‹ Histoire de l'esclavage dans l'antiquité (volume 4)Chapitre 28 sur 366 · L'ESGLAVACIE DANS LES COLONIES (1847). XXXV · texte numérisé non relu

L'ESGLAVACIE DANS LES COLONIES (1847). XXXV

gnage^ Dès lors il supprime de l'histoire de la traite, € cette chasse aux hommes dans les bois, ces malheureux courbés sous le poids des fers, ces gémissements plaintifs des filles, des épouses violemment séparées d'un père, d'un mari. > Ces tristes scènes décrites par Homère, ces plaintes auxquelles Eschyle, Sophocle, Euripide prêtaient, dans leurs tragédies, de si pathétiques accents, ne sont plus, dans l'histoire de l'esclavage moderne, que « le produit d'imaginations burlesques, une fantasmagorie ridicule, bonne tout au plus à la littérature sensible et larmoyante de rHonriête Criminel. > Dans la traite il ne faut plus voir que « des nègres fort grossiers, fort ignorants, fort mal nourris, vivant sans famille et à moitié sauvages avant d'être esclaves de blancs civilisés; en un mot il faut y voir la colonisation de l'Amérique opérée avec des ouvriers africains, avec augmentation pour eux de bien-être matériel et de garantie morale, c Qui, en effet, hésiterait à les croire a vingt fois plus heureux avec leurs nouveaux maîtres qu'avec ces rois stupides, nus et dévorés par la gale'? D

Aussi la légitimité de la traite est-elle dans la pensée de tous les défenseurs du régime actuel*. Rien

1. H. Granier de Cassagnac, Voyage aux Antilles, t. I, p. 158-

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