent vingt esclaves, serviteurs ou artisans*.
Comme pour les mines, il y avait là aussi des hommes qui, sans se jeter personnellement dans les hasards de l'industrie, avaient des esclaves qu'ils louaient. On trouve de ces esclaves de louage (lAioOotpopoOvTa) dans la succession de Ciron, par exemple*. Ce fait s'explique ici tout aussi naturellement que dans lexploitalion des mines ou dans le service extraordinaire des fêtes et des banquets. L'industrie et le commerce ne réclament point toujours le môme nombre de bras. Ce qu'ils exigent dans les moments où ils ont le plus d'activité est bien au delà de ce qui leur suffit dans Tusage de tous les jours. Quand le travail est libre, on prend et on laisse l'ouvrier selon la mesure des besoins courants. Quand l'esclave, presque seul, est ouvrier, et qu'il faut posséder les insirumenis de travail, l'intérêt du maître lui commande de n'en point avoir au delà du terme moyen. C'était donc dans ces limites que la possession des esclaves de travail devait généralement se contenir; et quand le mouvement des affaires s'élevait davantage, on ajoutait aux ouvriers ordinaires des ouvriers loués à la journée*. Ces esclaves de louage faisaient, dans le mouvement du travail d'une