Xén. Rép. Alh. i
5. Êcon, pol. h 15 (t. I, p. 152), et mémoire cité, p. 215-210. — Le médimne représente 0 iiectol. 520 246 ou un peu plus de 52 litres. Alexarque, frère de Cassandre, roi de Macédoine, qui voulait faire des mots nouveaux, appelait la chénice hémérotrophidef c'est-àdire nourriture d'un jour. (Héracl. Lembus, ap, Athén. 111, p. 98, e.) Athénion distribuant une chénice d'orge par tète pour quatre jours aux Athéniens : c Cest, disait-on, la ration d'un coq et non d'un homme. » (Posidon. ap. Athén. V, p. 214. f.)
pensé aussi que la mesure était trop forte, appliquée à une population tout entière, qui comprenait, avec les hommes, des femmes, des enfants, des vieillards. Aussi lui Font-ils subir une notable réduction. Bœckh, en la conservant pour resclave adulte, n'en prend que la moitié environ pour renfaiit esclave, et la moitié de ces deux nombi-es pour l'adulte et Tenfant de la classe libre, dont la nourriture se composait moins exclusivement de blé : en lout trois millions de médimnes environ par année pour la population de TAttique, évaluée à 500 000 âmes*, d'après Athénée. Lctronne, comparant la consommation de l'Attique à celle de la France, d'après Dupré de Saint- Maur (3 seticrs ou i hect., 68), trouve qu'à raison d'une chénice par jour, ou de 7 metlimnes "/5 par an, la prcmiéie ne serait encore que les i/7 de l'autre, et cela ne l'empêche pas de réduire à 5 i de chénice la consommation journalière, pour tenir compte des femmes et des enfants : ce qui fait h médinmeso 8, on 5 hect., 9'26i par personne et par année ; ce seraient, pour 510 000 habitants, 1 Tiô 750 médimnes, ou 907 180 hectolitres*. Remai'quons
I. 7 iiipdimnes ." S pour lesclavo ndulto, pendant une année comnnnu' <lo ."Mi jours, et i médimnes pour les enfants : les premiers lomplrs au nombre de .liO.OOO, et les seconds de l>:»,000 = 2,ti07,ôOO médimnes: i médimni's pour le^ ndniles libres, et 2 modiinnes pour les enfants formant la moitié de celte classe, en lout 405,000 médinmes pour tr».'».000 âmes; sonnne totale r),0i2,.*)00 médimnes pour les r)00,0()0 liabilanls. Uemanpions pourtant que Bœckh aurait pu admettre, pour les esclaves, une partie de la réduction qu'il adnxt pour les hommes libres, car leur nouri iture ne se compcsnit pas plus exclusivement île blé que celle <le ces derniers ; seulement le complément était d'une nature plus grossière : c'étaient des salaisons. On voit dans l)ém«)sthène qu'on en importait, pour la nourriture des esclaves labimreurs. jusque dans le> pays les plus fertiles en blé. dans celui qui envoyait le sunniit de sa production en Altique, à Théodosie.
ti. Nous nous sonnnes servi, pour la conversion des mesures an-
pourtant que le rapport établi, sur la foi de Dupré de Saint-Maur, entre la consommation de TAttique et celle de la France, repose sur une base fort exagérée. La consommation annuelle de la France, calculée pour chacun des 86 départements dans les bureaux de la statistique générale de l'État, depuis 4835, donne, comme moyenne générale pour toute la France et par habitant, 2 hect., 71 de toutes les gi^aines qui forment la nourriture de l'homme; et, pour la région sud-est, la plus rapprochée de TAttiquc par son climat, 2 hectolitres, 42 seulement *. On pourrait donc, malgré le supplément de nourriture que trouvent les classes pauvres dans un produit tout moderne *, regarder cette consommation annuelle de 5 médimnes 5/8 ou 2 heclolilres, 93 comme trop forte pour l'Attique, et la réduire d'un douzième de chénice par jour : soit 2/5 de chénice au lieu de 3/4. Ce seraient, par année, 5 médimnes ou 2 hectolitres, 60 par personne, nombre qui, compris entre la moyenne générale de la France et la moyenne de la région sud-est, parait plus voisin de la vérité. La consommation totale ne serait plus que de 1 550 000 médimnes. Mais, pour éviter toute objection sur la légèreté du blé dans l'Attique et dans le pays qui fournissait le plus à ses importations', nous nous en tiendrons au pre-
ciennes en nouvelles, des excellentes tables ajoutées par Dureau de la Malle à son Économie politique des Romains, Le livre tui*tnéme nous servira beaucoup quand nous serons arrivé à Tépoque romaine.
1. St€Ui8tique de la France, Agriculture (1840), !'• partie, p. 614, et 2* partie, p. 680. Le méridien de Paris et le 47* parallèle déterminent les quatre régions dans lesquelles cet ouvrage divise la France.
2. La pomme de terre, dont la consommation annuelle est évaluée, pour la région sud-est, à 2 '■••»<»»•, 51 (en y comprenant la nourriture des bestiaux); mais i*antiquité faisait aussi usage d'autres légumes farineux. Voyez Aristophane (Pair, 1144) : il parle aussi de Tusage des salaisons. (!bid, 567.)
3. Théophr. Hiit, des plantée, YIU, 4, p. 277-278 (éd. Wimmer).
260 LIVRE 1. GUAPITRE YIII.
micr nombre : 1 745 750 médimncs ou 907 180 hectolitres.
Voilà les besoins du pays en lui supposant 310 000 habitants. Mais a-t-il assez de ressources pour y satisfaire? et ce que Ton sait de sa production et de ses importations annuelles peut-il se concilier avec le fait d'une aussi nombreuse population? Si nous consultons Boeckh et Letronne, nous restons en suspens entre deux autorités si graves. L'un y trouve de quoi nourrir 500 000 habitants, Taulre ce qui suffirait à 24U 000 à peine ; et c'est à pea près sur les mêmes bases que se fondent ces deux opinions contraires, savoir : pour les importations, la comparaison faite par Démosthène de la quantité de blé que le Pont fournissait à l'Altique et de celle qu'elle tirait des autres pays ; pour la production intérieure, le rapport que Ton peut établir entre l'Attique tout entière et le domaine de Phénippe, dont retendue et le produit nous sont donnés dans un autre discours du môme auteur.
Quant au chiffre des importations, disons d*abord que les nombres dePorateur n'ont point en eux-mêmes un toi caractère d'exactitude et de précision, qu'on puisse, avec assurance, s'en appuyer pour une opération si délicate. La statistique, science qui laisse nécessairement tant de vague dans ses calculs, doit reposer au moins sur des bases non suspectes. Or les textes de Démoslhéne n'olTrenl point, 5 cet égard, toute garantie. L'orateur, plaidant conirc la loi de Leptine qui supprimait toute exemption de charges, veut montrer aux Athéniens à quoi ils s'exposent de • la part de Leucon, roi du Bosphore, frappé lui-même dans ce décret. Annuellement, dit-il, il vient du Bosphore à Athènes 400 000 médimnes de blé ; et, comme, un peu plus haut, les envois du Pont au Pirée étaient évalués a la
moitié environ de ce que le marché d'Athènes recevait du dehors*, Letronne en a conclu que les importations du blé étranger se bornaient à 800000 médimnes. Mais, sans insister sur ce qu'il y a de vague dans les expressions dont se sert Démosthène, sa pensée subissait tout naturellement ici l'influence de la cause, et elle le portail à l'exagération. On aurait pu regarder de près au chiffre qu'il donne pour les importations du Bosphore : c'était le chiffre sur lequel il fondait les droits deLeucon à la reconnaissance des Athéniens ; il en appelle aux registres des sitophylaces (inspecteurs pour le blé). Mais il n'appuie pas de la même autorité la balance qu'il établit entre les envois du Pont et le reste des importations étrangères : c'était une comparaison tout oratoire, et l'on aurait eu mauvaise grâce de lui demander ici de la rigueur.
Ajoutons que, parmi les pays qui fournissaient du blé à l'Attique, étaient des contrées limitrophes, la Béotie et l'Eubéc, qui, en temps ordinaire, débarquait ses convois au port d'Orope*. Or, bien que l'importation du blé fût soumise à un droit*» et peut-être parce qu'elle y était soumise, elle devait échapper souvent au contrôle de l'État*. Comment croire que le fermier de cet impôt ait
i. Hpo; Toîvov àiravT* tÔv ix t«v dcXXuv è|xirop^(ov ioixvcû^r^cv, 6 ix r^; novTcu otTOC tîoTrXsttv tariv * cd rotvuv irap* Ixitvou hûf à^ixv:6{&ivau otrou
{Àupia^i; inpt TiTTapoxovTa ctot. (Dém. c. Leptine^ p. 467. Cf. 466.)
2. Thuc. VU, 28. Orope, occupé alors par les Thébains, pouvait donc servir d'entrepôt à la fraude.
5. Démoslh. c. Néœra, p. 1353, 1. 20. L'impôt était du 50*. 4. Le ministre de Tagriculture et du commerce, dans la Statistique de la France, vol. Agriculture (p. xxxvn), reconnaît combien il est difficile de constater la production des choses qui supportent Timpôl, du vin, par exemple. 11 en pourrait dire autant, au volume du Com^ merce, sur la consommation des choses dont Feutrée est soumise à quelque droit.
262 LIVRE 1. CHAPITRE VIIK
pu prévenir la fraude par sa surveillance; et comment le nord de TAttique, en particulier^ n*eût-il pas trouvé le moyen de compléter ainsi ses approvisionnements, sans recourir au Pirée? Aussi, laissant le chifTre de 800 000 médimnes qui, en prenant Démosthène à la lettre, n*eiprimerait pas même rigoureusement la totalité des îm* portations, je crois volontiers que Bœckh, en élevant ce nombre à un million, n'a point excédé les bornes de la vérité. Si cette partie du Pont, soumise au roi Leucon, c'est-à-dire la région du Bosphore, une seule portion des rivages de TEuxin, entrait pour les 4/5 dans la somme totale des approvisionnements que tant d'autres pays, l'Ile de Chypre, TEubée, la Béotie, la Thessalie, envoyaient i TAttique S à coup sûr, sa part était encore fort large (25). Nous ne pensons donc pas qu'on puisse fixer à moins de 1 000 000 de médimnes les importations de blé en Atlique, et nous ne voyons pas môme le moyen d'établir une limite bien précise de ce côlé.
Mais admettons que cette limite n'ait pas été dépassée. L'Attiquc devrait produire, par elle-même, la différence de ce nombre avec celui que réclame la subsistance de ses habitants, ou environ 744 000 médimnes, plus la semence nécessaire pour fournir. Tannée suivante, à la consommation et à la reproduction. Et d'abord à quel chiffre s'élève ce supplément indispensable?
Dans la wSicile, dit Bœckh, on ensemençait de 1 médimne (52 litres, 0246) le jugerum (0 hectare, 2528) : c'est 2 hectolitres, 05 par hectare, et ce sol fertile rendait 8 ou 40 pour 1 *. On ne peut comparer l'Atlique à la
i. Lycurgue, c. Léocr., p. 149; Andoc. Sur son retour, p. 85, el les diflérents textes cités par Bœckh, loc lawl., p. 138. 2. Cic. Verr. U, m, 47.
Sicile, mais nous avons maintenant, dans la statistique générale des déparlements de la France, des moyens de contrôle plus multipliés et plus sûrs. La France, en effet, dans sa vaste étendue, présente, sous des climats divers, toutes les variétés de sol, depuis le département du Nord, où la semence est de 1 hectol.92, etleproduitde 20hectol. 74 par hectare (un peu plus que la production de la Sicile pour moins de semence), jusqu'au département de la Lozère, qui prend 2 hectol., 03 pour rendre 7 hectol., 504, c'est-à-dire 1 pour 3,60. Mais il y a entre ces deux extrêmes bien des intermédiaires ; et, pour nous borner aux rapports moyens qui, évalués sur une étendue plus vaste et résumant un plus grand nombre de cas, présentent moins de chances d'erreurs, la moyenne générale de la France est de 6 pour 1 ; et, dans les départements du sud-est, elle est d'un peu plus de 5^ Ces nombres sont précisément ceux qu'a trouvés pour l'Attique moderne, malgré l'épuisement du pays et la décadence de la culture, le voyageur anglais Ilobhouse, cité par Bœckh : la production générale du grain en Attique, dit-il, est de 5 ou 6 pour 1, et jamais de plus de 10*. Prenons le rapport le plus faible, de 5 à 1. Les 740 000 médimnes demanderont 158 800 médimnes pour semence ; et cette semence, qui entre dans la consommation annuelle, 31 760 médimnes pour la reproduire ; en tout environ 930 500 médimnes. Or l'Attique a-t-elle
i. statistique de la France, Agriculture. Dans le département du Var, le produit est de 9 "'•^''-.se pour 1 ""^'''sSO, ou de 5,06 pour i. Dans le département des Bouches-du-Rhône il est de 12 ''"»°>-,73 pour i " -»-'-,81, ou de 7,03 pour i.
2. « The soil in the neighbourhood of Keratea is very light and stony c and gives butascanty return to the husbandman ; indeed the gênerai € multiplication of grain in Atlica is five or six for one and never more « than ten. » (Ajoumey through Albania^ etc., p. 411.)
SOI LIVRE L CUAMTRE ÎIIL
jamais suffi à les donner? C*est là le point le plus àHkd de la question et jusqu'à présent le plus diversement rèsoh. Il importe donc de bien s'assurer des principes d'oà Ton a tii'é dos conclusions si opposées.
YI
Le problème, comme il a été posé par Letronne sons h forme la plus simple et la plus frappante, est une proportion établie entre retendue et la production de la terre de l'hénippe, données par Démostbëne, d'une part; et, d'antre partt rétendue de TAttique, présentée par les caries modernes, et ce qu'elle produit, terme inconnu que les trois autres doivent fixer.
La terre de Phénippe est évaluée par Letronne à 75 stades, et elle produit iOOO médimnes de blë; rAttique, i 53 000 stades, dont les 4/5 ou environ 44000 cultivables. Cette surface, contenant la première environ 600 fois, doit produire 600 fois davantage, = 600000 médimnes. Mais il faut en retrancher 1/5 pour la semence qui doit les reproduire: restent donc 480000; et ce n'est plus assez pour la population de l'Attique telle que Tévalue Letronne, en y joignant les étrangers de passage* . Cela suffira bien moins encore à la population telle que nous l'avons évaluée. Mais reprenons les termes de cette proportion.
i. Les 800,000 roédiranes apportés du dehors, et les 600,000 produits par TAttique représentent la nourriture de 240,000 hommes, parmi lesquels Letronne compte 2*20,000 habitants libres ou esclaves et 15,000 à 20,000 ôlraugers. Retranchez 120,000 médimnes pour la semence, et le blé manque pour 10,000 hommes environ.
El (l'abord est-ce bien là la surface de l'Attiquc? Letronne, qui, surtout dans Thypolbèse où il s'élait placé, avait suffisamment réfuté le texte d'Athénée, ne s'est point appliqué à vérifier par lui-même le premier terme de ce rapport. Il Ta emprunté à Barbie du Bocage, qui évalue ainsi l'étendue de celte contrée :
st. olymp. carrés. lieues anc. carrées.
L'Attique. . 55,000 = 74
Salaraine . 2,925 = 4 ^
Hélène. . . 450 = f
Total. . 56,375 environ 80*
Mais ces mesures, calculées par ce géographe d'après sa carte de 1785, reposaient sur une hase fausse. Le pays y est extrêmement resserré en longitude du port d'Orope au cap Chersonèse^ et en latitude du Pirée à chacun de ces deux points. La carte refaite par le même auteur, en 1811, corrige un peu ces défauts, et Bœckli, qui a fait mesurer d'après elle la surface de l'Attique par un habile cartographe, a donné les nombres suivants :
milles allemands. milles géogr. carrés. st. olymp. carrés.
L'Attique. . 39 ^ =623 = 62,500
Salaraine . 1 | =26 = 2,600
Hélène. . . ^ = 5 = 500
Total.. . "ÏT =656 = 65,600*
Celte évaluation, adoptée par la plupart des ouvrages allemands postérieurs à celui de Bœckh*, n'est plus suffi-
1 . Voyez aussi Sainte-Croix, Mémoire sur la populaiion de VAUique,